‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 10 sur 355 · Ibid.f p · texte numérisé non relu

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élections du Recteur ou du Procureur et des autres dignitaires, de la bonne gestion de ses affaires, ou pour demander à Dieu le progrès des études, l'abondance des fruits de la terre, etc.

Les supplications extraordinaires avaient lieu à l'occasion d'un événement privé ou public, la mort d'un membre de la Nation, un service pour le repos de son àme; ou bien la naissance d'un dauphin, la santé du roi, une victoire nationale, le retour de la paix, la fin d'une épidémie, la mort d'un prince du sang ou du roi lui-même, etc. Toutes ces circonstances étaient autant d'occasions, pour les tributaires normands, de paraître, au dehors, en procession, revêtus de leurs insignes, soit seuls, soit en compagnie des autres nations et facultés. Citons seulement, au sujet des funérailles royales, le cérémonial usité pour inviter les diverses corporations universitaires à y prendre part à Saint-Denys ou h Notre-Dame de Paris.

Voici les curieux détails que nous trouvons consignés dans les registres de la Nation de Normandie. Il s'agit des obsèques du prince de Condé, le fils du vainqueur de Ro~ croy.

Le 27 août 1709, l'Université est convoquée, au collège Mazarin, en grand costume. Le Recteur, en robe violette, se tient sur un fauteuil élevé, les membres des facultés et des nations, en robes rouges ou noires, sont groupés en demicercle à sa droite et à sa gauche, les appariteurs ou massiers occupent l'entrée de la salle. On attend la veque d'un maître des cérémonies de la cour, Dreux-Brézé ou des Granges. Un roulement de voilures se fait entendre sous les fenêtres du collège, c'est des Granges qui arrive, avec sa suite, en huit carrosses. Les deux procureurs des Nations de France et de Normandie, avec le syndic et le questeur de l'Université vont le recevoir à la porte du collège et le conduisent à la salle académique. En avant marchent quatre hérauts d'armes vêtus de longs vêtements noirs, recouverts d'une cotte de velours semée de lys d'or, l'un portant une clef d'argent, les trois autres des verges ou baguettes garnies de glands de

soie; après eux viennent les quatre députés de l'Université, accompagnant le maître des cérémonies. Celui-ci est enveloppé d'un grand manteau noir, traînant à terre; à sa main gauche, il tient son chapeau carré et, à la main droite, une canne noire à bouts d'ivoire. Derrière lui suivent vingtquatre jurés crieurs en robe noire, portant sur la poitrine et sur le dos l'image du prince défunt, et, dans leurs mains, des clochettes d'argent. Le maitre des cérémonies et sa suite saluent le Recteur et l'assemblée, qui rendent le salut en restant assis. Des Granges prend place sur le siège qui lui a été préparé, se couvre et présente la lettre du roi, adressée à l'Université. Le greffier la reçoit et la porte au Recteur qui lit à haute voix la suscription : « A nos très chers et bien aimez les Recteur, docteurs, régents et suppôts de nostre fille aînée V Université de Paris », puis il tend la lettre au greffier, qui en donne lecture à l'assemblée : « De par le roi, très chers et « bien aimez, voulant rendre à la mémoire de notre très cher et « très aimé cousin, le prince de Condé, les honneurs que sa « qualité, son rang et la proximité du sang peuvent désirer de « Nous, Nous voulons que Nos cours assistent au service qui « sera fait pour le repos de son àme dans l'Église de Paris. « Et Nous vous demandons de vous y trouver au jour et à « l'heure que le Grand Haistre ou le Haistre des cérémonies « vous dira de Nostre part. Si n'y faites faute, car tel est « Nostre plaisir. »

Donné à Harly, le 24 août 1709.

Signé : Louis, — contresigné : Philippeaux.

Après la lecture de cette lettre, le Maître des cérémonies fait signe de sa canne aux hérauts d'armes d'exécuter ses ordres et aussitôt le premier juré crieur dit à haute voix : Jurés crieurs faites vos charges! Ceux-ci agitent leurs clochettes assez longtemps, font une pause et sonnent une seconde fois. Le juré reprend à haute voix, en s'adressant à l'assemblée : « Messieurs, priez Dieu pour l'âme de très haut, très puissant et très magnanime prince, Monseigneur Henri, Jules de Bourbon, prince de Condé, premier prince du sang, premier

pair et grand maître de France. ■ Il répète encore la même formule en omettant le mot Messieurs; les jurés crieurs agitent une troisième fois leurs clochettes, et le premier juré reprend : • Pour l'âme duquel l'on fera les services et les

• prières en l'Église de Paris, demain à trois heures de re-

• levée. L'on dira Vêpres et Vigiles des morts, et le lende-

■ main, à dix heures du malin, sera célébré son service so-

■ lennel. » Le Recteur répond an Maître des cérémonies que l'Université obéira au roi. Le Maître des cérémonies se lève, salue le corps académique et s'en va, accompagné des quatre députés qui étaient venus le prendre et qui le reconduisent à sa voilure. Le Recleur fait remarquer, avant de se retirer, que le héraut avait dit : Messieurs et non : Nobles et Scientifiques Personnes, selon la formule traditionnelle.

Réception dee Membm de la Le semicnL deTjmt le* roi» de France

Nation de Normandie. et d'Angleterre.

Le jeudi 29 août avait lieu la cérémonie à Notre-Dame. Le corps universitaire se rassemble le matin a l'Ecole de médecine, située alors rue de la Bûcherie1, en face la cathédrale.

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