Lettres, liv. XVI, t. II, p
2. A. Douarche, L'Université de Paris et les Jésuites, p. 98. V. aussi P. Robiquet, Paris et la Ligue, ch. iv-vii.
« Ton vit pour la première Fois un Recteur, Jean Ion, con- « tinuer pendant neuf mois, parce qu'il ne trouvait personne « qui voulût le relever. Tout bien languissait dans l'Uni ver- « site, les exercices qui tendent à former l'esprit et le cœur « de la jeunesse, ne se soutenaient plus. L'esprit de sédition « était le seul signe de vie que donnât, non pas le corps, « mais un trop grand nombre de particuliers : du reste tout « était mort1. » Mais rien n'égale sous ce rapport la peinture de la situation de renseignement au temps de la Ligue retracée dans la harangue du Recteur Roze, que nous empruntons h la Satyre Menippée :
L'Université de Paris, dit-il, vous remonstre en toute observance, que depuis ses cunabules et primordes (berceau et commencements), elle n'a point été si bien morigénée, si modeste et si paisible qu'elle est maintenant par la grâce et faveur de vous autres, messieurs. Car au lieu que nous soûlions {avions coutume) veoir tant de fripons, fripon niers, juppins, galoches, marmitons, et autres sortes de gens malfaisants courir le pavé, tirer la laine et quereller les ros tisseurs de Petit-Pont, vous ne voyez plus personne de telles gens parmi les collèges : tous les supposts qui tumultuaient pour les brigues de licences ne paraissent plus : on ne joue plus de ces jeux scandaleux et satyres mordantes aux esenaffauts des collèges, et y voyez une belle reformation, s'esta nt tous les jeunes regens retirez qui vouloyent monstrer à l'envy qu'ils àavoyent plus de grec et de latin que les autres. Ces factions de maistres es arts, où l'on se b a toit à coups de bourlet et de chaperon, sont cessées, tous ces escholiers de bonne maison, grands
et petits, ont faict gille (ont fui) Les professeurs publics qui
esloyent tous royaux et politiques, ne nous viennent plus rompre la teste de leurs harangues, et de leurs congrégations aux trois évesques, ils se sont mis à faire l'alquemie chacun chez soy; bref tout est coy et paisible, et vous diray bien plus, jadis du temps des politiques et hérétiques Ramus, Galandius et Turnebius, nul ne faisoit profession des lettres qu'il n'eust de longue main et à grands fraiz estudié, et acquis des arts et sciences en nos collèges et passé par tous les degrez de la discipline scholastique. Mais maintenant par le moyen de vous autres messieurs, et la vertu de la saincte Union et "principalement par vos coups du ciel, monsieur le lieutenant, les beurriers et beurrières de Vanves, les ruffiens de Montrouge et de Vaugirard, les vignerons de Sainct- Cloud, les carreleurs de Villejuifve et autres cantons catholiques