Gh. Jourdain, Hist. de l'Univ., t. Ier, p
On constata cependant dans plusieurs petits collèges des abus et des désordres qui inspirèrent au cardinal de Richelieu le projet de réduire à quatre ou cinq établissements les quarante collèges de Paris. Mais ce projet ne recevra un commence* ment d'exécution qu'après l'expulsion des jésuites, sous Louis XV.
En 1647, Armand Gaston de Roban, évèque de Tibéhiids, coadjuleur de Strasbourg, venait au collège d'HiRcourt, a l'occasion d'un acte public qui lui était dédié et un poète de la maison invitait ainsi les élèves à recevoir leur protecteur ;
Ite, ita sacro nobilia otmam Patri, JuTentuB, currite, currite.
HarcurinDM g au de t aides Ma g ni fi eu e reercarc prince ps.
A la même date, nous citerons encore les vers de Michel Laisné, de Coutahces, boursier du collège d'HiRcouRT, qui célèbre l'enseignement de la philosophie donné dans celte maison.
Hic résonant Musse, Tictrixque opulenlia linguie, Hic nova Pallia adest, aller Aristoteka ;
Ergo, domus felix, quis te neget esse Lyceumï Quis Phœbi templum, palladiumque tuorum*
L'auteur consacre ensuite à la louange de la philosophie deux cents vers, qu'il appelle un Pëan en son honneur. Mous en détachons ces passages :
Harcurione aooat victrii sapientia Templo? Aut plusquam humanis mundi miracula verdis AJter Aristoteles pandit, rerique sub ala Poriolitab tutus volucri ccelesti» mente.
H*ud aliter pavidis mentis nox effugit «lia
Ad jubar Harcuriuin, atque novi lui praeiia solis
. Ch. Jourdain, Sist. île CVniv., t. 1", lit. H, chap. vu.
Ducit inoflensas per lubrica et invia mentes. Sub duce tam claro juvenis, velut Icarus al ter, Erigitur procul a terris ; atque ima perosus Alta petit, mediisque poli spatiatur in au lia : Hic varias rerum causas rimatur et ortus.
La pièce est dédiée au professeur d'éloquence DD. II. et au professeur d'humanités DD. de H.
En 1650, nous avons la visite du chancelier Séguier qui est accueilli par un compliment en vers latins du célèbre professeur de rhétorique P. Halley, ami de ce magistrat1. Pierre Halley ou Halle, après de bonnes éludes à Caes, fut attiré à Paris par le chancelier Séguier, et devint professeur de rhétorique au collège d'HaiicôuRT (1650), puis antecessor, c'est-à-dire professeur, h la Faculté de droit ou de décret (1659), qu'il releva en y établissant l'agrégation et en y faisant régner une sage discipline. Nous donnons ci-contre son portrait tiré des estampes de la Bibliothèque nationale.
Unde repentinos aensere Harcuria motus Limina? purpureainque vibrant rutilantia lucem? Quis novus ille fragor? cui plaudit heta juventua?
Ecce redit iteruin atque iterum venerabile nomen Seguerii : jungo plausus et pectoris œstura. Salve meos patrie» : salve sanctissime legum Ac sceleris vindex : Lux aima imputons aul«, Ac vidu» columen : per quem, mea Gallia, famx Nacta decus. viresque novas et fortibus aucta Consiliis
A la fin une adresse au roi où on lit :
Aurea tôt regum Soboles; o sera voluptas, 0 Regni, Ludovix, spesque decusque tui.
À la même époque nous trouvons une autre pièce de vers, qui parait également d'Halley, adressée encore au chancelier Séguier, sans doute à l'occasion de quelque spoliation dont
1. V. Goujet, Mémoire sur le Collège Royal. — 6. Périôs, La Faculté de Droit, p. 258.
HAKCOUKT-SAIKT-LOU1S. 19
Portrait du professeur Halloj.
était menacée l'Université, soit à cause des Messagerie», soit a cause du Pré-aux-Clercs. Elle est intitulée : Élégie au chancelier de. France Sêgnier, ex Hnrcuriano, c'est-à-dire imprimée a Habcmjbt.
Non ego vos patiar epoliari rebua sTitis;
Dotem ab aïia, a me plura ferelia, ait. Net aemel effatun. Quod diient antc Camœms,
Dixit idem nuper. Bis repelita placent.
Vite igitur felii Academia : vivitc Muas,
Àurea aub ta 1 1 Principe acacia llucnt. Non fera voa poathac rabiea veiabit arari
Mancipis, atque fori fertilia hydra dotia.
Puis, c'esl en 1660, une autre pièce de vers latins pour féliciter le jeune abbé J. rt'Harcourt qui venait de soutenir ses thèses générales de philosophie au collège d'H*Rcou«T. dont il était élève. Le litre en est curieux : Mon, e Gallia fugatus ab. E. E. principe cardinali duce Julio Masarino, ronqueritur de pace anno MDCLX restituta ' . Relevons seulement ce passage où l'on célèbre des victoires auxquelles nous aspirons aujourd'hui :
Aepicïs ut victor regnet Ludovieus, et Il estes Fregerit : hoc nostri pignua amoris babes,
Pêne puer, duce te, ticit eertaniine Belga* Et de Thtutonibus multa Irophiea tulil.
Tester et Harcurium Alciden virtute tremendum * !
L'auteur de cette poésie était le boursier Jean Le François qui succédera au proviseur Fortin.
Toutefois la poésie française n'élait pas bannie de ces solennités de famille, car nous trouvons un sonnet qui prouve que l'on ne punissait plus du fouet les élèves qui manquaient à la consigne de parler latin. Le voici dans sa simplicité et son orthographe du temps, tel qu'il fut adressé au professeur des Aaberis, qui enseigna, comme nous
t. Il a'agit du traité des Pyrenccs conclu en 1659, qui fut te couron ne meut de la carrière de Maiarin. 2. Bib. de ta V. de Paria, aérie 57.
l'avons vu, la philosophie au collège cTHarcourt (1665), puis au Collège royal*.
Sonnet au professeur des Auberis.
Beau soleil des esprits, flambeau de cette vie, Par tes divins rayons, nos stériles esprits Se sentans eschauffez et fertiles en fruicts, Sont emportez au ciel par ta chaste Uranie.
Canal par où du ciel, la divine ambrosie Coule dans nos esprits; astre qui les conduis A des pensera divins, et esclairant leurs nuicts, Descouvrez les beautez de la Philosophie.
Cet esprit, ce scavoir, qu'on ne peut imiter, Est un digne sujet aux doctes d'admirer, Et aux nobles esprits un digne objet d'envie.
Et l'ancienne sagesse estant dans ce séjour Pour ouvrir les secrets dont nature est remplie, Emprunterait ta science et tou grave discours3.
Les grandes qualités de P. Padet, le succès de son enseignement, sa situation au collège d'IÏARcouRT, l'avaient signalé à l'attention de l'Université. Il fui choisi, en 1622, pour exercer les hautes fonctions de Recteur et il s'en acquitta aux applaudissements de la corporation. C'était au moins le vingtdeuxième Recteur fourni par le collège d'HARcouirr. Il fur, dit Ch. Jourdain, l'un des plus vigilants défenseurs des droits de l'Université, en lui signalant le coup dont elle était menacée par les Barnabites qui, à l'instar des Jésuites, voulaient fonder un collège à Paris et y tenir des classes. Un procès fut immédiatement intenté à cette congrégation et, en 1635, le Parlement donna gain de cause à l'Université qui obtint que les Barnabites s'engageraient à « ne tenir collège ni escole et à ne faire de leçons de quelque science que ce fust, à autres qu'à ceux de leur ordre à Paris et ailleurs1 ><.
C'est aussi au Recteur Padet que revient l'honneur d'avoir, en 1622, terminé le procès que l'Université soutenait depuis