IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi
il était caché à Bédarieux chez le notaire Jean Ri\:ez,avec un autre prêtre, dans un réduit qui avait servi dans le temps à deux ministres protestants. Comme d'habitude, à cette époque de persécution, la messe se disait la nuit. Rivez fut emprisonné pour avoir donné asile à des individus proscrits par la loi, et délivré après le 9 thermidor. Au rétablissement du culte catholique, Tabbé Aoust fut nommé succursaliste à Villeneuve- les-Béziers, et rappelé à 'a cure de Bédarieux le 10 août 1807. Il décéda le 7 février 1827.
Cf. Arch. de l'Evêché. — *7(ff . des Décès.
^OUST{Jean\
prêtre de Cazouls, déporté d'Agde à Nice, le 7 septembre 1792, à Tâge de 53 ans.
kARMÉLY {Jean-François) y
naquit le 21 juillet 1725, à Florensac, de Pierre Armély, notaire et lieutenant du juge de la Baronnie, et de Marie Juin, de Frontignan. Il fit ses premières études chez les Oratoriens de Pézenas et fut ensuite admis dans les rangs du clergé d'Agde par Mgr de Charleval. Le prélat l'envoya à Toulouse, chez les Sulpiciens, suivre les cours de théologie. Ordonné prêtre aux quatre-temps du mois de septembre 1749, des mains de son évèque, il fut aussitôt envoyé à Florensac, son pays natal, auprès de M. Buzie, curé de cette paroisse, en qualité de vicaire. Treize ans après, il devenait curé de Saint-André d'Agde, que Mgr de Saint-Simon,' successeur de Mgr de Charleval, voulait unir à son séminaire. L'abbé Armély n'occupa cette place que le temps suffisant pour s'y faire regretter de ses paroissiens. Il était à peine avec eux depuis dix mois, lorsque M. Buzie, son ancien curé de Florensac, sentant approcher sa fin, et ne voulant pas abandonner au « présentateur de la cure de Florensac »> le choix de son successeur, désira confier son troupeau à des mains sûres. Dans ce but, il choisit l'abbé Armély, son élève, dont il connaissait le
mérite et les talents. L*acte de résignation aussitôt approuvé par Tévêque, le nouveau curé prit possession le 22 février 1765 et jouit durant plus de vingt ans de ce bénéfice. Au bout de ce temps, fatigué de* certaines contrariétés administratives, il pria Mgr de Saint-Simon de le décharger de la responsabilité pastorale et de lui indiquer un prêtre de son diocèse en faveur duquel il pût résigner. Celui-ci lui proposa M. Pernys, bénéficier de la cathédrale Saint-Etienne. Les deux prêtres se mirent facilement d'accord sur le chiffre de la pension que le nouveau curé devait servir à l'ancien. M. Pernys prit possession le 2 juillet 1784 et administra la paroisse jusqu'à la Révolution. Celle-ci reconnut, à ce qu'il paraît, les droits du résignataire et lui assura une pension de 1234 livres 14 sous.
Armély, déchargé de sa cure, refusa le serment constitutionnel, mais comme on le qualifia de « salarié par l'Etat », il se vit arraché du sein de sa famille, où il vivait en paix. Par application de l'Arrêté du Département (28 juillet 1792), il devait quitter le territoire de la République, comme ayant moins de 60 ans. Prêt à tout sacrifier plutôt que de commettre un acte schismatique, au prix duquel il aurait évité les tristesses de l'exil, il partit d'Agde pour l'Italie (8 août 1792).
Débarqué au port de Nice, il dût, peu après, fuir devant l'invasion française et se rendit d'abord à Turin, puis à Bologne. Il se trouvait en compagnie de trois autres prêtres du diocèse d'Agde : MM. Bellengcr, Peys et Bellonis. Ces quatre confesseurs de la Foi, accueillis avec une bonté paternelle par le cardinal-archevêque de Bologne^ furent hébergés par ses soins dans la communauté des chanoines de Saint-Salvador, oii ils trouvèrent toutes les attentions et toutes les prévenances de la charité la plus active et la plus intelligente. A peine installés dans ce pieux asile, l'abbé Armély écrivait à sa fiuuille :
« Je fus obligé de prendre la fuite à 9 heures du soir, avec tous les autres prêtres qui s'étaient réfugiés à Nice, et avec tant de précipitation que nous n'eûmes pas le temps de prendre la plupart des choses que