II. Lts Rétractants
A Touverture des églises, Soulague vint passer quelques semaines à Fontes, comptant qu'on lui rendrait son ancienne paroisse. Il eut le dépit de se voir frustré dans ses espérances. En 1803 cependant an lui donna Cer^ qui n'était qu'une simple annexe de Portiragne,danslevoisinagedeBéziers.
Cf. Arch. deTHérault, L, 443 bis; — Bigot- Valentik, Hist. populaire de Fonihs, p. 302etsuiv. ; — Arch. deTEvêché.
TARBOURIECH'CANREDON (Jean-Joseph-Plnlippe),
né le 20 janvier 1755, jureur-rétractant. En 1807, succursaliste à Cruzy. Pension 266 fr. 66 c. Décédé 26 mars 1832.
Cf. Arch. deTHérault, L, 446 ; — Arch. de l-Evêché. Reg. des décès.
TEISSERENC (Victor),
prêtre de Lodève, était chanoine génovéfain. Sans trop savoir ce qu'il faisait, il avait prêté le serment à la Constitution civile du clergé. Nommé peu après curé de Fosières, dans le canton de Lodève, « il abdiqua la cure et les messes », suivant ce qu'en écrivait le procureur syndic de Lodève (27 novembre 1793). Mais il comprit enfin son erreur et résolut d'abjurer. Le 13 messidor an X (2 Juillet 1802), étant à Lodève, il se déclara d'avance dans la communion de l'évêque concordataire. Par malheur, il ne sut pas mettre sa conduite en harmonie avec cette déclaration. Nous lisons en effet dans le Registre des délibérations du conseil épiscopal, (séance du 30 septembre 1807) : « Ecrire à M. Teisserenc, à Lodève. Ce prêtre suspect demandant à dire la sainte messe, il ne doit obtenir cette faveur que quand il aura changé de vie. )) Pour avoir été tardif, le regret de son apostasie acquit une grande intensité et dura autant que sa vie, longue cependant, puisqu'il mourut à Lodève à l'âge de 77 ans, le 27 mai 1840. Au moment où l'archi prêtre de Saint-Fulcram lui administrait les derniers sacrements, il déplorait encore avec larmes sa malheureuse infidélité d'autrefois.
Cf. Arch. de l'Hérault, L. ; — Le chanoine Lazaire, Eloge de Mgr de fumel, p. 78 ; — Arch. de TEvêché de Montpellier; — Procès-verh. de V^ss. adm. IV, 32/.
V Ancien Clergé du diocèse de Montpellier.
TERRAL (Pierre-'Benjamin),
né le i6 mars 1764, pro-curé jureur de Saint-Martial, commune de Pardailhan, pension 1200 livres, exerce le culte à Saint-Chinian (23 septembre 1797). En 1807, succursaliste à Berlou, pension 266 fr. 66 c. décédé le 28 août 1846, âgé de 82 ans,
Cf. Arch. de l'Hérault, L. 446.
TERRISSE ^Philippe),
né le 19 août 1769, curé de Boissière, jureur. Exerce le culte à Saint- Pons. En 1807, succursaliste à Minerve (canton d'Olonzac) et de Cesseras et Saint-Germain (même canton) le 13 juillet 1814. Décédé le 29 mars 1816.
Cf. Arch, de l'Hérault, L. 443 bis et 446.
THÉROTSi (Jacques),
pro-curé jureur de Vieussan (canton d'Olargues), signa les actes du synode de Bézîers. Mgr Fournier eut la consolation de le réconcilier. Il était alors domicilié à Ferrièrcs (canton d'Olargues).
Cf. Arch. de l'Evêché.
TJNT>EL (André),
né à Roujan le 6 mars 1747, succéda comme curé d'Aniane à Delort. La municipalité de ce lieu avait demandé aux Bénédictins pour curé, Tabbé Radier, vicaire depuis cinq ans. Les religieux ne voulurent pas de ce prêtre et nommèrent Tindel (5 mars 1773), qui avait fait ses études à rUniversité et en avait rapporté le grade de maître ès-arts. Il administra sagement la paroisse jusqu'en 1785. Au mois de novembre de la même année, il fut élu conseiller de première classe. Elu de nouveau le i*"" novembre 1789, il fut choisi, le 17 janvier 1790, pour présider les assemblées populaires, dans la chapelle des Pénitents. — A l'occasion
n. Les Rétractants.
des processions des Rogations les religieux firent signifier un acte aux consuls (8 mai J790), leur exposant les titres dont ils jouissaient depuis un temps immémorial pour les processions et cérémonies publiques. Ils priaient la municipalité et le curé de prendre part, le matin à 6 heures, aux processions des Rogations. Quelques habitants s'opposèrent à ces prétentions, en vertu du décret de l'Assemblée nationale, le curé seul était en droit de faire des processions. L'usage en vigueur â Aniane voulait que les processions eussent leur point de départ et leur point d'arrivée dans l'église abbatiale. Il semblait naturel d'en agir de la sorte, le curé étant simple délégué des religieux et recevant sa congrue de leurs mains. Néanmoins Tindel refusa de se soumettre et fit ses processions. De leur côté les religieux firent les leurs et les trois jours des rogations on vit les rues d' Aniane sillonnées par deux cortèges dévots. Le 30 mai, le conseil de ville s'assemble pour délibérer sur ce « scandale » et reconnaît que les Pères étaient dans leur droit, blâmant la conduite du curé. Celui-ci avait eu cependant l'attention d'avancer l'heure habituelle de sa cérémonie, afin que ses partisans ne se rencontrassent pas avec ceux des Bénédictins. Pour la procession du jeudi de la Fête-Dieu, Tindel avait annoncé le dimanche précédent qu'il ferait la procession à l'issue de la grand'messe. Mais dans la crainte que, avec deux processions, il y eut du désordre, la municipalité envoya deux de ses membres auprès de l'évêque pour lui demander ce qu'il convenait de faire ; devait-elle assister en corps à cette procession, soit à l'heure indiquée par le curé, soit à une autre heure ? En l'absence de l'évêque, la députarion fut reçue par deux vicaires généraux, les abbés Farjon et de Granville. Ils n'osèrent pas donner une réponse catégorique. Un avocat auquel les envoyés du conseil s'adressèrent, fut d'avis que la municipalité ferait bien de ne pas entrer dans la dispute du curé avec les religieux et de présenter Li diflîculté au sénéchal de Béziers. Celui-ci, visant une transaction de 1778, rendit une ordonnance en fiiveur des religieux. Le curé ne voulut pas accepter cette décision et se disposait à suivre ce qu'il avait annoncé
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le dimanche précédent. En présence de ces difficultés, et pour éviter les scandales qui s'étaient déjà produits à Gignac, le conseil décida (30 mai) que le maire et les officiers municipaux engageraient le curé et les religieux « à ne pas processionner ». La question de fait supprimée, restait la question de droit. Une ordonnance du 12 août 1790, émanée du directoire du Département de l'Hérault, invoquant la suppression des communautés religieuses, déclara les Bénédictins d'Aniane simples citoyens et déchus de leur titre de curé primitif. Tindel triomphait ! A lui l'honneur de présider la procession du 15 août. Hélas!...
Ce n'était pas le zèle de la maison de Dieu qui dévorait le curé : ce qu'il cherchait c'était son intérêt personnel. En voici une preuve bien convaincante. Il recevait le traitement pour deux vicaires et n'avait avec lui qu'un seul auxiliaire. La municipalité lui imposa l'obligation d'avoir un deuxième vicaire. Il accepta un enfant du pays, nommé Pierre Cassan, (après le 13 juillet 1790), qui avait reçu la prêtrise à la Noël de l'année 1789. Les événements se précipitaient, il fallait prendre une détermination au sujet du serment constitutionnel. On le demanda d'abord aux instituteurs et institutrices (2 janvier 179 1), puis au curé Tindel. Dès le premier moment, il promit de le prêter. Le premier vicaire était absent. Le second vicaire, Pierre Cassan, dit bien qu'il le prêterait, mais avec des restrictions ; ces restrictions, on les repoussa et le curé fut le seul prêtre d'Aniane qui le prêta (27 février 179 1). Cette conduite lui valut les sympathies et la confiance de l'évêque-intrus, qui le chargea d'opérer la démarcation des paroisses dans le canton de Montpeyroul (19 mai 179 1), et un peu plus tard, la promesse d'une pension annuelle de 1500 livres. Il signa les actes du synode deBéziers, comme curé de La Boissière. Après s'être prêté à toutes les exigences, il fut congédié et chassé de son presbytère. Il se retira à La Boissière et attendit. Le 16 brumaire an IV (7 novembre 1795), il fît ce serment : « Je reconnais que l'universalité des citoyens français est le souverain et je promets soumission et obéissance aux lois de la République » puis, il déclara