AVIGNON
prêtre du diocèse de Montpellier, n'était point de ceux que la loi considérait comme fonctionnaire public.
Simple maître d'institution dans le chef-lieu du département, il n'était nullement sujet au serment constitutionnel. Du reste, il l'eût refusé avec courage, tant il était résolu de mourir dans la Foi de l'Eglise catholique. Il brûlait même du désir de donner sa vie pour elle. 11 n'était point sorti de France et disait habituellement la messe dans la chapelle de l'Hôtel-de-Ville ; mais après la loi, voyant s'accroître les fureurs de la persécution, il accepta l'asile secret que lui offraient des amis dévoués.
Quant il connut le décret portant peine de mort contre les personnes qui recevraient chez elles des prêtres non assermentés, il trembla pour ses généreux hôtes, plus que pour lui-même; et présumant, d'après la loi de déportation, que s'il se livrait spontanément et en personne, on ne le condamnerait qu'à être envoyé à la Guyane, il résolut d'aller se dévouer. Comme il fliisait part aux personnes de son entourage de son intention, on lui fit observer qu'on pourrait bien le condamner à la peine capitale. (( Eh bien! répondit-il, que la volonté de Dieu soit faite ! Je dois me livrer pour ne point compromettre ceux qui ont eu le courage de s'exposer à la mort pour me la faire éviter ! » L'abbé Avignon agissait en cette circonstance comme ces saints confesseurs qui, par zèle pour la foi et par charité fraternelle alhiient au devant du martyre.
Le 20 floréal an II (9 mai 1794), plein de délicatesse et d'attention, il sort sans bruit de son asile et, vers cinq heures du matin, monte à la place de la Révolution [Le Teyroit), fiiit trois fois le tour de la guillotine et se rend au Palais de Justice pour se constituer prisonnier. Le geôlier, surplis d^ sa démarche, l'engage à se retirer et à se cacher. « Je m'offre