‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 4 sur 324 · L'AUTEUR · texte numérisé non relu

L'AUTEUR

ÉvÊCHÉ Montpellier, le lo avril 1901

DE

Cher Monsieur le Chanoine,

C'est bien à vous qu'on pourrait appliquer cet axiome des anciens : Nulla dies sine lima. Depuis que vous êtes venu vous fixer parmi nous, vous n'avez pas perdu une heure, pas une minute ; et tout ce que vous avez eu de temps, sans relâche vous l'avez consacré à étudier l'histoire ecclésiastique du Diocèse.

Après vos importants travaux sur Mgr de Villeneufve et sur Mgr M.-N. Fournier, le glorieux restaurateur de nos cinq églises cathédrales et de toute notre vie religieuse, au commencement du siècle passé,

vous avez jugé avec raison qu'il fallait écrire l'histoire de notre ancien Clergé, pendant les années si laborieuses de la première Révolution et de l'Empire.

Ainsi vous nous apprendrez à connaître de plus près les Martyrs, les Exilés, les Confesseurs que créa « la Constitution civile », cette œuvre funeste d'une Assemblée qui se crut le droit de réformer et de refondre l'Eglise de France. A côté des héros, vous nous montrerez les âmes plus timides qui, sans trahir complètement leur foi, essayèrent de pactiser avec les ennemis et s'amoindrirent, en prêtant un serment schismatique, dont peut-être — et c'est là leur excuse — le sens ne leur apparaissait pas clairement.

Enfin, malgré des scrupules charitables auxquels je rends hommage, vous vous êtes résolu à ne pas foire sur les Apostats un silence absolu. Ces chutes lamentables contiennent pour tous de très utiles leçons ; et rhistoire ne serait plus elle-même si elle ne distribuait que des couronnes. Elle doit avoir aussi ses sévérités, tempérées sans doute par l'indulgence que nous nous devons tous les uns aux autres, mais légitimes puisqu'elles rendent à la vertu un hommage nécessaire.

Agréez, Cher Monsieur le Chanoine, mes dévoués et affectionnés hommages.

t F.-M.-A. DE CABRIÈRES,

Evéque de Montpellier.

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