‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 42 sur 324 · I. Les Constitutionnels · texte numérisé non relu

I. Les Constitutionnels

Gouttes tut, en conséquence, transféré d'abord à la prison de Mâcon et, le 22 pluviôse (lo février 1794) il était si précipitamment emmené à Paris, que le malheureux ne put même emporter les vêtements nécessaires. Traduit devant ses juges, il se défendit assez platement. Pour prouver son civisme, il se vanta d'avoir acheté des biens nationaux. « Je dois dire au tribunal, ajouta-t-il, que la cause de mon arrestation prend sa source dans mon refus de donner ma démission d'évêque. Je ne l'ai pas donnée, cette démission, parce que j'aurais cru insulter le peuple, en prévenant son vœu ; lui seul m'ayant nommé, lui seul pouvait me renvoyer. Son opinion une fois connue, tout contrat cessait entre nous, et il en eût été de mot comme du valet reniHjyé par son maître ». Cette humiliante définition d'un évêque constitutionnel ne sauva pas son auteur.

Gouttes fut condamné à mort, cependant la grâce céleste était heureusement intervenue en faveur de ce grand coupable, et avait changé ce loup ravisseur en doux agneau. Il eut le temps et le courage de rétracter ses erreurs ; une personne pieuse avait trouvé le moyen de lui envoyer dans sa prison le fameux abbé Emery, supérieur de Saint-Sulpice. Celui-ci reçut sa rétractation et l'expression de ses regrets en présence des prêtres nombreux qui, comme lui, se préparaient à la mort. Puis, au nom de Dieu et de l'Eglise catholique, prononça sur le pécheur repentant les paroles sacrées de l'absolution. (26 mars 1794).

Cf. Arch. de l'Hérault. Fonds del'Evêché de Montpellier, 2 s 'Reg. des Insin. EccL

— Lettre de Oi/C. le Ch^ Lorton^ chancelier de rh'écljéd'Aututty an Ch Saurel, 14 août 1794.

— Notice' sur Gouttes j à la suite de VOraison Junèbre de ^gr de Saint-Simon, par M . le Chc Mariés, curé de Sainte-Ursule, à Pézenas ; — Saurel, Hist. relig. du T)épart. de r Hérault; — Maffre, Béliers il y a cent ans y p. 63 ; — Wallon, Hist. du Tribunal rh'ol. de Taris, t. m ; — Didot, Biogr. gén., t. xxi; — Grand Dict. univ. de Larousse.

ISAAC (Jean- Joseph),

né le II octobre 17^2, dominicain de la maison de Montpellier. Sa pension liquidée à 700 livres, lorsque son établissement fut fermé (19 janvier 1791.)

6] l'ancien clergé du DIUCBSB de MONTPELLIER.

Il prêta le serment constitutionnel et tous les autres qui lui furent demandés dans la suite. Nommé par le district de Béziers, dans la cathédrale de cette ville, curé de Roujan, par 74 voix sur 107 votants (13 mars 1791), il reçut « l'institution canonique » de Pouderous et prit possession le 13 mai suivant. En 1793, la République,-* ne salariant plus aucun culte, lui assura une pension de 1550 livres en reconnaissance de sa défection.

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