LE COLLÈGE D'HARCOURT AU XVIII» SIÈCLE
(Cinquicmr siiclc litircurieii.)
Provisorat de M de la Brière de Louvancy. — Réclamation îles boursiers.— Revenus et dépenses de la communauté des pensionnaires Règlements nouveaux. - La Nation de Normandie expulsée du collège d'Harcourt. — One distribution de
Provisorat de M' Dagoiimei-. — Une querelle littéraire an sujet de l'oraison funèbre de Louis XIV. — Nouvelles visites illustres. — Un des héros de Lesage. — La tragédie i'Ai-salon. — L'enseignement laïque, yi-aïuit et Qijiiijnwir.- au XV11I' siècle. — Règlement des pensionnaires du collège d'Harcourt. — Les
Provisorat de Gilles Asselin — La tragédie de la Mon de César, offerte par Voltaire et jouée pour la première fois au collège d'Harcourt. — Les (eux d'artifice dans les collèges de Paris. — L'établissement du Concours général : lauréats du collège. - Correspondance de G. Asselin. — Un comédien salé. — Situation matérielle du collège. — Une nuit tragique.
Le proviseur Jean de la Briére de Louvancy inaugura le xvme siècle au collège d'IUncoi ht (1701-1712). Il ut né a Vins
elatlribuéau diocèse de Codtancks; nous ne savons rien autre chose sur son origine1, H avait été principal du collège sous son prédécesseur el s'était acquitté avec succès de celte fonction. Élu proviseur, comme nous le dirons plus loin, il enlrait en charge au moment où le Jansénisme renouvelait ses résistances aux condamnations de l'Église sous la l'orme déguisée du silence retpeetuewsB. D'après une solution Je eus de runsciiiwe ratifiée par un certain nombre de docleurs delà Faculté de Théologie, la secte enseignait qu'il suffisait, pour être en règle, de témoigner une soumission de silence el de respect aux décisionsdu Saint-Siège. Nous mentionnons ce l'ail parce
. Moi'io-Lavallùr. Bîbliog. fît
que nous trouvons, parmi les partisans du silence respectueux, plusieurs harcuriens, entre autres EUies Dupin, ce qui ne doit pas nous étonner, si nous nous rappelons l'amitié du proviseur Fortin pour Pascal et le passage de quelques disciples de Port-Royal au collège d'HARCOURT. Dupin, issu d'une bonne famille de Normandie, en 1657, vint de bonne heure étudier à Harcodrt sous la direction de Nicolas Lair, régent de troisième, qui fut Recteur de l'Université en 1668 et 1678. Reçu maître es arts, en 1672, il entra dans l'état ecclésiastique et prit ses grades en Sorbonne. Dès lors il entreprit, à l'instar de Margnerin de la Bigne, de composer une Bibliothèque universelle des auteurs ecclésiastiques contenant l'histoire de leur vie, le catalogue, la critique et la chronologie de leurs ouvrages. Il commença, en 1686, la publication de cet immense travail, qui atteignit plus tard 58 volumes, et ouvrit à son auteur les portes du Collège Royal, en qualité de professeur de philosophie4 . Dupin et les signataires de la déclaration du silence respectueux qui ne voulurent pas se rétracter furent exilés par ordre du roi. Il fut envoyé à Chàtellerault et perdit sa chaire de philosophie. Nous savons comment les religieuses de Port-Royal-des- Champs, « pures comme des anges, mais orgueilleuses comme des démons », selon le mot bien connu, n'ayant pas voulu se soumettre à la bulle de Clément XI, furent dispersées et virent leur cloître détruit et les tombes qu'il renfermait profanées par les émissaires de Louis XIV2.
▲ ce moment aussi les doctrines de Descartes étaient l'objet des mêmes défiances et des mêmes accusations qu'au siècle précédent de la part des défenseurs d'Aristote, qui se plaisaient à les confondre avec celles de Jansénius. Parmi les professeurs de philosophie qui enseignaient le cartésianisme dans l'Université, nous en trouvons un des plus remarquables au collège d'HtRcouRT, Guillaume Dagoumer.
1. V. Goujat, Mémoire sur le Collège Royal. — Grand Diction» naire de Moreri. — Nicéron, Lebreton, Ourael, Morin-Lavallôe, etc.