LES MARTYRS ET CONFESSEURS DE LA FOI
Les prêtres séculiers ou réguliers qui n'avaient pas voulu consentir à prêter le serment schismatique « souillaient de leur présence le sol de la République ». Ils n'avaient qu'à jurer où à s'expatrier, s'ils ne voulaient pas être jetés dans les prisons ou conduits à la mort.
Comme on Ta vu, le nombre des jureurs ou Comitlutiomiels fut relativement assez considérable dans le département de l'Hérault. Plusieurs, il est vrai^ purent être rangés, au moins à la dernière heure, parmi les Rétractants ; mais quelques-uns persistèrent dans leur détection et devinrent xAposials. Ceci résume ce que nous avons dit jusqu'à présent de l'ancien Clergé de l'Hérault.
Réjouissons-nous et parlons maintenant de ceux qui, constituant Timmense majorité du Clergé diocésain, ont mérité l'honneur et la gloire d'être comptés parmi les Martyrs et les Confesseurs de la Foi catholique.
' Les Martyrs ne sont pas seulement ceux qui ont versé leur sang dans les tourments et les supplices. Il convient de comprendre dans leurs rangs tous ceux qui ont succombé par suite des mauvais traitements de la déportation et de l'emprisonnement. En effet, dans la longue série des ecclésiastiques partis pour la terre étrangère, retenus prisonniers dans les prisons ou dans les bagnes, nous trouvons les détails de leur départ et même de leur séjour ; mais nous manquons la plupart du temps de renseignements sur leur rentrée en France. Le silence s'est fait autour de leurs noms ; ils sont morts dans la persécution, morts pour la Foi, morts Martyrs et Confesseurs !
En tenant ce langage, notre intention n'est pas certes ! et ne saurait être de prévenir le jugement de l'Eglise : Nous savons ce que nous impose/ le titre de son enfant respectueux, soumis et dévoué. Nous nous garderons bien par conséquent de nous emparer du droit de béatification et de canonisation, quel que soit le mérite de nos illustres morts. Nous pensons devoir nous en tenir à ces deux règles générales. La première : c'est une vérité de Foi qu'un ministre, qu'un enfant de l'Eglise catholique mis à mort pour n'avoir pas consenti à lui devenir infidèle et à manquer aux devoirs de la Religion, reçoit au moment môme de son décès, la palme du martyre et entre dans l'éternité bienheureuse. La seconde : c'est une vérité de foit que nos prêtres, et autres ecclésiastiques ont été sacrifiés à cause de leur inaltérable attachement à la Foi catholique et de leur héroïque fidélité aux devoirs qu'elle impose. Le pape Pie VI, lui-même victime de la persécution, les reconnaissait comme de vrais Martvrs.