Crôvier, Hist. de rUniv., t. VI, p
2. On appelait ainsi un acte préparatoire à la licence, une des trois thèses qu'il fallait soutenir de huit heures du matin à six heures du soir, sans désemparer.
meuraient, en même temps que le doyen de la Faculté de Théologie, Nicolas Maillard, et quatre docteurs étaient mandés au Parlement. Le président de Thon fit comparaître Tanquerel, qui reconnut le Tait et signa une rétractation, dans laquelle il protestait de son obéissance et de son dévouement au roi. Quand il sortit, il s'empressa de disparaître, ce qui a fait douter de sa sincérité, dit Crévier. Il est plus simple de croire qu'il eut peur d'être repris et de payer cher les audaces de sa thèse. Le doyen Maillard elles docteurs cités avec lui, parmi lesquels se trouvait le principal du collège d'HiRCouRT, Jean Alain, furent vivement blâmés par l'avocat général Daumesnil, d'avoir laissé passer une maxime aussi dangereuse pour le pouvoir royal, à l'époque troublée où l'on se trouvait. Celui-ci conclut en leur déclarant qu'il aurait sévi contre eux, si le roi et son conseil n'avaient voulu traiter avec clémence une faculté qui a toujours tenu en France un rang distingué. Nicolas Maillard chercha à disculper sa compagnie de la négligence ou delà complicité qu'on lui attribuait dans celte affaire; mais, dit Crevier, il le fit en des lermes qui auraient pu lui attirer une nouvelle réprimande. Le proviseur d'HARcourt observa, en effet, qu'il ne fallait pas ajouter foi à tout ce que l'on avait dit de la thèse de Tanquerel, et que, d'ailleurs, la question de la suprématie de la papauté sur les couronnes étant controversée, on pouvait soutenir le pour et le contre sans cesser pour cela d'être les très humbles et très obéissants serviteurs et sujets du roi. Il termina en se disant prêt à se rendre à la Cour pour le témoigner à Sa Majesté. Le Parlement n'insista pas, mais il exigea une réparation solennelle, et le président de Thon, accompagné de ses assesseurs, vint à la Sorbonne, et là, en présence du doyen, des docteurs et des bacheliers en théologie, au nombre de cinquante, le bedeau de la Faculté dut prononcer, au nom de Tanquerel absent, une formule de rétractation qui désavouait la proposition de la thèse du 6 novembre. La cérémonie se termina par la notification d'un arrêt du Parlement, qui condamnait à une amende de cent marcs d'or et à la perte de ses privilèges quiconque la soutiendrait de nouveau. Si nous rapprochons l'affaire de
cette thèse et l'attitude de Nicolas Maillard dans cette circonstance, de ses paroles au concile de Trente sur l'autorité suprême du souverain pontife, nous pouvons en conclure que la Faculté de Théologie, et son doyen en particulier, étaient alors favorables aux doctrines romaines du pouvoir des papes sur le temporel des rois, doctrines qui seront soutenues quinze ans plus tard, au temps de la Ligue1. Comme l'a dit un historien, « le problème était clairement indiqué. La Ligue, les « décrets de la Sorbonne, les traités subversifs et les sermons « incendiaires des Boucher et des Rose en furent la solu- « tion affirmative. Quand on pose des questions si nettement « en temps de révolution, c'est que l'époque n'est pas loin « où les événements, bien ou mal, les résoudront8. » La Ligue aura donc eu des précurseurs au collège d'HARcouRT. Nous retrouvons encore Nicolas Maillard, en 1562, défendant contre les protestants le culte de vénération rendu de tout temps par l'Église aux images de la croix et des saints. Il réussit à empêcher dans l'assemblée de Saint-Germain du 14 février un vote favorable aux erreurs iconoclastes de Théodore de Bèze, non moins dangereuses pour le dogme que pour l'art chrétien1.
Quoi qu'il en soit de cette affaire, pendant que Nicolas Maillard était au concile de Trente, le collège fut administré par le principal Jean Alain, que le proviseur avait constitué comme son substitut, ainsi que le disent nos facturas harcuriens. Ils ajoutent qu'il n'avait pas voulu recourir aux bons offices du prieur dé la communauté, soit parce que celui-ci changeait tous les ans, soit parce que, n'étant que boursier, il n'avait pas assez d'autorité sur ses compagnons pour gouverner la maison en son absence. Voici, d'ailleurs, le texte de la délibération qui eut lieu à ce sujet, avant le départ de Nicolas Maillard; il nous m on Ire de quelle autorité jouis-