LIGUES VIVES
curé, ou pro-curé de Magalas, livra ses lettres de prêtrise au District de Béziers, et reçut une pension de 1550 livres. Dans la suite, il reprit l'exercice du culte et fut chargé par Mgr Fournier d'une succursale comprenant Péret et Lieuran-Cabrières, peuplée de 900 habitants. Malgré sa rétractation, il n'avait pu réussir à mériter l'estime de son évoque.
Cf. Arch. de TEvêché, Tableau du Clergé du 'Diocèse , dressé en i8op, p. 231 ,
nALLEMAN (Jean-KÀntoine),
né le 9 août 1755, curé de Montpeyroux, assermenté, pension de quinze cents livres, exerçait le culte catholique en 1797. Au rétablissement du
culte, succursaliste aux Rives, pension de 266 fr. 66 centimes. Il s'était empressé de reconnaître Mgr Rollet comme évêque légitime (2 juillet 1802), Décédé le II juillet 1833.
Cf. Ordo pour 1834.
tÂNDRÉ (Jacques-Simon) y
prieur-curé de Ferrières, fait le 6 juin 1791, par devant Antoine Peyridier, notaire à Pompignan, cette déclaration : « Que pour la tranquillité de sa conscience et en témoignage de son attachement inviolable à la doctrine de l'Eglise catholique, apostolique et romaine, dans le sein de laquelle il veut vivre et mourir, il déclare qu'il rétracte le serment qu'il a cru pouvoir prêter comme fonctionnaire public par devant Messieurs les Maire et Officiers municipaux dudit Ferrières le sixième du mois de janvier dernier (1791).
Cf. A. PÉziÈRES, Histoite de la commune de FerrièreSy p. 77.
^SSIÉ,
curé de Saint-Christol, jureur, pension de 1200 livres. Envoie ses lettres d'ordination, recommandant de les jeter au feu (6 décembre 1793). Après la Révolution, domicilié, sans emploi, sur la paroisse Saint- Aphrodise de Béziers, Mgr Fournier lui confia la paroisse de Maraussan, près Béziers.
Cf. Arch. de l'Evêché; — Procès-verbaux de T Assemblée administrative, IV, 369.
JlUBAC (Claude),
curé de Ganges, allait parfois en 1793, dire la messe à La Roque- Aynier; mais comme il avait prêté le serment, .personne ne s'y rendait. Il se trouvait seul avec son clerc. Le 4 décembre de la même année, il
n. Les Rétractants.
apostasia. Dans la suite il se rétracta. En 1803, il reçut le titre de succursaliste de Montferrier et Saint-Clément.
Cf. Procès- verbaux de T Assemblée administrative du départemem de l'Hérault, IV, 3S8.
^AUSSILLOUX (Etienne),
curé de Félines, jureur. Né le 29 novembre 1749. Rétractant. En 1803, succursaliste à Minerve (canton d'Olonzac) et, en 1807, à Ferrais (même canton). Pension 26e fr. 6(> c. « Peu estimé », disent les notes de Mgr Fournier.
Cf. Arch. de l'Evêché.
"BAPTISTAT (Antoine),
né le 16 juin 1757, était simple clerc tonsuré et bénéficier à Narbonne. Il refusa d'abord le serment, fut dépossédé par la Révolution et reçut la promesse d'une pension de 300 livres.
Mais comme cette somme était insuffisante et d'ailleurs payée assez irrégulièrement, « le ventre parla plus haut que la conscience » et l'exbénéficier prêta le serment qu'il avait d'abord refusé et vint ensuite demander les ordres à Pouderoux qui ne fit aucune difficulté de les lui conférer. Puis il l'envoya comme curé, à Montblanc.
Bientôt la République n'ayant plus besoin de ministres d'aucun culte, Baptistat échangea ses fonctions sacerdotales contre celles de secrétaire de la Mairie, pour les reprendre en 1793. Il ne fit guère parler de lui et demeura dans l'intrusion jusqu'en 1801. Il eut alors des difficultés avec le maire de la commune, à propos d'un enterrement qu'il ne voulut pas faire. De là, dénonciation du maire au préfet; mais Baptistat avait trouvé le moyen de se faire des amis dans la paroisse, mettant à profit le conseil de l'Evangile : Facite vobis amicos de mammona iniquitatisy et ses paroissiens adressèrent une pétition à l'évêque RoUet
en sa faveur, le réclamant pour continuer au milieu d'eux son ministère devenu possible, car l'apostat s'était rétracté et avait donné des marques évidentes de son changement.
On avait accusé le nouveau converti, auprès du préfet du département d'avoir rétabli dans la paroisse l'ancienne confrérie des pénitents et pèlerins, et d'avoir de la sorte occasionné des désordres. Il fut aisé à Baptistat de se disculper. On ne le laissa pourtant pas à Montblanc et en 1803, il desservait la succursale de Vieussan, canton d'Olargues et en 1807 la paroisse de Causses et Veyran, au traitement ordinaire de 500 fr. augmenté de sa pension de 266 fr. GG c. Il décéda le 23 mai 1840.
Cf. Arch. de l'Hérault : L. 443, et V. Clergé catholique, Police du Culte. — Ach. de l'Evêché. Ordo de i8oy. ^g. des Décès.
"BARRE CBarthélemy-Gré^oire),
né le 23 août 1761, prêta le serment de haine à Cessenon, le 11 vendémiaire, an VI, 2 octobre 1797. Au rétablissement du culte, il reçut le titre de succursaliste de Prémian, au canton d'Olargues, avec une pension de 266 fr. 66 c. Mgr Fournier lui confia la petite paroisse de Mons (i*' mars 181 1).
"BARY (Jean-Baptiste) y
né dans une maison qui appartenait à son père, dans le Faubourg de la Saunerie, à Montpellier, le 10 décembre 1762, fut baptisé à la paroisse de Saint-Denis, le surlendemain. Il était fils de Sébastien Bary et de Marie Bessières. Dès son enfance, il fut l'objet des soins du digne curé de Saint-Denis, l'abbé Manen, qui dirigea ses premiers pas dans la carrière cléricale. Il fit ses études au collège de l'Université et au séminaire de sa ville natale et fut mis, fort jeune encore, en possession des chapellenies de Saint-Jacques, en l'église ruinée de Saint-Barthélémy et de St-Pierre de la Tribune, en l'église Notre-Dame des Tables. Il reçut les ordres
n. Les Rétractants,
sacrés dans le courant de Tannée 1786, remplit les fonctions de vicaire à Poussan, pendant deux années et ensuite à la Cathédrale de Montpellier.
Son ambition ne sut pas résister aux événements qui suivirent la convocation des Etats généraux de 1789. Lors du serment civique, qu'il prêta sans difficulté aucune, il prononça un discours fortement empreint d'un dévouement absolu aux résolutions de l'Assemblée Nationale. Le vicaire de la cathédrale fut nommé curé de Saint-Denis, et n'hésita pas à prendre la place de son bienfaiteur, dont le départ affligeait profondément ses paroissiens. Le jour de son installation, il manifesta sa joie avec le ton de l'exaltation de l'époque et exprima nettement ses opinions politiques, auxquelles il subordonnait ses vues religieuses. L'administration locale lui remit (14 juin 179 1) les vases sacrés, les ornements et les effets mobiliers des trois églises de Saint-Denis, de la Merci et de Montais. L'argenterie avait été transportée à la Monnaie.
A peine était-il installé à Saint-Denis, qu'il reçut de l'évêque du département la mission d'organiser les paroisses de la ville et du canton de Montpellier, et, de plus, celles des cantons suivants : Les Matelles, Saint-Martin de Londres, Claret, Mauguio, Cette, Ganges, Restinclières et Lunel ; c'est-à-dire une très grande partie du district de Montpellier.
La vie publique de Bary se rattachait essentiellement à la marche des affaires politiques. En 1791, sur l'invitation du corps municipal, il se rendit à la fête de la Fédération, célébrée à l'Esplanade (14 juillet) et fit dans son église les prières pour la pluie.
Le 15 janvier, il présida l'assemblée des paroissiens qui votèrent l'établissement d'un bureau de charité. Il prononça des discours entièrement dictés par l'esprit du temps, lorsqu'il bénit (7 mars), dans l'église de la Merci, le drapeau tricolore du 27* régiment, et lorsqu'il publia en chaire (7 octobre) le décret de l'Assemblée Nationale, qui prohibait le port du costume ecclésiastique hors l'exercice des fonctions.
La tenue des registres de l'état-civil de la paroisse fut prise, le 23 octobre, par un officier municipal.
L'église Saint-Denis fut fermée et le curé intrus obtint du département une pension annuelle de 3.000 livres. Le 6 frimaire an II (26 novembre 1793), il avait déclaré publiquement, devant l'assemblée administrative qu'il renonçait à l'état de prêtre, et livré ses lettres d'ordination « et autres parchemins », en témoignage de son apostasie.
Sous la Terreur, Bary devint commissaire des vivres à l'armée d'Italie. Il quitta Montpellier et se rendit à Avignon avec une voiture qui lui avait été confiée par l'administration de la guerre, le 27 nivôse an II (16 janvier 1794); voiture qu'il n'avait pas encore renvoyée le 5 floréal (24 mai suivant) et qu'on lui réclama.
Le 3 fructidor an II (30 août 1794), il faisait revendiquer par son père, au trésorier du district de Montpellier l'arrérage de sa pension de 3.000 livres. Le trésorier pour se conformer à la loi qui défendait le cumul, demanda au président du département ce qu'il avait à faire, celui-ci prescrivit de s'assurer que Bary jouissait d'un emploi public à Nice.
Il avait fait de nombreuses avances pour la livraison des fournitures versées à l'administration militaire et avait besoin de rentrer dans ses fonds; mais comme l'argent n'arrivait pas facilement, il se vit dans la nécessité d'accepter, en paiement, des domaines nationaux situés dans la Cisalpine; de sorte que, sous une opulence dorée, il vécut longtemps dans la gêne et dans les agitations de la spéculation.
Cependant, il était rentré en lui-même et avait compris qu'il ne pouvait plus reprendre la vie sacerdotale dans le pays témoin de sa défection. Il pensa que pour se faire oublier, le meilleur moyen serait d'aller se perdre dans la capitale. Il prit, dans ce but, la détermination de demander son Exeat pour le diocèse de Paris, à l'évêque concordataire de Montpellier, Mgr Rollet, qui fut très heureux de se débarrasser de sa personne (25 août 1803).
Aidé par les circonstances, et notamment par des fonctionnaires publics avec lesquels il s'était trouvé en rapport à propos de son emploi de Commissaire des vivres à l'armée d'Italie, il sut trouver le moyen