‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 150 sur 355 · Bib. de la Sorb., U. 132, n° 7, p · texte numérisé non relu

Bib. de la Sorb., U. 132, n° 7, p

lumulle, il envoya le lieutenant civil et le procureur du roi au Châtelet présider à l'élection. Ce fut Jean Ion, dont nous avons déjà parlé plus haut, que Ton choisit à la place de Nepveu1. Celui-ci n'allait pas tarder à essuyer une autre disgrâce.

En effet, Henri IV venait de pacifier la France par le fameux Edit de Nantes et il s'occupait de la réforme de l'Université. En attendant l'élaboration définitive du nouveau plan d'études qu'il voulait lui appliquer, on procéda à l'épuration des universitaires trop compromis dans les troubles de la Ligue. De ce nombre fut le proviseur d'IlARcouRT, Raoul Nepveu. En 1598, Jean du Vivier, chancelier de Notre- Dame, Charles Lerouge, recteur de l'Université, et Jean Tourneroche, 9yndic de la Faculté de théologie, furent députés par le Parlement en qualité de supérieurs et réformateurs du collège d'HARcouRT, pour procéder selon les formes à la déposition de Nepveu et à l'élection de son successeur.

Le procès-verbal de cette déposition, conservé dans les archives de l'Université, nous apprend que le ligueur Nepveu refusa de se soumettre à la sentence qui le frappait. N'ayant pas voulu céder aux injonctions répétées du prieur Picquelin qui lui enjoignait de se retirer, les boursiers électeurs s'en allèrent délibérer dans une autre salle contiguê à la chapelle, où ils s'enfermèrent. Mais alors de nouveaux incidents se produisirent. Le boursier Legot forma opposition à l'élection d'un autre proviseur, puis on s'aperçut que l'on n'était pas en nombre, trois des grands boursiers manquaient. Trois autres boursiers furent désignés ^pour les remplacer et, aussitôt introduits, on procéda à l'élection. Après le chant du Vent ereator, pour invoquer l'assistance du Saint-Esprit, le prieur exhorta les boursiers à choisir un homme recommandable par sa sagesse, sa science et son honorabilité. Les suffrages se portèrent sur la personne de Georges Turgot, mais non sans rencontrer l'opposition des deux boursiers Legot et

1. Du Boulay, Hist. Univ. Paris., t. VI, p. 896. — Crévier, Hisu de VUniv.t t. VII, p. 22.

Papavoyne. La majorité était acquise à Turgot qui Tut proclamé proviseur à la place de Nepveu. Aussitôt après, le Chancelier de l'Université Jean du Vivier, assisté du Recteur Lerouge et du syndic Tourneroche, par mandement spécial confirma l'élection et chargea le plus ancien boursier de mettre le nouveau proviseur en possession corporalis, redits et aclualis de sa charge, suivant le cérémonial accoutumé.

Quel était ce cérémonial? Il consistait à recevoir l'élu à l'entrée de la chapelle avec aspersion de l'eau bénite, à le conduire devant le mailre-autel où il récitait à genoux certaines prières, puis baisait l'autel. De là on le menait au siège d'honneur réservé, à droite, aux proviseurs et on l'y faisait asseoir; il recevait les clefs de la maison, touchait la porte principale et sonnait, en passant, la cloche de la communauté. La cérémonie se terminait, en signe de joie, par le chant du Te Deum et l'un des boursiers déclarait à haute voix devant les assistants que la prise de possession était accomplie4.

1. Bibl. de la Sorb., Arch. de F Université, car t. 16. Voir cette pièce aux documents annexes.

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