‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 209 sur 355 · Ch. Jourdain, Hist. de VVniv., t. II, p · texte numérisé non relu

Ch. Jourdain, Hist. de VVniv., t. II, p

Le Traité des Éludes de Rollin, qui parut en 1725, signale dans l'enseignement de nouveaux progrès. Sans abandonner le latin ni le grec, la langue nationale prenait place dans les programmes classiques, l'exercice de la version l'emportait sur celui du thème, et l'histoire, négligée jusque-là, acquérait plus d'importance en ce qui concernait l'antiquité. On n'osait pas encore proposer l'histoire de France, faute de livres élémentaires sur ce sujet. La philosophie n'était plus exclusivement celle d'Aristole. Rollin n'hésitait pas a encourager l'étude de Descartes; il nous apprend qu'on lisait et expliquait ses Méditations dans les classes de philosophie. Daguumer et les autres partisans du Cartésianisme étaient bien vengés des poursuites dont ils avaient été l'objet. Enfin, ' sous le rapport de la discipline, Rollin s'élevail, comme Érasme, contre l'abus des châtiments corporels, contre le fouet, que l'on prodiguait encore trop de son temps. Si nous avons signalé ces améliorations, c'est pour en rapporter en partie l'honneur aux esprits éclairés, tel que l'était le proviseur d'HARcoiiRT, qui en avaient été les promoteurs.

Comme nous l'avons dit plus haut, G.Dagoumer se retira vers la fin de sa vie à Courbevoie. 11 quitta son collège en 1730, pour aller dans celte localité se reposer dp ses travaux. 11 avait loué une petite maison aux Pénitents du tiers ordre de saint François, qui étaient établis a Courbevoie depuis 1658, et c'est là qu'il mourut, à l'âge de 85 ans, le 15 avril 1745, ainsi que nous le constatons par l'épitaphe de son tombeau placé dans la chapelle du couvent des religieux*.

Hic jacet Guillelmus Dagoumer

Naiione Xormannus, Professions et ingénie- nobilis Philosophus, UniTersîUUs ParisiensiB non semet ■

Reclor et vindez acer ri m us.

Collegh Harcuriani primsor benencus.

Hoc in eremo optatam quietem invenit Mortuus in Christo die xv Aprilis anno reparate sal

jKtatis LÏXXV.

La Nation de Normandie voulut honorer tout particulièrement sa mémoire en Taisant les frais de ses obsèques4.

Avant de quitter le provisorat de M* Dagoumer, il convient de dire un mot du Règlement et des Exercices littéraires en usage au collège (THarcourt, à cette époque.

Au xvuie siècle on n'aurait pas pu parler de surmenage pour les jeunes pensionnaires (THarcourt : on ne se levait plus à 4 h. du matin, comme le racontait le conseiller de Mesmes au xvie siècle; c'est à 6 h. qu'on se lève en semaine, et à 7 h. le dimanche. A 6 h 1/4 la prière en commun, puis l'élude jusqu'à 7 h. 3/4, suivie du déjeuner, jentaculum. Les élèves prenaient alors tout ce qu'il leur fallait pour aller en classe à 8 h. 1/4 jusqu'à 10 h. 1/2. Us se rendaient à ce moment à la chapelle pour assister à la messe, puis se reliraient dans leurs salles pour étudier jusqu'à midi. C'était l'heure du dîner suivi de la récréation jusqu'à 1 h. 1/2. On rentrait en étude pour se préparer à la classe à 2 h. 1/4 jusqu'à 4 h. 1/2 en hiver et à 3 h. 1/4 jusqu'à 5 h. en été. Go û 1er ensuite, et nouvelle récréation d'une demi-heure, nouvelle étude jusqu'au souper à 8 h., suivi de la prière, et coucher à 9 h.

Le mercredi, congé à midi9. Le matin, après la messe, instruction religieuse, catéchisme de première communion auquel les enfants doivent apporter le Nouveau Testament, le Catéchisme , un livre de prières tel que le Diurnal de Paris.

Le samedi, après la messe : lecture des notes de la semaine, punitions et récompenses, suivant le mérite de chacun.

Le dimanche et les jours de fête : lever à 7 h.; à 7 h. 1/2 on descendait à la chapelle pour la messe avec prédication après l'Évangile; puis déjeuner, récréation; à 10 h. on se retire à la salle d'études pour travailler; à 11 h. 3/4 dîner,

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