‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 175 sur 355 · Gui Patin, Lettre du 6 février · texte numérisé non relu

Gui Patin, Lettre du 6 février

2. Ch. Jourdain, HUt. de l'Univ., i. 1% p. 303. — Arch. Nat., M. M. 453.

déterminé à renoncer à l'enseignement dans son collège, et ne se rendit qu'à ses pressantes instances. Au Collège Royal, il exposa la philosophie de Platon, qu'il possédait parfaitement, dit Goujet, et jusqu'à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, il enseigna avec le plus grand succès1.

P. Padet ne fut pas seulement un administrateur remarquable et un homme de grand savoir, il devint encore, pour la maison d'HARCOURT, un de ses plus insignes bienfaiteurs par les nombreuses fondations dont il l'enrichit, au point qu'on l'appela le second fondateur du collège.

Son exemple encouragea sans doute d'autres bienfaiteurs, car nous voyons de 1630 à 1665 un grand nombre de fondations qui viennent s'ajouter aux siennes. Ainsi de 1630 à 1650, il y a six contrats passés devant les notaires au Ghàtelet S.Vaast et Boucaut, par lesquels Me Jean Rouxel donne aux boursiers neuf mille livres pour fonder des oints et une bourse à la nomination de ses héritiers. Avec une partie de celte somme on bâtit des maisons sur la rue des Fossés- Monsieur- le-Prince et on paye ce que l'on devait encore pour l'acquisition de Y lié tel dAuxerre. Ce qui reste est employé à la construction de plusieurs corps de logis destinés aux pensionnaires. En 1637, dix mille huit cents livres sont payées en plusieurs sommes à la communauté des boursiers par les sept administrateurs des pensionnaires, dont nous avons parlé plus haut.

C'est encore, en 1638, le boursier François Coulart, bachelier en théologie, qui donne aux boursiers 1200 livres pour la fondation d'un obit et cinquante volumes in-folio pour la bibliothèque. Puis, en 1643, le portier du collège luimême qui se montre généreux. Jean le Fanconnier lègue 800 livres pour les obits du collège. En 1644, Pierre Richer, docteur en médecine, laisse par testament 648 livres pour le luminaire de la chapelle. A la même date, Robert et Nicolas Pèlerin, prêtres de Coutancks, anciens boursiers, fondent une bourse moyennant 5 975 livres.

' 1. Goujet, Mémoire sur le Collège Royal.

En 1639, le collège (I'Hahcourt céda au cardinal de Richelieu, pour la somme de 13 000 livres, un terrain qu'il possédait à côté du collège du Trésorier. Il s'agissait de dédommager celui-ci de ce qui lui était eulevé pour ouvrir la me de Richelieu en face de la Sobbowne. Dans le procès-verbal de l'approbation de ce projet, on mentionne a la suite du proviseur Fadet les noms de Nicolas Quintaine, prieur du collège, Jacques du Chevreul, principal et procureur; J. Guenon; P. Picard, professeur de quatrième; L. Picquelin; Noël Lebel; J. Trotin, professeur de cinquième; G. des Auberis, professeur de sixième; P. Lebourg, professeur de rhétorique; René Robeville, Recteur de l'Université; Thomas Fortin et Jacques Quintaine, principal des boursiers grammairiens et artistes ; ainsi que les noms du maître maçon Gazeau et du maître charpentier Duqué '.

En 1646, le roi donna au collège les fossés de la. ville avec remparts et murailles de la quatrième à la sixième tour, en venant de la porte de Buci à la porte Saint-Michel.

En 1648, Jacques du Chevreul, écuyer, sieur de Metot, bachelier en théologie, professeur an Collège Royal, principal du collège d'IlARcncRT, syndic de l'Université, donne aux boursiers 6750 livres, rapportant alors 300 livres de rente, pour fonder une bourse. En 1050, Nicolas Quintaine, boursier d'IUBcouRT et greffier de l'Université, fpnde une bourse moyennant 5 900 livres. Enfin, en 1652, le professeur Denys, ancien boursier el procureur du collège, lègue plusieurs volumes à la bibliothèque de la maison que F, Padet avait réorganisée et enrichie, comme nous le dirons au chapitre Vil.

Quant aux fondations de P. Padet, elles moulaient à une somme de plus de 65 000 livres. 11 avait donc bien relevé le collège d'Il.wicouHT, car il le laissait, à sa mort, en 1665, restauré, très augmenté dans ses bâtiments et ses revenus,

1. Arch. M., Rtç. XXVII, fol. 269. citû pur Ch. Jourdain, Jlitt.

t'! Wniv. Voir la pièce à nos Documents annexes. Vuir ausni uolru lia» de la page 06.

et, ce qui valait mieux, ramené à l'observation de ses anciens statuts. Rappelons en quelques mots leurs principales prescriptions1.

Ils plaçaient à la tête du collège un proviseur élu à vie par huit des plus anciens grands boursiers qui étaient au nombre de vingt (huit pour la théologie et douze pour les arts et la grammaire). Le proviseur choisissait et nommait lui-même, sauf avis du prieur, un principal et un sous-principal, pour l'aider dans la direction des trois communautés des théologiens, des artiens et grammairiens, et des pensionnaires du collège. Lui aussi nommait le procureur, sorle de questeur et d'économe pour la gestion financière et les dépenses matérielles, enfin un bibliothécaire, depuis que P. Padet avait établi cette charge. La nomination de ce dernier, réservée au proviseur, soulèvera plus lard des contestations de la part des boursiers. Le proviseur était assisté, dans l'administration spirituelle du collège et le maintien de la discipline, par un prieur, élu pour un an par les boursiers, qui avait l'intendance de la chapelle et du culte. C'était l'aumônier de l'époque, avec une certaine part dans l'administration qui en faisait une sorte de censeur. Son élection et le droit que lui donnait sa charge de contrôler les dépenses et les recettes du procureur, de surveiller les études, et de convoquer, à la mort du proviseur, les grands boursiers pour en choisir un autre, en feront parfois un antagoniste du chef de la maison.

Le proviseur avait droit à la jouissance d'une double bourse, d'un logement avec la nourriture, et à certains profils sur les locations des maisons appartenant au collège et sur les pensionnaires, sauf, comme nous l'avons vu, redevance au collège de 1200 ou 2000 livres.

C'était lui qui admettait ou renvoyait les boursiers, qui nommait également ou révoquait les régents ou professeurs, qui avait, en un mot, la haute main sur toute l'administration du collège, au point de vue intellectuel et disciplinaire aussi bien qu'au point de vue moral et matériel.

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