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d'Agde, se tourna vers l'état ecclésiastique, reçut la prêtrise et fut pourvu d'un bénéfice dont le produit causa sa perte. Il attira chez lui une jeune fille qu'il rendit mère et qu'il abandonna. Attaqué par celle-ci devant l'officialité diocésaine, il fut condamné à passer quelques mois au Séminaire d'Agde, à y jeûner certains jours, et interdit pour un temps indéterminé, à la disposition de l'évêque. Relevé enfin de sa pénitence, il hérita d'une de ses tantes qui le chargeait de payer une somme de 200 livres à l'œuvre de la Charité. Son cœur, dur pour les pauvres, regrettait cette générosité, aussi profita-t-il du trouble apporté par la Révolution pour cesser d'en payer les intérêts. Une conduite, si peu loyale, était une bonne préparation à la prestation du serment civique. Il le prêta, mais continua d'être
ni. Les apostats,
repoussé par les prêtres schismatiques et par Tévêque-intrus qui auraient cru se déshonorer en admettant dans leurs rangs un sujet si diffamé. Se voyant rebuté de tous, il ouvrit une école pour les petits garçons et finit par obtenir une place de juge de paix. Ce ne fut pas sans ennuis qu'il en remplit les fonctions, ayant été poursuivi par le gouvernement Espagnol, comme coupable d'avoir détourné à son profit quelques épaves d'un navire de cette nationalité, échoué à Agde.
et. Ms. de l'abbé do Gohjn.
CROZALS (Gabriel'Taulin),
né à Alignan-du-Vent, le 31 août 1756, prieur-curé de Besouce, prêta le serment à la messe dans l'église de Besouce, le 27 février 1791 et continua de résider dans cette localité. Sous la Terreur, il livra ses lettres de prêtrise au District de Béziers. A la fin de Tannée 1797, il transporta son domicile à Montpellier. Il est inscrit sur la liste des Prêtres ayant abandonné leur étaty dressée par Mgr Fournier.
Cf. Proc. verb. de V Assemblée administrative y et Arch. de l'Evêché.
T>ÉJEAN (Louis-Martin),
curé-jureur de Gignac. Pension : 1.200 livres. Déprêtrisation (29 novembre 1793).
Cf. proc, verb,, IV, 334.
"DELEUZE (Guillaume),
« Citoyen du Fort-l'Hérault. » Déprêtrisation (4 décembre 1793).
Cf. Proc. verb., IV, 358.
"DESMAZES (Guillaume),
originaire du diocèse de Rodez, chanoine du chapitre Saint-Léon, est nommé par le Pape Clément XIII à la cure de Fabrègues (3 septembre 1767). Jureur. Pension : 1.200 livres. Déprêtrisation (12 décembre 1793).
Cf. Proc. verb., IV, 398.
V Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.
T>UCLAUX (Jean-Louis),
curé-jureur de La Valette, dans Tancien diocèse de Lodève. Pension : 1.200 livres. Le i6 frimaire an II (6 décembre 1793), le procureur syndic de Lodève transmet au procureur général syndic du Département le procès- verbal de la « dépiètrisation » de Duclaux.
Cf. Proc. verb. IV, 385.
DUNY,
né à Valréas, dans le Comté Venaissin, le 9 mars 774 1, figure habituellement dans tous les actes officiels avec les prénoms de François- Marie, bien que n'étant inscrit sur les registres paroissiaux de baptême que sur le seul prénom de François. Dans plusieurs de ces actes, le second de ces prénoms est raturé. François Duny était prêtre, bénéficier et hedomadier du chapitre de Grignan (Drôme) lorsque, après avoir prêté, à Grignan, le serment constitutionnel, il devint aumônier de la garde nationale de cette petite ville et fut appelé par le District de Montpellier pour prêcher la Station Quadragésimale dans cette dernière ville (6 août 179 1). Choisi par les électeurs actifs de ce même District pour occuper la cure de Cournonterral (15 mai 179 1), il n'accepta pas ce poste, ou du moins ne fit qu'y passer et se démit, pour devenir curé de Celleneuve, dans la banlieue de Montpellier. Le Conseil municipal appuya auprès de l'évêque du Département cette demande soutenue d'ailleurs par les habitants de Celleneuve (20 mai). Il fut installé le 5 juin par deux officiers municipaux et par le procureur de la commune, et le 30 septembre 1792, il écrivait à celui-ci (le citoyen Fargeon), lui promettant de se conformer à la loi qui supprimait les costumes ecclésiastiques et religieux, e Je suis l'enfant de l'obéissance à toutes les lois et trop patriote pour ne pas m'y conformer. » Avec la Terreur vint bientôt la funeste déprêtrisation. Le curé intrus de la paroisse Saint-Pierre de Montpellier, avait livré au district ses lettres d'ordination, en signe d'apostasie, et était parti pour le Comté Venaissin, d'où il était venu, laissant l'ancienne cathédrale de
in. Les ^Apostats.
Montpellier aux mains des patriotes qui la convertirent en temple de la Raison. A la reprise du culte constitutionnel, en 1797, Duny put facilement arriver à la cure de Saint-Pierre. N^avait-il pas fait ses preuves et ne méritait-il pas de succéder au fameux intrus-apostat ? Mis en lumière, on lui trouva toutes les qualités voulues pour prendre la place de l'évèque constitutionnel Pondérons que la mort venait de coucher dans la tombe (10 avril 1799). Une réunion électorale, tenue dans l'église Saint-Pierre, à l'effet de lui désigner un successeur ne put aboutir : il fallut recourir à un second tour de scrutin. On s'y prépara par l'envoi de lettres adressées aux chauds partisans de l'église constitutionnelle et, afin d'obtenir une assemblée nombreuse, le bureau nommé dans la première réunion écrivit à tous les agents municipaux du département (14 juin 1799). On recommandait la candidature de Duny, curé de Saint-Pierre, mais on lui préféra Rouanet, un des « vicaires épiscopaux )), celui que Pondérons désirait avoir comme coadjuteur. Duny resta donc simplement en possession de sa cure et y exerça le culte, au dire de nos Archives, jusqu'au moment du Concordat. Obligé alors de rendre la paroisse a l'abbé Poujol, son légitime pasteur, il ne vit plus devant lui que la modeste succursale de Saint-Geniès, dans le canton de Castries; c'était encore beaucoup pour un pareil sujet; mais l'administration diocésaine avait eu la main forcée. Duny, dont le nom était déjà porté sur la liste du clergé paroissial, refusa cette position, qu'il jugea trop inférieure à celle qu'on lui enlevait. Il demeura sans emploi, bien qu'étant, à ce qu'il disait, en communion avec Tévêque Rollet; mais les registres de Tévêché nous apprennent que l'ancien intrus de Saint-Pierre abandonna bientôt Tétat ecclésiastique et fixa sa résidence à Montpellier, où il mourut peu de temps après que Mgr Fournier eut pris possession du siège épiscopal de cette ville.
Cf. Arch. de l'Hérault, L. 443 bis; — Arch. municip. de Montpellier, P,5,a et P. i; — Arch. de TEvêché : ^g. tenu par Mgr Fournier; Prêtres qui ont abandonné leur état et habitant la ville de Montpellier ; — F. Saurel, Hist, relig. du Départ, de V Hérault,
V Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.
IV, XIV, Tableau du personnel du Clergé paroissial du Diocèse de Montpellier y en 1803 ; — et XIX, Etat nominatif des prêtres non employés , résidant dans Montpellier et qui sont dans la communion de VEvéque, 11 mars 1804, III, p. 240 et suiv.
DUPUY (Etienne),
curé de la paroisse Saint-Joseph, de Cette, livre au District de Montpellier ses lettres d'ordination en signe d'apostasie (14 décembre 1793).
Cf. xVrch. de l'Hérault, L. 446; — Procès -verbaux de V^Assemblée administrative , IV, 410.
FARNARIER (Jean),
né à Cette, le 7 août 1740, avait fait ses vœux au couvent des Ternaires de Toulouse, en 1760. Depuis lors, il changea plusieurs fois de résidence et se trouvait en dernier lieu à Cette, où il resta onze ou douze ans. Il prêta tous les serments et entra dans la garde nationale de Cette, ou il servit en qualité de caporal durant une année environ. Etant dans son lit, malade, il voulut prêter encore un serment, celui de Liberté-Egalité (3 brumaire an VTII, 25 octobre 1799).
FÉRAUD (Joseph),
curé-jureur de Lauret. Pension : 1.200 livres. Livra ses lettres d'ordination, les ornements et les vases sacrés (4 décembre 1793).
Cf. Procès-verbaux de V Assemblée administrative, IV, 358.
GAUD (Hyacinthe),
prêtre, curé de Valflaunès, pourvu de la cure des Matelles (7 décembre 1768), prêta le serment constitutionnel. Sa pension réglée à 1.200 livres. Déclara renoncer à l'état de prêtre; il ne put remettre ses lettres d'ordination; il les avait égarées et ne parvint pas à les découvrir (3 décembre
Cf. Procès-^'erbanx de l'Assemblée administrative, IV, 351.
in. Les oipostats.
GAUTIER (Thilippe-'lLicolas),
étranger au Diocèse de Montpellier, prêtre jureur, est installé comme curé de la paroisse Notre-Dame-des-Tables, le dimanche 17 juillet 1791. L'isolement se fait autour de sa personne; les fidèles ne reconnaissant d'autre pasteur que Tabbé Théron. Il renonce à l'état de prêtre et remet ses lettres d'ordination à l'Assemblée administrative de l'Hérault (26 novembre 1793). Pension : 3.000 livres. Rangé par Mgr Fournier parmi « les Constitutionnels persévérants )),avec cette note :« Foible de caractère )> .
Cf. Arch. de l'Evêché; - Procès-verbaux de VAsssmblée administrative ^ IV, 316. — F. Saurel, Hist. reîiiT., III, 46.
GAUTIER (Clément),
curé de Saint-Jean-de-Véda^, remet à l'Administration du Département ses lettres de prêtrise (28 novembre 1793).
Cf. Procès-verbaux de V Assemblée administrative y t. IV, 329.
GIBELIN (D^ichel),
vicaire à Ganges. Déprêtrisation (3 décembre 1793).
Cf. Procès-verbaux de VtAssemblée administrative, IV, 364.
GIRON (Jean-Laurens),
de Montpellier, ex-curé de Lignan, livre ses lettres de prêtrise au District de Béziers.
GODON (Charles'Etienne-Maurîce)y
prêtre, né à Vias. 11 obtint un bénéfice à la cathédrale, auquel il ambitionna de joindre le revenu de vicaire de Saint-Etienne. Il n'en avait jamais assez pour contenter son grand appétit. Il abusa de ses fonctions dé vicaire pour engager un mourant à lui donner une somme considérable. L'évêque, informé du fait, l'interdit. Dans la crainte de se voir bientôt sans ressources,
V Ancien Clergé du Diocèse de Montpellier.
il pensa pour s'en créer de nouvelles à se déclarer partisan des vues du gouvernement. L'occasion de s'afficher ne tarda pas longtemps à se présenter. Le Chapitre ayant été invité par la Municipalité à chanter une grand'messe en plein air pour s'unir à l'Assemblée nationale, l'évèque s'y rendit avec tous les chanoines et bénéficiers de sa cathédrale. Après la messe, le maire montant au coin de Tépitre, prononça un discours dont la fin contenait un serment d'adhésion à tout ce que la Législative déterminait et invita tout le monde à lever la main en signe de serment. L'abbé Godon fut le seul à se rendre à cette invitation; personne ne voulut prêter un pareil serment. Lorsque un nouveau serment, celui de la Constitution civile fut demandé impérativement et avec menaces, Godon le signa avec ostentation. Bien plus, le Saint-Siège ayant condamné cette impiété, et prononcé l'excommunication contre ceux qui l'auraient signée, s'ils ne se rétractaient au plus tard dans le délai de éo jours, il persista dans son endurcissement et, guidé par le démon de l'intérêt le plus sordide, il profita des dispositions nationales pour solliciter les offices d'aumônier du fort de Brescou et de l'hôpital d'Agde, espérant que les honoraires attachés à ces deux emplois grossiraient sa fortune. Il obtint les deux aumôneries du consentement de l'évèque intrus; mais fut singulièrement trompé dans ses espérances, car ces deux emplois furent supprimés comme inutiles. Comme il se plaignait à la municipalité de cette suppression et de ne plus être payé d'aucune façon, on lui fit peur et on le pressa même de renonce rà la prêtrise. L'avarice et la lâcheté lui firent livrer ses lettres d'ordination. Bourrelé de remords, il se retira à Vias, pour y faire valoir le seul petit bien patrimonial qui lui restait. Rendu à lui-même par la solitude et la réflexion, il vint ;i Agde supplier le grand-vicaire de Gohin de recevoir sa rétractation. Celui-ci, comptant très peu sur le retour d'un esprit si inconstant et si sujet aux impressions de l'intérêt et de la frayeur, le refusa d'abord, puis, à raison de sa grande surdité, sans doute, le renvoya à l'abbé Chareun, Supérieur du Séminaire de Béziers et vicaire général de Mgr de Nicolaï, pour se
ni. Ixs ^Apostats.
confesser à lui et s'en faire absoudre. Tout étant fini, on le renvoya à Agde pour qu'il y prononçât sa- rétractation, qui devait être publique, tout comme le serment lui-même. Il la fit à haute et intelligible voix, le 13 septembre 1795, après la messe célébrée dans la chapelle de l'hôpital, par Tabbé de Gohin, qui la reçut par écrit, signée du sieur Godon et d'un nombre de témoins choisi sur une quarantaine d'assistants.
Le grand-vicaire, par un discours qu'il lui adressa, le réduisit strictement à la communion laïque pour le reste de ses jours et à se soumettre à la pénitence que le Souverain Pontife ordonnerait. Mais en peine des moyens à prendre pour rassasier sa voracité, ce prêtre prévaricateur revint peu de jours après trouver l'abbé de Gohin, lui demander que cet interdit put trouver fin à la mort de ce vénérable administrateur du diocèse d'Agde, qui était déjà très avancé en âge. Sa requête tut refusée.
Mais qui croirait qu'après des démarches aussi solennelles, le prêtre jureur nierait sa rétractation devant la Municipalité ? Cet homme, jouet de ses passions et tournant à tous les vents, se vit (comme tant d'autres de son espèce) réduit pour vivre à faire la classe à quelques jeunes enfants, à Vias, pour en tirer quelque petit profit pécuniaire.
On surveillait sa conduite et, le 19 germinal an IV (8 avril 1796), le commissaire d'Agde écrivait au commissaire du pouvoir exécutif près l'Administration du Département, parlant de Godon : « Cet homme, en remettant ses lettres de prêtrise, paraît avoir renoncé d'une manière authentique et pour toujours à sa caste. Sa rétractation, si elle existe, comme on l'assure, est une faiblesse et une puérilité que rien ne peut excuser. Il vit retiré, comme tout autre citoyen. Il semble que l'Administration du Département pourrait, sans inconvénient, laisser cet homme dans l'obscurité, en retirant le mandat d'arrêt lancé contre lui ». A cette lettre, il fut répondu :(^ L'Administration centrale s'en désintéresse, c'est au tribunal criminel qu'il appartient de juger le cas de Godon (23 germinal an IV, 12 avril 1796).
On ne se pressa pas de se mettre à la recherche de cet individu.
LÀncien Clergé du Diocèse de Montpettier.
On finit cependant par ordonner des visites domiciliaires, à Agde, pour le mettre en état d'arrestation ; mais les perquisitions tardives lui avaient prrmis de prendre ses mesures et quand on se présenta chez lui, il en était parti depuis quinze jours (8 brumaire an VI, 27 octobre 1797).
Au carême de 1801, Godon tenta de nouvelles démarches auprès de l'abbé de Gohin, afin d'être autorisé à dire la messe. Le grand-vicaire apostolique refusa. Tout ce que l'apostat put obtenir, ce fut d'être admis à la simple communion laïque jusqu'à la fin de ses jours.
Cf. Arch. de l'Hérault, L. 440 et 443 ; — et Ms. de l'abbé de Gohin.
GOUBERT (Esprit),
curé-jureur de Mudaison, pension : 1.200 livres. Il déclare devant l'Assemblée administrative renoncer à son état de prêtre et promet d'envoyer ses lettres de prêtrise (26 novembre 1793).
Cf. Ttoc. verb. IV, 315; — F. Saurel, Hisl. relig. III, 47.
GUINARD (Simon),
curé-jureur de Villeveyrac, renonce à sa cure et remet les pièces qui forment son titre (18 frimaire an II, 8 décembre 1793). Cf. Arch. de l'Hérault, L. 358.
LAGARDE (Jacques-François),
né en 1729, à Montagnac, d'une famille honnête, mais peu aisée, fut employé d'abord comme vicaire à Mèze, sous un curé laborieux. Il devint la croix de ce pasteur par son naturel difficile. Appelé à remplir un bénéfice à la cathédrale d'Agde, il s'y fit bientôt remarquer par la brusquerie de son caractère et sa vie peu sacerdotale, ce qui le rendit un objet de répulsion pour ses confrères. Il prêta le serment et sa pension fut fixée à 855 livres 19 s. 10 d. Sous la Terreur, il livra ses lettres de prêtrise au District de Béziers et se retira dans son pays natal. Un Etat fourni par la municipalité au Département (11 vendémiaire an VI,