I. Les Constitutionnels
vertu de lettres dimissoires, fut tonsuré le 25 mars Samedi-Saint 1769. Il interrompit ses études théologiques pour s'engager dans un régiment de dragons. Il les reprit peu après et reçut les saints Ordres, savoir : les quatre moindres (20 mai 1769), le sous-diaconat (23 septembre), le diaconat à une date que nous n'avons pu découvrir, et enfin la prêtrise (le 10 mars 1770), des mains de Mgr de Durfort.
Nommé curé à Argelliers. dans le diocèse de Narbonne et la sénéchaussée de Béziers, il se fit connaître par des écrits qui témoignent de ses opinions libérales. En 1778, il avait déjà fait parvenir au roi un Mémoire sur les réformes du Clergé. En 1789, il fut nommé député aux Etats Généraux par le clergé de la sénéchaussée de Béziers. Il se jeta avec ardeur dans le parti de la Révolution et, sans avoir beaucoup de talent, fit quelque effet dans l'Assemblée constituante par son extérieur grave, sa tenue modeste et l'accent de conviction avec lequel il parlait toujours d'économies et de réformes.
Une partie des membres inférieurs du clergé le nomma un des six commissaires chargés d'inviter les dissidents à faire vérifier leurs pouvoirs dans l'Assemblée générale. Nommé rapporteur de l'élection du cardinal de Rohan, il la déclara régulière ; mais fit décréter que ce haut dignitaire devrait se présenter en personne et ne pourrait se faire remplacer par son suppléant, malgré la demande qu'il en avait faite pour cause de maladie.
Après le 14 juillet, il sollicita des secours pour les veuves et les enfants des combattants de la Bastille; se joignit à Mirabeau pour réclamer une amnistie en faveur de ceux qui avaient causé des troubles dans les provinces ; vota la création des assignats, la vente des biens du clergé, mais avec cette réserve « que les curés jouiraient d'un certain revenu en biens-fonds, afin de ne pas s*exposer au risque que courrait la Religion, si les pasteurs étaient payés par le fisc ».
Nommé président de l'Assemblée (mai 1790), il fit voter un crédit de 200,000 livres pour l'impression des œuvres de Fénelon confiée à
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V Ancien Clergé du diocèse de Montpellier.
Didot et, par une contradiction singulière, il parla en faveur de la Constitution civile du Clergé, et cela pendant cinq ou six séances, citant force textes latins tirés de Pères de TEglise ; ce qui lui valut une interruption de Despréménil, le fameux conseiller au Parlement de Paris : « Nous ne savons pas le latin ! »
Tant de zèle méritait une récompense. Talleyrand ayant donné sa démission d'évêque d'Autun, en janvier 1791, les électeurs du département de Saône-et-Loire se réunirent à Mâcon, dès les premiers jours de février et, à l'instigation sans doute du démissionnaire, choisirent Gouttes pour lui succéder. Celui-ci s'empressa de faire connaître son acceptation à ses nouveaux diocésains et, avant même son sacre, chercha à organiser le schisme. Toutefois prévoyant l'opposition qu'il allait trouver de la part du clergé fidèle, il ne voulut rien brusquer. <c J'ai appris avec bien du regret, écrivait-il, le i*^ mars 1791, au Comité du district de Mâcon, que bon nombre de curés et de vicaires du diocèse s'y étaient refusés (au serment). La plupart sont induits en erreur, craignant de blesser leur conscience. Il serait donc injuste de les blâmer. Les ennemis de la Révolution ont répandu avec profusion des libelles, remplis de fausses citations qu'il leur a été impossible de vérifier. Ne vous pressez pas de les remplacer; attendez encore un peu. Il va paraître des ouvrages intéressants, dans lesquels cet objet sera discuté avec la profondeur nécessaire. Dès qu'ils seront finis, je m'empresserai de vous les faire passer, pour que vous les répandiez et que nous n'ayons pas la douleur de voir déplacer des curés chéris de leurs paroisses et dignes de l'être. »
La situation devait être pour lui plus difficile encore qu'il ne le supposai t. Voici ce que lui écrivaient, le 4 mars 1791, les Administrateurs du district d'Autun : « Nous apprenons avec une extrême satisfaction, par la lettre que vous nous avez adressée, le 27 février, que vous acceptez l'évêché d'Autun. Nous avons besoin d'un patriote aussi zélé que d'un pasteur aussi éclairé, aussi recommandable par ses mœurs que vous l'êtes. Monsieur, et nous attendons votre arrivée avec la plus grande impatience.