Bib. nat., factum R., p
qui a fail dire à Estienne Pasquier : « Quand je me remets « devant les yeux tout ce qui s'est passé en France depuis le « mois de mars 1585, je ne pense pas qu'entre les histoires « tant anciennes que modernes il y en ait jamais eu une plus « prodigieuse que celle-ci1. > Pendant que les protestants suivaient à la victoire le panache blanc du roi de Navarre, les catholiques organisaient la Sainte Union et marchaient sous la conduite du duc de Guise. La Ligue, établie dans les provinces, avait son centre à Paris et il était bien difficile de se soustraire à son influence. L'Université de Paris fut dominée de bonne heure par les Seize qui, après avoir chassé les docteurs récalcitrants, poussèrent la Sorbonne à rendre des sentences favorables à leurs entreprises contre la royauté. C'est ainsi que la Faculté de Théologie qui, déjà, en 1561, avait laissé soutenir les propositions avancées de Tanquerel, formula, en 1589, ces deux déclarations : 1° que le peuple du royaume était délié du serment prêté au roi Henri III; 2° que le peuple pouvait en sûreté de conscience s'armer contre lui pour la défense de la religion.
Bientôt une troisième déclaration s'ajouta aux précédentes, en 1590; elle disait en substance que les Français sont tenus en conscience d'empêcher de tout leur pouvoir Henri de Bourbon de parvenir au trône, même au cas où il rentrerait au sein de l'Église, parce qu'alors « il y aurait danger de feintise et perfidie2. » Ces doctrines subversives passèrent des facultés aux collèges, et après la Journée des Barricades, inaugurée par celles que construisirent les écoliers à la place Maubert, et suivie de la fuite du roi, elles mirent la confusion dans les écoles, « L'autorité royale, dit Crévier, étant anéan- « tie dans Paris, le trouble et la confusion s'emparèrent de « la ville et l'Université ne pouvait manquer de s'en ressentir. * Le rectorat était devenu une place orageuse, dont on crai- « gnail le danger. Chacun souhaitait d'y dérober sa tête et