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IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi

bénéfice lui avait remis pour Tabonnement verbal fait avec lui, et consentit à ce que le fermier payâtà la dite dame un muid de vin, auquel il avait droit pour les novales de la présente année, ayant accepté la congrue sur le pied de 500 livres, à compter du i^*" janvier 1769. En 1768, il avait été pourvu du prieuré de Jacou.

A la Révolution, il refusa le serment. Sa propriété, située dans la commune de Saint-Geniez et consistant en cinq pièces de terre, fut vendue comme bien national pour le prix total de 5.825 livres. Quant à lui il s'était caché dans le château de Beaulieu. On alla le surprendre derrière un tas de sarments. Il fallait le conduire à Montpellier; mais comme à raison de son âge il avait de la peine à se trainer; on le hissa brutalement sur un âne et on l'amena d'abord à Castries^ puis à Montpellier. La marche de la monture paraissait un peu lente aux patriotes; le chef de la troupe frappait à coups de bâton sur le dos de la bête et aussi quelque peu sur celui du curé. L'abbé Taillefer fut enfermé successivement dans la Maison d'Arrêt (6"'* jour complémentaire an VII, 22 septembre 1799) et dans la Maison de Réclusion (14 vendémaire an VIII, 6 octobre 1799.

Au rétablissement du culte, Tévêque Rollet lui confia la succursale de Vendargues. Il touchait une pension de 333 1. 33 s.

Sous l'épiscopat de Mgr Fournier, Taillefer quitta le saint ministère et se retira dans son pays natal, où il mourut.

Cf. Arch. de l'Hérault, L. 443 his\ — Arch. de TEvêché.

TAILLE T (Jeau-Gaspard'^aptiste-Guillaume),

plus connu sous lenom de Galéan qui était celui de sa mère, naquit à Rodez (le 20 août 1742). Son père, qui exerçait la profession de feudiste, ayant transporté son domicile à Agde, obtint de l'Evêque de cette ville l'autorisation d'ouvrir une école, où il enseignait le latin à quelques jeunes garçons. Galéan, l'aîné de ses enfants était au nombre de ses élèves et fit de si rapides progrès que (son père étant mort et sa

U Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.

mère sans ressources), il se mit hardiment à la tête de ses compagnons d'études et devint leur maître. Il travaillait, cela va sans dire, plus que ses élèves et donna des soins particuliers à un de ses jeunes frères qui put obtenir, à Montpellier, le grade de docteur en médecine. Tant de talents précoces soutenus par une conduite irréprochable, vinrent à la connaissance de TEvêque d'Agde qui désira faire rentrer dans son clergé le jeune professeur. Il obtint son excorporation de l'Evêque de Rodez, lui conféra successivement tous les ordres et le nomma aumônier de l'hôpital d'Agde, desservi par les Filles de la Charité, lui confiant en même temps, pour faire leur éducation, trois de ses neveux qu'il avait auprès de lui dans son palais épiscopal. Mgr de Saint-Simon, en signe d'estime et de reconnaissance, lui conféra une hebdomade diaconale dans son chapitre.

La République lui demanda le serment constitutionnel, Galéan le re fusa avec horreur. Sa pension avait été réglée à 1 127 1. 17 s. 6 d. II prit un passe-poit et partit d'Agde pour Nice (i" août 1792). Son nom fut porté sur le 5'supplément de la liste des émigrés, sous cette désignation : i» Pierre- Joseph-Guillaume-Gaspard Taillet »; mais, dans la suite, il fut rayé.

Revenu à Agde, il fut nommé par l'abbé de Gohin, pro-curé de cette ville, à Saint-Sever ; la première paroisse étant administrée par un prêtre-jureur et les deux autres ayant perdu leur curé. On voulut bientôt l'envoyer à Montpellier, pour l'enfermer dans la Maison de Réclusion . Cette mesure fut exécutée sur l'ordre de Duval ministre de la police générale {12 prairial an VII, 31 mai 1799). Il obtint cependant l'autorisation de revenir à Agde, à cause de ses infirmités, et de recevoir les soins de sa famille. Quand on voulut de nouveau s'emparer de lui, on ne sut plus où le retrouver; il avait disparu (29 prairial an VII, 17 juin 1799).

En 1807, il était succursaliste à Saint-Sever, avec une pension de 333 fr- 33 C' — I' décéda le lé octobre 1816, âgé de 74 ans, laissant après lui le souvenir d'un prêtre plein de zèle.

Cf. Arch. de THérault, L, 442 ; — Ms de l'abbé de Gohin, p. 113. — Ordo du diocèse de Montpellier^ pour iSoy; — Arch. de TEvêché.

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