‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 2 sur 355 · CE LIVRE EST DÉDIÉ · texte numérisé non relu

CE LIVRE EST DÉDIÉ

Voua comprenez bien tous comme moi, mes amis, Que le bon vioux d'Harcourt devenu Saint-Louis, S'il a perdu sou nom n'a pas perdu sa gloire.

Maurik, élève de philosophie, (Banquet de Ut Saint-Charlemaçne, 1885.)

Au moment où Ton songe à rétablir le nom fameux de V Université de Paris, il nous a paru intéressant de signaler à l'attention de ceux qui ne sont pas insensibles à ses gloires, le passé d'une illustre maison de cette Université, de l'ancien collège

d'HARCOURT.

Il y a longtemps déjà que son histoire est réclamée par les maîtres et les élèves du lycée Saint- Louis qui lui a succédé.

En 1853, M. Pierron, professeur de troisième, disait en commençant son discours pour la distribution des prix : « La maison où nous sommes n'a jamais eu d'historien; elle a pourtant son histoire », et, après en avoir lui-même retracé éloquemment les grandes lignes, il terminait par ces mots : « Un jour quelque ami du vieux temps écrira cette histoire. »

A son tour, un des présidents de Y Association amicale des anciens élèves du lycée Saint-Louis, M. Pélicier, interprétant les désirs de tous, appelait de ses vœux les plus ardents l'historien du vieux collège. Bien plus, il s'efforçait de lui préparer les voies en insérant, dès 1885, dans Y Annuaire de l'Association, un certain nombre de

documents empruntés aux anciens auteurs qui ont écrit sur le collège d'Harcourt.

En 1889, quelques factums concernant cet établissement, déjà signalés par M. Pélicier, et récemment acquis pour la Bibliothèque de l'Université, m'étaient communiqués par son bienveillant Conservateur M. de Chanlepie du Désert. En parcourant ces pièces curieuses, dont la Bibliothèque nationale ne possède que quelques doubles, nous nous sommes trouvé en présence de renseignements précieux sur certaines parties de l'histoire du collège d'Harcourt. Quelques extraits de ces mémoires lus au banquet de l'Association, en 1890, obtinrent ses suffrages et celle-ci, non contente d'applaudir à ce premier essai, voulut encore prêter son concours à une publication plus étendue. Fort de cet appui, nous nous sommes mis à l'œuvre en nous livrant aux recherches que nécessitait un pareil travail. Malgré les occupations d'un ministère que nous ne devions pas négliger, nous avons pu amasser des matériaux, rédiger des notes, grouper des faits recueillis dans les archives et les bibliothèques ou signalés par des correspondances et des communications obligeantes, former enfin un récit à peu près suivi. Sans doute, il n'est pas aussi complet que nous l'aurions souhaité; sur bien des points nous n'avons pu l'enchaîner qu'en faisant appel à l'histoire générale de l'Université, mais, après notre insuffisance, il faut en accuser la pénurie des renseignements. Nous avons été cependant assez heureux pour rencontrer un assez grand nombre de documents inédits qui nous ont permis de nous prononcer d'une manière plus précise sur

certaines questions de fondation, d'organisation et de personnel. Toutes ces pièces ne pouvant trouver place dans le corps du récit, nous avons du réunir les plus importantes à la fin de notre travail. Voulant faire revivre les gloires du collège d'Harcourt et encourager le patriotisme de la jeunesse qui fréquente le lycée Saint-Louis, nous pensons qu'on ne sera pas étonné de rencontrer, au cours de cette histoire les grandes figures de Charlemagne et de Jeanne d'Arc, cette dernière surtout dont la réhabilitation a été tout particulièrement l'œuvre des deux harcuriens Robert Cybole et Jean Boucard1. C'est pour la même raison que nous avons cherché à parler aux yeux en même temps qu'à l'esprit en introduisant dans le texte un grand nombre de plans, vues, portraits, sceaux, écussons tirés, pour la plupart, de dessins de l'époque. Si nous avons reproduit quelques traits ou documents bien connus des érudits, ceux-ci nous excuseront en faveur des lecteurs moins au courant, suivant l'adage :

Indocti discant et ament meminisse periti.

Quoique nous nous soyons efforcé d'exposer les faits, sans aucun parti-pris, d'après les textes que nous avions entre les mains, il pourra se rencontrer des inexactitudes ou des erreurs. Nous sommes prêt à les reconnaître et à les rectifier, comme nous l'avons fait au cours de ce travail, lorsque des juges compétents nous en ont si-

1. C'est aussi un ancien professeur du lycée Saint-Louis, M. J. Fabre, qui, de nos jours, par ses ouvrages (sauf certaines réserves) et par sa pièce sur Jeannt d'Arc, a été le promoteur d'une proposition de fête nationale en faveur de la Pucelle d'Orlpuns.

gnalées. C'est dire que nous accueillerons volontiers tous les renseignements complémentaires qu'il plaira à nos lecteurs de nous adresser, afin de rendre notre étude moins imparfaite.

En terminant cet avertissement, nous tenons à témoigner notre reconnaissance à tous ceux qui, de près ou de loin, ont encouragé ce travail et contribué à le mener à bonne fin.

Après l'Association des anciens élèves qui a bien voulu en prendre à sa charge la publication, nous remercions tout d'abord M. le duc d'Harcourt et M. Gréard de nous avoir fait l'insigne honneur d'en accepter la dédicace. Elle leur appartenait à chacun à un double titre : à M. le duc d'Harcourt comme descendant des fondateurs et bienfaiteur lui-même de notre Maison; à M. Gréard, comme Vice-Recteur de l'Académie de Paris et ancien professeur du lycée Saint-Louis.

Nous remercions ensuite le jeune artiste, M. G. Rochegrosse, qui, avec son grand talent et son grand cœur, n'a pas hésité à interrompre un instant ses vastes et puissantes compositions, pour dessiner Y Escholier normand de notre frontispice. Notre gratitude ira aussi à M. l'architecte Duprez pour les plans qu'il nous a si heureusement restitués, ainsi qu'à MM. Varcolier, Vaucanu, Chesneau, Laroche, élèves et lauréats des Beaux-Arts, auxquels nous devons plusieurs reproductions importantes. Les maisons Didot, Marne, Didron, Garnier et Lecrosnier ont encore droit à nos remercîments pour les dessins et les clichés qu'ils ont mis si libéralement à notre disposition.

Nous ne saurions dire maintenant combien nous sommes redevables à MM. Léopold Delisle, Si-

méon Luce, Lecoy de la Marche, Châtelain, de Mianville, Travers et aux autres savants archivistes qui nous ont aidé de leurs communications et de leurs conseils. N'oublions pas non plus d'inscrire à leur suite les noms de MM. Gasté, professeur à la Faculté des lettres de Gaen, Matinée, proviseur honoraire, Gazier, maître de conférences à la Sorbonne, Porée, correspondant du ministère des Beaux-Arts, qui ont revu avec tant de complaisance les épreuves de notre ouvrage. Remercions enfin MM. Delalain frères et les personnes attachées à leur maison pour les soins qu'ils ont donnés à notre publication.

Nous ne pouvons mieux clore cette préface qu'en rappelant les termes si bienveillants d'une lettre que vient de nous adresser M. le Proviseur du lycée Saint-Louis :

« Pour moi qui n'ai contribué que de mes vœux et de mon « amitié à la fortune de cette publication, je ne puis la laisser « paraître sans dire à mes collègues et à mes élèves le sentiment « de reconnaissance que j'éprouve pour celui qui l'a menée à « bonne fin.

<( En relisant l'histoire d'une maison qui a été dirigée par « tant d'hommes érninents, qui a fourni à notre pays tant « d'esprits supérieurs, tant d'écrivains, d'artistes, de poètes, de « soldats, tant de braves et vaillants jeunes hommes aux jours « sombres de l'épreuve, je suis fier d'être le proviseur du lycée « Saint-Louis.

« Je salue avec respect mes prédécesseurs pour tout le bien « qu'ils ont fait et je souhaite à mes successeurs de continuer u leur œuvre pour Dieu et pour la France! »

Écosson de l'ancien duché de Normandie.

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