Taranne, Journal de l'Jmt. pubL
Luitprand, etc., etc. Ce résumé d'histoire universelle marquait certainement un progrès dans l'enseignement de cette science au commencement du xvn* siècle.
Nous avons encore de Grangier, à l'état de manuscrit, un traité intitulé : De magistratibus et praefecturis Franco- Gallorum liber singularisa qui fut professé au Collège royal, en 1620. Le roi, la reine, les princes, la pairie, les dignitaires, les charges et offices de la cour, la noblesse, les ministères, le Parlement et les diverses cours de justice sont successivement passés en revue, de manière à nous donner une idée de la haute administration française au temps de Grangier4. Il se signala aussi, ditGoujet, par plusieurs harangues latines qu'il Gt prononcer par ses disciples, comme nous l'avons vu au chapitre précédent pour Duhamel, Dans un discours du même, dédié à G. Turgot, nous lisons un bel éloge de ce proviseur et du collège d'HARCouRT. Il célèbre d'abord la piété, la prudence et les vertus de Turgot : .« Academiam ipsatn fide summa tueris, splendore tui generis ornas : pietate augustiorem, prudentia munitiorem, caeteris tuis virtutibus, quae et mullae et praeclarae sunt, venerabiliorem facis. » Puis il glorifie le collège d'HàRcouRT dont la renommée s'accroît tous les jours par une généreuse émulation que le chef de la maison inspire à ses collaborateurs : « Te si observera et diligam, quod vere et ex animo facio : tu me foveas amesque, quod generose et certatim facis, atque ex nostrorum conjunctione animorum Harcuriani collegii fama decusque quam longissime proferentur* . » J. Grangier devint, en 1611, Recteur del'Oniversité et, en 1615, il quitta Harcoubt pour diriger, en qualité de principal, le collège de Bsadvais, où il se donna beaucoup de peine pour rétablir la discipline. 11 n'y arriva pas sans exciter les réclamations et les critiques 4e se3 administrés. Un élève de rhétorique, Cyrano de Ber-
h Bib. Sainte-GeneviÔTe, F. 1. 6, in-8° de 124 pages.
2. Academiae Paris, ad amplissimum ordinem gratulatio et gratiarum actio pro causae Victoria. Il s'agit dans ce discours du nouveau différend qui avait éclaté entre l'Université et les Jésuites au sujet de leur collège.
gerac, railla même sa raideur avec esprit, sous le nom de Granger, dan* sa comédie du Pédant joué, qui a fourni à Molière deux scènes remarquables des Fourberies de Scapin. En 1617, il fut nommé professeur d'éloquence au Collège royal. Il y succédait à Théodore Harcile qui avait aussi enseigné à Harcoort. Jean Horel, principal du collège de Reims, a fait son éloge en vers latins. Nous en citons ce passage :
Vere Regius es professor, aurum Spargens missile e regia cathedra, Oazam pectore et ore Tullianam.
Nemo te sapientius juyentam Rexit, nec meruit docens quotannis Quisquam discipulos habere plures.
In rébus tibi mens sagax agendis, ^Ëtas nulla magis laboriosum Te Yidit, neque diligentiorem.
Nomen Grangerii est célèbre nomen-1.
Jean Guenon était du diocèse de Coutances et boursier du collège d'HARcoimT, en 1615. Peu de temps après , il fut choisi par le proviseur Turgot pour y exercer la charge de principal et nous le voyons,, à ce titre, présider aux exercices des classes de philosophie et d'humanités. En 1620, G. Turgot le destitua et fit approuver cette mesure par le Parlement2. Hais nous n'en connaissons pas le motif.
Jean Aubert, ancien boursier d'HARCouRT, fut fait principal du collège à la place de J. Guenon, et occupa cette charge quinze mois « pendant lesquels, disent nos facturas, il reçut les appointements et jouit des logements que H. Turgot lui avait assignés. » On le traite aussi d'ornatissimo viro et, en effet, sa carrière fut des plus brillantes. Ami de Grangier, il est appelé, par lui, en 1620, pour enseigner la rhétorique au collège de Beauvais dont il était devenu le principal, puis au collège de Càlvi, en 1622'. Sa réputation grandit telle-