LES CONSTITUTIONNELS
On appela Constitutionnels les membres du Clergé tant séculier que régulier qui acceptèrent la Constitution civile du Clergé de France^ décrétée par l'Assemblée nationale, les 12 juillet et 24 août 1790.
Cette réorganisation du Clergé français fut l'œuvre de trois jansénistes ardents, révolutionnaires convaincus. Sous leur influence et sous celle de quelques légistes, l'Assemblée généralement incrédule et philosophe, donna le spectacle étrange de Voltairiens réformant l'Eglise catholique, pour faire triompher et mettre en pratique ce qu'ils appelaient le droit primitif, les anciens canons et les libertés de l'Eglise
V Ancien Clergé du diocèse dt Montpellier,
gallicane. Ces innovations inconsidérées renferment des dispositions schismatiques et hérétiques, en même temps qu'elles attaquent dans leurs principaux articles la hiérarchie de l'Eglise et son unité.
C'est ainsi, par exemple, qu'elles suppriment les anciens diocèses pour en faire une nouvelle circonscription, sans le concours de l'Autorité ecclésiastique. Elles décrètent que les évêques seront nommés par les assemblées populaires et confirmés par les métropolitains, sans recourir au Saint-Siège pour l'institution canonique. L'administration des diocèses appartient de droit à un conseil de prêtres dont les évêques ne sont que les présidents. L'administration d'un siège vacant doit appartenir de plein droit au premier vicaire de la cathédrale, et à son défaut au second. Les curés doivent être nommés par les électeurs laïques et ce titre de nomination doit leur suffire pour exercer validement leurs fonctions. En outre, tous les membres du clergé, ayant titre de bénéfices ou de fonctions, sont obligés de prêter le serment civique de fidélité à la Nation, à la Loi et au Roi, ainsi qu'à la Constitution civile du Clergé, décrétée par l'Assemblée nationale et sanctionnée par le Roi; non promulguée encore, mais dont les principes généraux étaient connus. Le serment oblige sous peine de destitution, opérée par le seul fait du refus.
Le pape Pie VI réclama contre cet acte sacrilège dans deux brefs, l'un du 10 mars 1791, et l'autre du 13 avril de la même année, qu'il adressa aux archevêques et aux évêques de l'Assemblée et à tout le clergé de France.
Dans le premier, il déclare et prouve que cette Constitution est en opposition manifeste avec les principes de la foi catholique, avec les lois générales de la discipline ecclésiastique, avec l'enseignement des saints Pères et les définitions des Conciles généraux, avec les maximes reçues et pratiquées en France par les deux puissances. Elle ne fait que renouveler des erreurs déjà condamnées par l'Eglise, dans les hérésiarques des derniers temps.
Dans le second bref, le Souverain Pontife prononce la peine de