Arch. naU, S. 6443, liasse
Etienne le Roux, docteur régent en la Fatuité de Théologie,
proviseur du collège (THarcourt.
Élienne Chevallier, procureur (des théologiens). Jean de la Fosse, docteur en théologie, prieur. Jean Alain, docteur, principal.
Nicolas Duquesnoy, procureur (des Ar tiens).
Les bacheliers :
Jacques Muldrac. Jean de Bische.
Jacques Avril. Claude Lecoq.
Jean Michel. Jean de Lacourt.
Pierre Michel. Hector Riveran.
Guillaume Michel. Claude Hubert.
Jean Falaise. Olivier de Quittbbeuf.
Julien Ravallet.
Les Artiens :
Joachim Langlois. Pierre Noël.
Jean Lebrun. Simon Maurice.
Philippe Dias. Jhérosme Gérard.
Loys Guilbert. Antoine Delisle.
Pierre Heuze. Jean de Quittebeuf.
Ambroise Maillard. Richard Hervieux.
A cette époque, une certaine émotion se manifestait parmi les écoliers de l'Université, causée par les commencements du protestantisme et les tumultes du Pre-aux-Clercs. Calvin venait de publier à Bale son Institution chrétienne (i$ZS)t qui ne faisait guère que reproduire, en les aggravant, les erreurs de Luther, mais qui les accréditait en France, grâce à la remarquable latinité de l'auteur et à l'étendue de ses connaissances. H avait été élevé à Montaigu, presque en môme temps qu'Érasme et Rabelais, ces deux impitoyables railleurs des travers et des abus de leur siècle. Ainsi, la jeunesse des écoles, déjà troublée dans ses pratiques religieuses par les Colloques du chanoine de Rotterdam, était encore menacée dans sa foi par les Institutions du novateur de Noyou. Plusieurs propositions suspectes avaient été soutenues dans les chaires de Paris. Il était temps d'arrêter le mal. C'est pourquoi, en 1543, la faculté de théologie, -non contente de condamner le
livre de Calvin, oblige ses gradués à signer une exposition de la foi orthodoxe en vingt-neuf articles et l'impose dans les collèges aux étudiants en arts qui veulent suivre des cours théologiques1.
Mais ce qui se passa au Pré-aux-Clercs, de 1548 à 1557, mit bien davantage en émoi l'Université. Nous avons dit plus haut que les écoliers des collèges venaient en cet endroit prendre leurs ébats à certains jours de la semaine, et que l'abbaye de Saint-Germain -des-Prés avait parfois élevé des prétentions sur ce domaine ; de là l'usage de la visite du Recteur au Pré-aux-Clercs pour affirmer les droits de l'Université. Or, en 1548, les écoliers jouaient en cet endroit, lorsque le prévôt et le lieutenant criminel, avec leurs sergents et leurs archers, les enveloppèrent, s'emparèrent de leurs vêtements et blessèrent grièvement l'un d'eux, le tout sous prétexte que, la veille, des charretiers de l'abbaye avaient été maltraités au même lieu. Le lendemain, 4 juillet, les écoliers, « animez, « dit du Breul, par le séditieux conseil de Ramus ou « Pierre la Ramée, principal du collège de Presles', « posent des placards aux carrefours, rues et portes des plus
• fameux collèges de l'Université, admonestants tous les esco-
• tiers de se trouver en bon équipage et avec armes de défence
• à leur Pré, sur les deux heures 'après midy, comme ils « firent : leur premier assault fut contre le clos des moines,
• où ils firent plusieurs brèches, rompirent les arbres frui- - tiers et les treilles qui estoient aux environs et arrachèrent « les ceps de vigne. Ils en firent autant au jardin de maistre « Charles Thomas, conseiller au grand conseil, et à d'au- « très. Au soir ils se retirèrent en forme de bataille, porlans « en leurs mains des ceps de vignes ou partie des arbres
1. Du Boulay, Hist. Univ. Paris., t. VI, p. 381. — Crôvier, Ilist. de V Univ., t. VI, p. 385.
2. Ce collège, connu aussi sous le nom de collège de Soissoxs, avait été fondé par Raoul de Presles, clerc du roi Philippe le Bel, en 1314. Il était situé dans la rue des Carmes, et, il se réunit au collège de Beauvais, en 1597, puis s'en sépara en 1699, quand Rollin devint principal du collège de Beauvais. V. la belle étude consacrée à ces collèges par le P. Chapotin, Le Collège Dorrnans- Beauvais.
* rompus, pour trophées de la victoire, et les bruslèrent « devant Sainte-Geneviesve-du-Mont, tanquam gratum Deo « sacrificium offerentes. J'en parle comme d'une personne « qui y estait, turbam ad malum sequutus* » Du Breul était alors écolier de l'Université, et, il participa au pillage de l'abbaye où il entrera plus tard comme religieux. Quant au rôle de Ramus dans celte affaire, il est contesté par un historien de son parti4; mais s'il ne fit pas un discours pour provoquer l'émeute, il n'y fut point étranger par ses invectives continuelles contre les moines el la scolastique.
L'affaire n'en resta pas là : les moines de Saint-Germain portèrent plainte au Parlement, tandis que l'Université, pour prévenir l'opinion en sa faveur, entretenait des rassemble* ments au Pré-adx-Clercs, dans lesquels des professeurs, entre autres Pierre Galland, principal du collège de Boncourt2, haranguaient la jeunesse. La cause fut plaidée le 9 juillet. Ryant, l'avocat de l'Université, ne manqua pas de rappeler que le Prk-àcx-Clercs était une donation de Charlemagne à la Fille aînée des rois. Celle-ci obtient gain de cause, et la Cour décide que le grand et le petit Pré-aux-Clercs resteraient en la possession de l'Université, l'autorisant à faire démolir ce qui avait été bâti sur cet emplacement, « de façon
* que la spatiation que les escholiers doivent y avoir soit ré- « tablie, et fait défense aux sergents du Chastelet et aux gens « du prévost de les empescher d'y prendre leurs esbats3 ».
Les écoliers prirent si bien leurs ébats qu'ils dépassèrent loule mesure en 1557. Comme le racontent les historiens de Paris el de l'Université, de nouvelles attaques de leur part contre les maisons bâties sur le Pré-aux-Clercs, furent repoussées à coups de fusil. Il y eut plusieurs victimes. Il n'en
1. Ch. Waddington, Ramus, sa viey ses écrits et ses opinions, p. 69.
2. Le collège de Boncourt, fondé en 1353 par le chevalier Pierre Becond, était des plus florissants au xvie siècle. (V. Grôvier.) Il fut réuni en 1638 au collège de Navarre, dont il était yoisin, rue de la Montagnc-Sainte-GenevièYe. V. notre plan de V Université de Paris,