‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 192 sur 355 · A. Viaiac, Pocsït latine au siècle de Louis XIV, p. lui · texte numérisé non relu

A. Viaiac, Pocsït latine au siècle de Louis XIV, p. lui

3. Germain Boffrand, était un élève du fameux sculpteur Oirardon, l'auteur du mausolée de Richelieu à la Surbonne. Puis il étudia l'architecture sous Maniard et restaura le palais du Luiembourg, Ira-

reproduit plus haut, de nous faire une idée des constructions. Elles formaient un vasle parallélogramme, entouré de bâtiments à trois étages, surmontés de combles ou greniers. Sur la façade principale de la rue de la Harpe, une entrée monumentale, celle qui a été décrite par Piganiol de la Force, donnant accès à une grande cour au fond de laquelle se voyait la chapelle placée sous l'invocation de la sainte Vierge et de saint Louis. Au rez-de-chaussée étaient placées les classes de logique, de physique et autres, la cuisine,. les réfectoires. Au premier étage, l'appartement du proviseur auquel on accédait par un grand escalier qui portait sur sa première marche les mots Ad amphssimum rectorem, parce que souvent les proviseurs d'HARCouRT furent recteurs de l'Université ; chaque étage était desservi par des corridors sur lesquels s'ouvraient les chambres des boursiers. Chaque porte était marquée d'un numéro et à l'intérieur se trouvait une cheminée avec un modeste mobilier. Ces mêmes registres nous initient à la comptabilité fort bien tenue des procureurs. On y voit invariablement consignées en trois chapitres les dépenses ordinaires et extraordinaires, et les receltes des maisons de Paris et des domaines et fermes de province. Rien n'y est oublié, pas plus les épingles que le sel et le vinaigre. On peut comparer le prix des denrées de l'époque au chiffre d'aujourd'hui. Ainsi :

50 poulets et 50 pigeonneaux 39 livres

2 agneaux et 2 douzaines de pigeonneaux 14 livres

7 pains de sucre 36 livres1

On pourrait, avec ces comptes, faire une étude sur tous les ustensiles de ménage et la vie matérielle d'un collège au XVIIe siècle. C'est ainsi que pour la cuisine on mentionne des seaux, un tournebroche, une claie pour faire cuire des pommes, un baril d'huile, un garde-manger, des couteaux, de la vaisselle de terre qu'il faut remplacer souvent, des clian-

Tailla à la décoration de l'hôtel de Soubise, le palais actuel des Archives, et construisit un grand nombre de châteaux et de monu • mepts connus. (Deiobry et Bachelet, Dictionnaire de Biographie, <ï Histoire r etc.) 1. Arch. nat. M. M. 452, 453.

deliers, des réchauds et poêlons, grands et petits, un paillasson. Celle cuisine était dallée; on parle du cimente! dett réparations des paveurs. On puisait de l'eau à un puits voisin; il est souvent question de la corde à puits à renouveler! L'horloger venait aussi pour réparer le tournebroche dont on faisait, paraît-il, fréquent usage pour les rôtis, trois fois la semaine.

On cuisait le pain dans la maison, car, à l'article de la boulangerie, on parle de la mouture du blé porté au meunier, de la levure, des instruments nécessaires à la cuisson.

Pour la nourriture, il est question de corbeilles à pain, de fontaines à vin, de goupillon ou mesure de vin, de perçoir pour les tonneaux, de plats et d'assiettes achetés au potier d'élajn.

Nous savons aussi quel via on buvait au collège, de 1 683 a 1686, c'était du vin de Joigny, de Pioiseau, de Bourgogne. 12 muids de vin de Bourgogne coûtaient alors 774 livres et 21 livres de frais de transport. Eu 1684, il est pavé 64 livres le muid et on achète 21 muids pour 525 livres.

Il y avait des médecins attaches à la maison, puisque Padot avait bâti une infirmerie. En 1684, on payait au médecin Borcau 36 livres, puis à un autre du nom de Dimart 100 livres, sans doute suivant l'importance des soins donnés; Il y est aussi question de médicaments.

Il y avait encore cheval et voilure au collège, car on paye une selle et des ciseaux pour le cheval.

Au chapitre des gages des serviteurs, nous relevons 50 livres par an au cuisinier, en 1683. 11 lui faudra bien économiser pour imiter le cuisinier Gervais qui fonda une bourse, en 1679. On donne 34 livres a un valet de cuisine. Il y a 100 livres inscrites pour diverses rentes, pensions el gratjîica-' (tons au personnel de la maison.

Quant à la lingerie, on faisait la lessive tous les six mois. 11 y a des notes de blanchissage do 53 livres pour un mois, puis de 1 826 livres pour trois ans. Il y est parlé dans les comptes de lingerie et de blanchissage, des draps, laies d'oreiller, nappes, serviettes, mouchoirs, bas, chaussons,. petits collets,

làl

caleçons, poches aux caleçons, rubans, rabats, etc., employés alors dans l'habillement et dans le service de la maison.

Il y a enfin des frais de bibliothèque, de procès, de port de lettres, etc.1.

Parmi les divertissements en usage dans les collèges de l'Université, depuis qu'ils donnaient chez eux l'enseignement classique, les représentations dramatiques jouaient un rôle important à certaines époques de Tannée, en particulier au moment de la distribution des prix. Le collège d'HARcouRT ne manquait pas de procurer cet amusement à ses jeunes pensionnaires. J'ai pu retrouver quelques-unes de ces pièces, qui furent jouées sous le provisorat de M* Le François. En voici le résumé; on en verra les programmes aux documents

annexes*,

Nous avons déjà mentionné une tragédie d'Achille, due è Nicolas Filleul, représentée, en 1563, au collège (THarcourt. Nous savons encore qu'en 1680 on y joua le Polyeucte de Corneille, après un ballet qui avait pour sujet : Combat de V amour divin et de V amour profane. Comme le remarque l'auteur auquel nous empruntons ce renseignement, il fallait une certaine imagination pour trouver là des motifs de danse'. Il est vrai que de nos jours on a réussi à transformer cette même pièce de Polyeucte en opéra.

C'est ensuite, en 1682, à l'occasion de la distribution des prix, la tragédie chrétienne de Boëce martyr, d'un auteur inconnu, en cinq actes suivis d'un ballet en quatre parties. Le sujet est emprunté à l'historien Procope, qui rapporte que Boëce, premier ministre de Théodoric, après avoir joui de la faveur du prince, fut disgracié et mis cruellement à mort, sur les insinuations perfides de ses ennemis qui avaient excité contre lui la jalousie et les basses passions du roi des Ostrogoths. L'action se passe à Pavie, dans le palais de Théodoric.

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