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IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi

THÉRON (Lou's),

né à Montpellier, sur la paroisse Saint-Pierre, le ii janvier 1739, était fils de Jean Théron, procureur au Sénéchal de Montpellier, et de Marguerite Pitot , femme d'une grande vertu. Après avoir reçu les premières leçons d'un précepteur ecclésiastique , il fit de brillantes études au collège des jésuites dont il désirait embrasser l'institut.

A l'âge de 15 ans, on l'envoya au noviciat de Toulouse puis à Aurillac où il fut occupé à l'enseignement. Il avait 23 ans lors de la suppression des religieux de cet ordre. Il n'avait encore prononcé que les vœux simples, car on ne prononçait les vœux solennels qu'à l'âge de 33 ans. Il revint à Montpellier dans sa maison paternelle. L'abbé Poujol, son curé, se l'attacha et en fit son auxiliaire pour les conférences que celui-ci, en sa qualité i'écolâtre, avait établies en divers quartiers de la ville, et le disposa pour la réception des ordres majeurs. Son titre clérical, dressé en vue du sous-diaconat, porte la date du 4 septembre 1762, et mentionne une somme de 3.000 livres dont il avait hérité de son père.

En butte aux persécutions des jansénistes, il s'éloigna pour un temps et se réfugia à Avignon.

Il ne tarda pourtant pas à revenir; l'évêque F.-R. de Villeneufve lui conféra l'onction sainte du sacerdoce (1763) et l'envoya comme vicaire à la paroisse Saint-Denis de sa ville épiscopale.

Plus tard, Mgr Raymond de Durfort successeur immédiat de Mgr de Villeneufve, lui donna le visa pour la cure d'Aniane (juin 1776), dont les provisions, émanées de la cour de Rome, portaient la date du 20 mai 1776. Théron fit son entrée solennelle à Aniane (le 27 juin). En mars 1777, Mgr de Malide, nouvellement arrivé, annonça qu'il commencerait par Aniane ses tournées pastorales. La cérémonie de réception, réglée par le conseil de ville (23 mars), fut brillante. La garde bourgeoise fit les honneurs au prélat et l'achat de 36 livres de poudre de guerre ne contribua pas peu à la solennité de la fête. L'évêque ordonna l'agrandissement de l'église, la refonte d'une cloche fêlée et quelques

autres réparations. L'administration du curé Thérondura jusqu'en 1782 et fut marquée au coin de la sagesse. Lorsqu'il quitta la ville d'Aniane, la municipalité lui décerna le titre honorifique de <f conseiller de première classe )).

Toujours docile à Tordre de ses supérieurs, il accepta le poste de principal du collège royal de Montpellier. Il avait alors 52 ans, et se trouvait dans la force de l'âge, avec une vertu peu commune. L'Evêque de Malide en l'appelant dans sa ville épiscopale, espérait avec raison que le nouveau supérieur allait faire revivre les méthodes employées par les pères Jésuites avec lesquels il avait longtemps vécu. La conduite pleine de sagesse et de fermeté de l'abbé Théron justifia largement la confiance et l'estime dont l'avaient honorés trois évêques. Il se vit dédommagé de ses peines par la fidélité de ses collaborateurs, les abbés Baissie et Bessières, professeurs de théologie; Laquerbe, professeur de physique; Martel, professeur d'humanités-; Bacalon, régent de troisième; Félix, de quatrième et Binet, de cinquième.

Lorsque vint à gronder sur la France un orage effroyable, ces vénérables ecclésiastiques refusèrent le serment schismatique et entraînèrent avec eux leurs élèves. Les plus âgés, ceux qui étudiaient la théologie leur adressèrent une lettre commune, les félicitèrent de leur courageuse résistance et leur témoignèrent de vives sympathies. — Théron administra seul le collège depuis le commencement de la Révolution jusqu'à la nomination d'un nouveau bureau présidé parlemaire (Décret du 5 novembre 1790).

On lui donna pour successeur, comme principal et comme aumônier, le père Arnaud, de l'Oratoire.

Quant à lui, après avoir refusé le serment, forcé de quitter le territoire de la République, il se rendit en Espagne et s'établit à Madrid. Au mois de mars 1792, Mgr de Malide, réfugié à Londres, le chargea de la paroisse de Notre-Dame-des-Tables.

A sa rentrée en France, sur la fin de 1796^ il usa des pouvoirs qui

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