‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 28 sur 324 · BOULET · texte numérisé non relu

BOULET

nommé curé constitutionnel de Combailloux, diffère de prendre possession et continue depuis le 22 mai à exercer à Montpellier les fonctions de vicaire, quoique ayant été installé curé le 20 mai 1791.

BOULOC (Joseph),

prêtre vicaire à Roquebrun, prêta le serment et devint curé-intrus de la même paroisse. C'est en cette qualité qu'il signa les actes du synode de Béziers. Il désirait beaucoup, à la restauration du culte, être maintenu dans cette position et mit, pour arriver à ce résultat, tout en mouvement. L'entreprise était bien difficile, attendu que l'évêque concordataire ne voulait pas de lui.

Le citoyen Sabatier, maire de Roquebrun, tenait beaucoup au prêtre constitutionnel. Il le demanda à l'abbé Treil de Pardailhan, qui résidait à Saint-Pons, avec les pouvoirs de vicaire-général de Mgr RoUet . Il se plaignait de ce que la commune de Roquebrun avait été oubliée dans la distribution du Mandement épiscopal annonçant le jubilé. Dans toutes les paroisses de l'arrondissement, le jubilé était en pleine activité. Ouvert le premier dimanche de l'Avent, il devait se clôturer le 31 janvier 1805. Rien à Roquebrun ! Ce n'était pas étonnant : Cette paroisse n'ayant en ce moment d'autre pasteur que le curé-intrus. Au dire du maire, les habitants ne voulaient pas d'autre prêtre. « Qu'on le nomme ! écrivait Sabatier au grand vicaire ; je le ferai recevoir aux acclamations unanimes ! »

Au lieu de répondre à la lettre du maire, Tabbé Treil de Pardailhan, rendit compte à l'évêque de ce qui se passait et attendit. L'évêque écrivit au sous-préfet de Saint-Pons : « ...Je vous prierai aussi de vouloir bien représenter au maire de Roquebrun que je suis fort étonné du ton avec lequel il soutient le sieur Bouloc, pour qu'il demande un Mandement du Jubilé. M. Bouloc n'a de moi ni titre ni pouvoir. Ce n'est point lui qui est désigné pour Roquebrun, dans l'organisation approuvée

U Ancien Clergé du diocèse de Montpellier.

par le Gouvernement. M. Bouloc s'était adressé à M. Portalis, et j*aî répondu à ce ministre, à l'égard de M. Bouloc, comme pour toutes les autres réelamations des prêtres qui prétendent employer l'autorité pour entraver mon administration. Ils doivent avoir vu jusqu'à présent toute l'inutilité de leurs plaintes. »

Ce n'était pas seulement Bouloc qui avait demandé Tintervention de Portalis. Le maire de Roquebrun, de son côté, avait adressé au ministre un long Mémoire, dans lequel, après s'être plaint de ce qu'on ne voulait pas de son protégé, il écrivait : « Daignez, vous, Monsieur le Conseiller d'Etat, qui êtes l'organe du Gouvernement dans cette partie, désigner M. Bouloc pour Roquebrun, et M. l'Evêque se rendra... Le tems du Jubilé, qui eut dû être un tems de bénédiction, a été l'époque où ma paroisse entière a été marquée du sceau de la réprobation... Les citoyens de Roquebrun ont été regardés comme des excommuniés !... Des fanatiques, qui aspirent à la sainteté dans l'autre vie, se croyent

autorisés à jouer dans celle-ci le rôle des démons ! Ce n'est pas

M. Bouloc qui est désigné pour Roquebrun, dans l'organisation approuvée par le Gouvernement ; mais il est étonnant que depuis plus d'un an que cette organisation est approuvée, nous n'avons pas encore vu à Roquebrun le prêtre désigné pour Roquebrun »,

Communication du mémoire du maire Sabatier avait été donnée à Treil dePardailhan qui fournit les explications suivantes: «... A Tépoque de l'organisation de l'arrondissement de Saint-Pons, approuvée par le Gouvernement, je trouvai à l'article de Roquebrun (commune démembrée de l'arrondissement de Béziers), je trouvai désigné un prêtre inconnu dont je n'avais jamais entendu parler. J'écrivis au Vice-Gérant de Béziers pour avoir des éclaircissements sur son compte... J'appris en même temps que le sieur Bouloc, prêtre, était établi à Roquebrun et qu'il remplissait les fonctions du saint ministère, sans mission et sans approbation de M. l'Évèque. Je me décidai de suite à Tinviter et à le faire inviter de. venir me voir , (je ne l'ai pas encore vu), et à choisir

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