‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 36 sur 324 · I. Les Constitutionnels · texte numérisé non relu

I. Les Constitutionnels

DÉCOR (Pierre),

né à Saint-Chinian, curé-jureur de Capestang, put, à la faveur de son serment constitutionnel, passer des jours tranquilles pendant la Révolution. Il s'était retiré à Saint-Chinian et exerçait le culte, hors l'enceinte de l'édifice religieux. Il agissait ainsi, malgré les défenses réitérées du maire de la commune, qui le cita devant le juge de paix : mais celui-ci l'acquitta (3 prairial an XI, 23 mai 1803).

L'évêque RoUet se plaignit de la liberté laissée au prêtre constitutionnel, dans une lettre qu'il adressait au préfet de l'Hérault (25 prairial an XI, 14 juin 1803) • ^ •••J^ ^^ puis plus différer de mettre ordre, autant qu'il est en moi, aux troubles et aux scandales qu'occasionne la conduite d'un homme qui ne respecte aucune autorité. J'ai donc cru devoir vous prévenir que j'écris en même temps à M. de Pardailhan pour le prier de signifier de ma part à M. Décor que je lui interdis toute fonction du ministère. J'en donne également avis à Monsieur le Maire de Saint-Chinian ». Le préfet, désireux de seconder les vues de l'évêque, prend un Arrêté, en vertu duquel « M. Décor est tenu de se rendre devant le préfet, à l'effet de répondre aux demandes qui lui seront faites et de recevoir des instructions relatives à ses fonctions. Et, attendu qu'il est interdit par M. l'Evêque, l'église où il exerçait sera fermée jusqu'à nouvel ordre » (28 prairial an XI, 17 juin 1803).

A la suite de cette entrevue. Décor reçut l'ordre de quitter Saint- Chinian et de fixer sa résidence à Béziers. Il quitta Saint-Chinian, se rendit à Beziers, mais revint bientôt à Saint-Chinian. Le maire de cette commune écrit au préfet : « ...Le prêtre Décor est ici depuis plusieurs jours, malgré vos défenses. Il ne se montre pas pendant le jour et ne se montre que la nuit » (28 messidor an XI, 17 juillet 1803). Le préfet répondit au maire de a charger le brigadier de notifier à Décor d'avoir à sortir de Saint-Chinian. S'il ne sort pas, l'on poursuivra auprès du ministre l'autorisation de le faire arrêter » (2 thermidor an XI, 21 juillet 1703).

Décor demanda au préfet la fin de son exil, se plaignant de manquer de tout à Béziers, sa résidence forcée (7 fructidor an XI, 25 août 1803). Sur l'avis favorable du maire, le prêtre constitutionnel est autorisé à rentrer à Saint-Chinian (17 fructidor an XI, 30 août 1803) ; mais il s'obstine à méconnaître l'interdit dont il est frappé ; Tévêque écrit à l'abbé Massip, curé de Saint-Chinian : « Je suis fort étonné. Monsieur, d'apprendre que le s*" Décor s'obstine à dire la messe, chez lui, contre toutes les règles de l'Eglise et malgré son interdit. J'en suis d'autant plus étonné qu'on m'avoit annoncé qu'il vouloit se convertir. Et, s'il continue, je ferai reprendre à son égard les mêmes mesures qu'a déjà prises contre lui l'autorité civile. Vous voudrez bien lui signifier cet artic]^ de ma lettre » (26 avril 1805).

Mgr Rollet était mal renseigné. Décor persévéra dans son schisme et Mgr Fournier se vit dans la nécessité de le classer parmi les « Constitutionnels persévérant dans le schisme » .

Cf. Arch. de l'Hérault, L. 446 ; V. Culte caiMiqtic , Clergé. — Arch. de rÉvêché de Montpellier.

DELPUECH {Antoine-'Bernard),

vicaire épiscopal de Pondérons, signa les actes du synode de Béziers le premier des vicaires épiscopaux. Il fut envoyé, avec Louis-François Salvétat, comme député, par le synode, au concile métropolitain convoqué à Toulouse par Sermet. Pension 2000 liv. Rangé par Mgr Fournier parmi les « Constitutionnels persévérant dans leur schisme ».

Cf. Hist. rel. du départ, de l'Hérault : — Arch. de l'Évôché.

FABRE (T)enis),

prêtre de Cette. Jureur étant curé à Cazouls. Livre ses lettres d'ordination, le 16 décembre 1793 ; reprend plus tard l'exercice du culte et l'exerce à Cazouls.

Cf. Arch. de THérauh, L, 446 et 443 his.

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