MONSEIGNEUR DE ROVÉRIÉ DE CABRIÈRES
Evéque de Montpellier
Montpellier, 5 février 1901.
Monseigneur,
Je prie Votre Grandeur de vouloir bien me permettre de lui offrir comme marque de ma respectueuse vénération mes nouvelles publications qui seront les dernières.
Originaire de Malaucène, par mon Père, et de Montpellier, par ma Mère, je suis né à Agde le 28 août 1821. J'ai fait mes études aux petits séminaires de Sainte-Garde et de Montpellier et au grand séminaire d'Avignon. Ordonné prêtre dans cette dernière ville, le 19 janvier 1845, j'ai exercé le saint ministère dans les deux diocèses d'Avignon et de Montpellier.
Pendant que je travaillais dans le premier, j'ai publié Le Livre du hou Soldat et Les Saints Soldats, pour l'Œuvre des Militaires dont j'étais directeur; et puis, quatre ouvrages sur ma ville d'origine paternelle,
U Ancien Clergé du diocèse de Montpellier,
savoir : Histoire de la ville de Malaucène et de son Territoire ; — Abrégé de l'histoire de Malaucène ; — Aeria ; Recherches sur son emplacement ; — Clairier ; Véritable emplacement d' Aeria.
J'ai donné ma démission de curé d'Entraigues-sur-Sorgues le 19 mars 1874, jour du Sacre de Votre Grandeur comme évêque de Montpellier, pour revenir dans le diocèse de ma naissance .
A l'époque de mon changement de résidence, je publiai deux ouvrages qui marquèrent mon passage d'Avignon à Montpellier : VEvêque François- Renaud de Villeneufve et Vie de Monseigneur de VilleneufvCy Evêque de Viviers et de Montpellier, (Avant son élévation à Tépiscopat, ce prélat était membre de la Congrégation des Prêtres Missionnaires de Notre- Dame de Sainte-Garde).
Depuis lors, j'ai donné: Episodes de Chouannerie; Les brigands royauxdans FHérault et autres départements du Midi, sous la République et le Consulat , — Marie-Nicolas Fournier^ Evêque de Montpellier y Baron de la Contamine^ surnommé le Père des Pauvres; — Histoire religieuse du Département de VHéraulty pendant la Révolution, le Consulat et les premières années de V Empire; - Un sanglant épisode sous la Terreur, à Montpellier^ L'ajfaire des Galettes ; — Raymond de Durfort, évêque d'Avranches et de Montpellier, archevêque de Besançon; — La dévote et respectable Confrérie des Pénitents Blancs de Montpellier ; — et ^Antoine Subjet, évêque de Montpellier, surnommé le Bon Pasteur.
Maintenant, Monseigneur, je touche à la fin de mon existence et de mes études d'histoire religieuse et locale. Je ne voudrais pourtant pas disparaître de ce monde, sans avoir payé un dernier hommage de respect et d'admiration pour vos vertus, vos talents et vos travaux.
Je vais donc, Monseigneur, si vous le trouvez bon, publier présentement une longue série d'études biographiques ayant pour objet l'Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier, confiant l'exécution de ce travail à l'intelligence et au dévouement de M. le chanoine Emprin, directeur de la Manufacture de la Charité.
Lettre du chanoine Saurel.
Je débuterai par une petite plaquette ayant pour titre : Les Purs ou La Petite-Eglise de Montpellier^ — Puis, viendront : Les Prêtres Constitutionnels, suivis des Constitutionnels rétractants ; et enfin les Martyre et Confesseurs de la Foi du Diocèse de Montpellier pendant la Révolution,
J'aurais bien encore à livrer à la presse une petite brochure qui devrait être intitulée : Les %Apostats du Diocèse de Montpellier^ sous la Terreur; — Mais je ne sais si cette dernière publication ne présenterait pas quelque difficulté. Votre Grandeur voudra bien me tracer à ce sujet la ligne de conduite que je dois suivre.
Toutes ces différentes études biographiques sont terminées et n'attendent pour paraître que l'approbation bienveillante et paternelle de Votre Grandeur.
Quand je dis qu'elles sont terminées, j'ai besoin d'ajouter: comme Vœuvre d'un travailleur isolé. Un labeur de ce genre, pour être complet, aurait demandé la collaboration d'un nombreux personnel, tel qu'on peut le trouver dans un ordre religieux, chez les Bénédictins, par exemple ; je supplie donc Votre Grandeur, Monseigneur, de vouloir bien excuser et les lacunes et même les inexactitudes qui se rencontrent forcément dans le résultat de mes recherches, auxquelles cependant j'ai consacré tous les moments dont j'ai pu disposer en dehors de mes études historiques, durant plus de vingt-sept ans.
Je suis avec le plus profond respect et le plus sincère attachement. Monseigneur,
de Votre Grandeur,
Le très humble et très obéissant serviteur et fils
F. SAUREL,