‹ L'ancien clergé du diocèse de MontpellierChapitre 92 sur 324 · IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi · texte numérisé non relu

IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi

nous avions apportées. Heureusement, il faisait un beau clair de lune, ;\ la faveur duquel nous vîmes le chemin, plein de monde de tout âge, de tout sexe, de toute condition, prenant la même direction et fuyant en grande hâte... On y voyait des évêques, aussi dépourvus de ressources que les plus misérables prêtres, et obligés comme eux d'escalader à pied ces mont<ignes qui pouvaient seules les séparer de l'ennemi et mettre leur vie en sûreté. Que de malheureux succombèrent dans ce pénible voyage, soit par excès de fatigue, soit faute de pouvoir trouver des vivres dans cette route inhabitée ! Combien d'autres, au lieu d'y trouver les secours de l'hospitalité, rencantrèrent des voleurs qui leur enlevèrent le peu qui leur restait et les réduisirent à la chemise, au milieu de ces monts couverts de neige! On ne peut s'imaginer de spectacle plus lamentable et plus effrayant! »

L'auteur de cette lettre eut le bonheur de surmonter toutes les difficultés et put foire trente lieues à pied, malgré son âge avancé, le poids de son corps et les douleurs d'une sciatique dont il était travaillé, et l'œdème des jambes auquel il était sujet, sans compter les pluies fréquentes et la faim qu'il endura plusieurs fois.

A peine parvenu à cet asile, M. Armély eut le pressentiment de sa fin prochaine. Il pensa que la maison dans laquelle on l'avait généreusement admis serait le lieu de son repos. Frappé de cette idée, il la communiqua à ses amis et se tint prêt h paraître devant Dieu, soit par une vie plus sainle, soit par une confession générale. Dès ce moment il ne connut plus que Téglise où il passait tout son temps. On ne l'appelait que (c le Saint » . Il vécut dans cette charitable retraite depuis le mois de novembre 1792, époque de son arrivée à Bologne, jusqu'au mois de novembre 1793, où il tomba malade. Il souffrit beaucoup et reçut deux fois le Saint-Viatique, ne cessant de répandre l'édification autour de lui par sa tendre piété et sa résignation inaltérable. Il se confessa pour la dernière fois le jour même de sa mort et eut la consolation d'expirer dans les bras de deux de ses anciens d-lèves (Peys, prieur-curé de Pome-

rois, et Bellonis, prieur-curé de Montagnac, ses anciens vicaires à Flcrensac, qui l'avaient suivi jusqu'à Bologne.)

Il mourut le 15 février 1795, après deux ans et demi d'un exil très pénible, supporté pour la Foi catholique. Il était âgé de près de 70 ans. Les chanoines de Saint-Salvador voulurent que sa dépouille mortelle reposât dans leur caveau.

Cf. Ms. de l'abbé de Gohin, pp. 66-69; — Documents fournis par M. Barrai de Barret ; — Ms. de l'abbé Gourgou. Leitres diverses.

^RNAL (Jean-Pierre),

né le 2 septembre 1762. -— curé d'Alignan le- Vent, insermenté.

Déporté pour Nice le 5 août 1792, sur la Tartane du capitaine Pailhoux d'Agde. Rentré en France il se faisait appeler Paris.

Il avait dit la messe deuK jours consécutifs à Ceilles, après l'avoir fait annoncer par la cloche. Dénoncé par Cavailler, ex-frère récollet, cidevant secrétaire de la ci-devant municipalité de Ceilles.

Le commissaire du Directoire exécutif près l'Administration municipale de Lunas dénonça sa présence au Département (le 19 floréal an VI, 8 mai 1766) : a: Ce scélérat, dit-on, prêche la désobéissance aux Lois. Sa résidence n'est fixée nulle part. Il court plusieurs communes de l'Aveiron, limitrophes de celles de Ceilles et Avène. L'on voit que la plupart des citoyens de cette commune sont phanati:^és, au point qu'ils méprisent la loy et l'autorité constituée, puisque l'agent municipal ne fait aucuue démarches pour faire arrêter ce prètrc,parce que, dit-il, on n'aurait pas obéi aux réquisitions... Je suis malheureux d'avoir plusieurs Membres de l'Administration, près laquelle je suis, qui sont phanatisés euxmêmes et qui sont capables de les prévenir des moyens que l'on prend contre eux. »

L'Administration municipale du canton de Roujan, le signalait comme étant à Alignan, sujet à la déportation, (12 vendémiaire an VI, 3 octobre 1797).

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