IV. Les Martyrs et Confesseurs de la Foi
a la mort et j'y suis résigné, répond-il ; mais, il pourrait se faire que, comme je viens de moi-même me présenter, on ne me condamne qu'à la peine de la déportation. Si le contraire arrive, que la volonté de Dieu soit accomplie ! Je viens me livrer pour sauver la vie de ceux qui avaient la charité de s'exposer à la mort pour m'y soustraire ».
Cité à paraître devant le tribunal criminel, les juges frappés de tant d'héroïsme, opinaient pour lui sauver la vie ; mais le président voulut absolument faire exécuter le décret dans sa rigueur et insista si fort pour qu'on lui appliquât la loi portée contre les prêtres réfraciaires que les juges ne purent en quelque sorte éviter de le condamner à la peine de mort.
Avignon entendit la sentence sans en être troublé, il la reçut même avec joie et demanda au tribunal qu'on voulut bien lui permettre d'aller à l'échafaud, en tenant un crucifix ;\ la main; grâce qui lui fut refusée. Heureusement pour le jeune martyr, il portait dans son cœur Jésus crucifié, et cela lui suffit pour soutenir son courage. Avant de sortir, il annonça aux spectateurs qu'il était le dernier prêtre qu'ils verraient mourir ^ En effet, à cette époque la persécution devint beaucoup plus lente. Ramené en prison, il se mit en prières, la face prosternée contre terre, pour se préparer à consommer son sacrifice de foi et de charité. Il le fit en héros chrétien, le jour même où il s'était présenté.
Cf. Arcli. de la Cour d'appel de Montpellier, Vb Reg. des jii^^ements dcfiuitijs, — Ms. de SoLi.ir.R i, 564 et suiv.; — Mazikres, 24 ; — Seguin, 31 ; — Carron, i, 193 ;
— Guii.iON, II, 1 15 ; — Picot, Mân. peur servira Vhist. eccl. pendant le XVllI^ siècle ;
— Saurel, ///.s/, rclii^. du Di'part. de l' Hérault, m, 108.
A YMA T,
de Gigean, ancien curé de Cardonet, avait prête le serment, mais
1. Du ir venJuniniio au 10 llorcal (2 octobre lyq^ — 7 mai 1794) dix ecclésiastiques (Comte, Mallct, Miclicl, Clii;ot, S.illj-., W^.il, M.issill.m. Bcniaiuliui, (j.il.ibcrt et Avignon) portèrent leur tclc sous le fer de la sTiiilloti.u' du Pcvrou. I e cliovalijr ]"*ic) ce- Octave l'crr.iri do Roman natif de Lyon, eut le nicnies-.rt, :iinsi ]i:o qu.lic lia'. i'..iit'> v'c MuJitpi. i'"cr : ^;lV^..ir : l:lizabcth Costc, Louise Hue veuve lî.Ol.i'd. J.iCvi'.ies Luzutios, et A'U .-lu-l-'f^inç v^s-A'-MUidrc Rolland, compromis dans Vaffaire dite liti 'jtdtitcs, qui eut un si grand rctentis^ejnent et dont nous avons fait l'émouvant récit dans une publication spéciale.
V Ancien Clergé du. Diocèse de Montpellier.
ayant compris l'énormité de sa faute, il s'empressa de se rétracter, dans la chapelle des Pénitents noirs de son pays natal, entre les mains d'un grand vicaire et en présence d'une nombreuse assemblée. Il se tenait caché à Gignac, On le savait et on essaya de se saisir de sa personne (9 brumaire an IV, 30 octobre 1797.)
Toutes les perquisitions demeurèrent sans résultats, comme il avait eu le soin de se munir d'un passe-port, on le disait parti pour l'étranger.
AZAIS;
eu ré. dans le voisinage de Saint -Pons, réfractaire, était dénoncé au citoyen Alba, agent municipal de la commune d'Angles, par le commissaire près le Département de l'Hérault, lequel ordonnait l'arrestation d'Azaïs et en même temps celle d'Astruc, prêtre également « insoumis » (4 ventôse an IV, 23 février 1796). To/r l'art. Asiruc.
Arrêter Astruc, on le pouvait, si toutefois on parvenait à le découvrir : mais Azaïs ! c'était autre chose ! Voici en effet ce que l'agent d'Angles écrivait au commissaire du Directoire exécutif prés le Département : « Azaïs a fixé sa résidence à Roucayroux, commune du canton de Saint-Amars (Tarn), Il y fonctionne publiquement et au son de la cloche de la ci-devant église. Il paraît momentanément dans la commune d'Angles, limitrophe de celle de Roucayroux, armé d'un fusil à deux coups, d'un sabre et d'une paire de pistolets. Astruc réside habituellement à Angles et y fonctionne publiquement. Le parti de ces deux prêties réfractaires est si puissant dans cette commune que leur arrrestation mettrait en danger la tranquillité publique, y allumerait la guerre . civile et exposerait le petit nombre de patriotes à un péril inévitable. D'ailleurs les neiges, les glaces et un froid excessif rendent depuis quelques temps les communications impossibles. )>
Une note de l'Administration centrale, écrite au bas de la page de la j
lettre de l'agent, porte : « 11 faudra se concerter avec le général j
Châteauneuf-Randon, pour envoyer un commissaire sur les lieux et