‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 101 sur 355 · Arch. nat., S · texte numérisé non relu

Arch. nat., S

Me Arthur Fillon, chanoine et curé de Saint-Maclou de Rouen, grand vicaire du cardinal d'Amboise, et ensuite évèque de Senlis1.

Faute d'autre document, nous ne pouvons que mentionner quelques événements de l'époque qui se rattachent au provisorat de G. Duchesne. L'un des plus graves fut certainement le désastre de Pa vie (1525). La nouvelle de la captivité de François Ier causa une émotion indicible à Paris; on se crut un instant revenu aux tristes jours de Poitiers et de la prise du roi Jean. Aussitôt l'Université, s'associant à la douleur commune, s'empressa d'ordonner des prières publiques dans tous les collèges pour intéresser le Ciel au salut de la France et à la délivrance de son cher. Cependant, malgré les efforts de la régente et de ses ministres pour maintenir Tordre dans la ville, les esprits turbulents cherchaient à profiter des embarras du gouvernement pour fomenter des séditions. Tout leur servait de prétexte. Or, les écoliers de l'Université avaient conservé la tradition des représentations burlesques à l'occasion de la Fête des Rois ou de l'Epiphanie. On les tolérait encore, à la condition de se renfermer dan3 l'enceinte des collèges, et de ne pas y mêler d'allusions blessantes pour le pouvoir ou pour leurs maîtres. Mais, dans les circonstances difficiles où Ton se trouvait, n'étail-il pas à craindre qu'un mot un peu trop libre à l'adresse de la duchesse d'Angoulême, dont les mœurs étaient fort décriées, ou de son entourage, non moins impopulaire, ne provoquât quelque désordre, en arrivant des lèvres des écoliers aux oreilles d'une foule que le mécontentement disposait à la révolte? N'aurait-il pas été aussi d'une haute inconvenance de se livrer à des bouffonneries à l'intérieur des collèges, quand les divertissements publics étaient défendus à cause du deuil national ? Le Parlement, qui veillait à la sécurité de Paris, le crut ainsi, et voilà pourquoi, à la fin de Tannée 1525, il fit signifier au Recteur, au Chancelier de Notre-Dame et aux principaux de tous les collèges, « de ne laisser jouer par les

1. Pommeraye, Hist. de la Cathédrale de Rouen, liv. Il, cb. xx.

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écoliers, dit Félibien*, aucunes farces, momeries et sottise» à la Feste des Roys prochaine, afin d'éviter que la malignité n'abusa s t de la liberté de ces jeux pour semer quelques discours qui auraient de mauvaises suites ». Notons que le Recteur, alors en charge, s'appelait Jean Gibouyn et appartenait au collège d'HARCouRT, collegii Harcuriani, dit du Boulay*. C'était le sixième Recteur qu'il donnait à l'Université -depuis sa fondation. Voilà comment les soties furent défendues dans les collèges; mais on aimait trop alors les divertissements scéniques pour y renoncer entièrement. Nous verrons plus tard, et en particulier au collège d'HARcouRT, que les écoliers s'y adonneront de nouveau. Les pièces perdront seulement leur caractère bouffon et grossier, pour prendre une forme régulière et classique, et les représentations auront lieu, non plus à la Fête des Rois, mais à la fin de l'année scolaire.

Notons enfin, en 1526, la visite solennelle de l'Université au Pré-aux-Clercs, qui subit cette année une heureuse modification. On appelait alors Seigneurie du Pré-aux-Clercs une longue bande de terrain située hors des murs de Paris, qui commençait aux environs du Pont-Neuf à la hauteur de la rue de Seine, longeait les murs de l'abbaye de Saint-Germ aindes-Prés, suivait la rue du Colombier [rue Jacob) et embrassait, dans son étendue, à peu près tout l'espace compris aujourd'hui entre le boulevard Saint-Germain et la Seine jusqu'aux Invalides. La rue actuelle de l'Université traverse la plus grande partie de ce terrain, qui était divisé en petit et grand Pré-aux-Clercs, par un canal allant de la Seine aux fossés de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés dans la direction de la rue Bonaparte*. L'Université possédait ce domaine de temps

1. D. Fôlibien, Hist. de la Ville de Paris, t. II, p. 728 et 974. — V. aussi du Boulay, t. VI, p. 186, et Crévier, t. V, p. 191, dans leurs Histoires de V Université,

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