‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 74 sur 324 · IV · texte numérisé non relu

IV

CHASSEUR (Etienne-François),

curé de Teyran, déprêtrisation (3 décembre 1793).

Cf. Froc. verb. IV, 364.

CHIRIS (Alexandre),

prêtre jureur, natif de EscragnoUes, près de Grasse, en Provence. Le jour de l'installation à main armée des curés constitutionnels, à Montpellier, Chiris prit possession de l'église Notre-Dame-des-Tables, pour le compte d'un nommé Brouillony et reçut, pour lui-même et provisoirement, le titre de pro-curé de cette paroisse. Peu après, il devint curé de St-Hilaire, paroisse de la banlieue de Montpellier, située sur les bords du Lez, près de la première écluse. Il fut installé par deux officiers municipaux de Saint-Hilaire (i*''^ mai 179 1). Le 28 juin de la même année, il accompagnait dans les rues de Montpellier Tévêque intrus du département de l'Hérault et se faisait recevoir avec lui membre de la Confrérie des Pénitents Bleus.

Il était protégé par un chaud patriote, François Mireur, son parent, et plus encore par le fameux Cambon. Mireur écrivait à sa famille : « Le cousin Chiris se porte fort bien. Nous sommes toujours ensemble.

ni. Les xApostats.

Il doit partir le mois prochain pour Draguignan et de là se rendre à Escragnolles, pour revenir au plus tôt ici, parce que je crois qu'il y sera fixé. Au surplus, je fois tout mon possible pour lui procurer un poste avantageux. Je crois que nous réussirons, à cause de la pénurie de prêtres. Il est fort aimé ici. S'il était aussi facile aux laïques d'avoir des postes, en ce moment, comme aux prêtres, j'en aurais vingt-cinq. » (i" juillet 179 1).

Ce n'était pas sans raison que Chiris comptait sur la bienveillance de Cambon. En effet, ce même jour, Cambon faisait à l'Administration municipale de Montpellier le rapport suivant :

« Le Conseil général de Saint-Hilaire demande que la cure soit réunie à celle de Saint-Denis. Le vœu a été adopté par les corps administratifs et par Tévêque. Il ne manque pour cette réunion qu'un décret de l'Assemblée nationale. Cette paroisse est desseivie depuis deux mois par M. Chiris. L'église est vide tous les dimanches. Le curé est obligé de dire la messe seul. Il a couru des risques en s'y rendant; il reçut, il y a environ trois semaines un coup de fusil qui, par bonheur ne lui fit aucun mal. Il serait plus convenable d'exiger le transfert du curé de Saint-Hilaire dans la paroisse Saint-Denis, pour faciliter à plusieurs citoyens les moyens d'entendre la messe. En conséquence, je propose d'arrêter provisoirement, et en attendant la nouvelle circoncription des paroisses de la ville, que la cure de Saint-Hilaire sera transférée, à compter de dimanche, 10 du courant, dans l'église paroissiale de St-Denis et que l'Arrêté sera adressé à l'évêque, afin qu'il y donne son approbation pour ce qui regarde le spirituel, et à M. Chiris, pour l'inviter de s'y conformer, en transportant tous les effets de la dite paroisse à celle de Saint-Denis, où il fera provisoirement les fonctions curiales auxquelles il est obligé, r*

Sur ce, Chiris transporta le mobilier de Saint-Hilaire à Saint-Denis et le procureur de la commune fit afficher à la porte de l'église paroissiale de Saint-Hilaire un exemplaire de l'Arrêté conforme à la proposition du conseiller Cambon. Il y eut alors deux curés constitutionnels dans la

V Ancien Clergé du Diocèse de MonipeUier,

même église : Bary, pour Saint-Denis et Chiris, pour Saint-Hilaire, mais celui-ci n'était guère que le vicaire de celui-là.

A la nouvelle délimitation des paroisses de Montpellier, Chiris vit se réaliser les espérances de Mireur et devint curé de la paroisse Saint- François^ créée dans l'église des Récollets et destinée à desservir le faubourg de Nîmes et le faubourg de Boutonnet. En outre de ce a poste avantageux », il fut nommé aumônier du Dépôt de Mendicité, au traitement annuel de 350 livres. Bientôt sous la Terreur, il s'empressa de se conformer au décret qui défendait le port du costume ecclésiastique en dehors des cérémonies religieuses, puis il déclara devant le District qu'il renonçait « à l'état de prêtre » et, en signe d'apostasie, livTa ses lettres d'ordination et reprît le chemin d'Escragnolles, son pays natal.

Cf. La Pijardière, p. 512. Procès-verbaux de V Assemblée administrative y IV. 88 et 316; — F. Saurel. Hist. relig. III, 46.

COSTECALDE (Joseph- Antoim),

curé de Marsillargues. Déprêtrisation (4 décembre 1793).

Cf. Procès-verbaux, IV. 358.

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