F. Faure. Hist. de saint Louis, 1. I, p
Nous ne devons pas nous étonner maintenant qu4élevést dans un milieu si chrétien, les enfants de Jean d'Harcourt aient manifesté de bonne heure de tels sentiments de piété qu'ils se traduiront, pour plusieurs d'entre eux, par une vocation à l'état ecclésiastique ou à la vie religieuse. Trois des (ils, Robert, Raoul et Guy, se destineront au sacerdoce et arriveront à de hautes dignités dans l'Église; deux des filles, Agnès et Jeanne, se consacreront à Dieu et deviendront abbesses du monastère -royal de Longchamp. Agnès sera même formée à la vie religieuse par la fondatrice de cette abbaye célèbre, la bienheureuse Isabelle de France, sœur de saint Louis. Aussi l'oncle de celte princesse, Charles d'Anjou, roi de Sicile, demandera un jour à Agnès d'Harcourt d'écrire pour lui la vie de sa nièce, et comme Agnès mourra en odeur de sainteté en 1261, son biographe du Rocher pourra dire de son livre que « c'était la vie d'une sainte écrite par une sainte1. •
Les jeunes seigneurs d'Harcourt auraient pu embrasser la carrière des armes -et s'y distinguer comme leurs aines Richard et Jean *, mais ils préférèrent le service des autels à la vie des camps, et de bonne heure, sans doute, ils furent
L A. do la Roque, t. II, p. 1775. — D. Félibien. Hist. de Paris, p. 405.
2. Richard d'Harcourt fut fait chevalier par saint Louis pendant sa deuxième Croisade, et il mourut sans enfants, en 1269. Jean d'Harcourt, devenu le chef de la famille, se distingua, en 1285, dans la Croisade de Philippe le Hardi contre l'Aragon. Il mourut -en 1302, comme le constate son épitaphe du prieuré du Parc, où il fut enterré.
Conctis Normannis mon est damnosa Johankis Est Harcourt villae nomen coi praefuit Me, Alter Roullandus per Bascula magnificandus. Hic jacet in terra, simllem sibi vlx homo verra (tic), Quidquid pro vero dici valet ex Olivero, Hssc in eo reperies, si facta per omnia qnœres, Andax, fortis berce, constans, ad turpia seras. . Layit peccata sua Papœ gratia lata Ad Bicnlos Christe, pro te perrexerat Ute, Aquis dam redlit, jura necis Bubiit, M semé), I bina fert annus G qnoque trina In Didiini festo : plus illi tu Deos esto, Amen.
(Bib. nat. Man. lat. 13905. ^ 107, et De La Roque, t. III, p. 231 )
envoyés h l'Université de Paris qui jouissait déjà d'une grande réputation. Il s'agissait, pour eux, d'étudier en divinité et en décret, comme on disait alors, c'est-à-dire en théologie et en droit; leurs premiers maîtres de Notre-Dame du Parc ne leur suffisaient plus. Pourquoi ne nous les représenterionsnous pas, Robert et Raoul, car Guy est encore trop jeune pour les accompagner, tels que M. Lecoy de la Marche nous a décrit l'étudiant en théologie d'alors dans son bagage d'un écolier en 1347? Nous ne sommes qu'en 1260 environ, mais les modes n'ont pas dû changer beaucoup dans l'intervalle. « Monté sur son cheval à robe brune, un manteau « fait de drap tanné et de ce tissu bigarré qu'on appelait du « marbre, l'enveloppait tout entier. Il portait par-dessous • une col ar die, également marbrée ou tachetée et fourrée « d'agneau noir, une cote couleur fleur de pêcher, un blan- « cliet fourré d'agneau blanc, des chausses • fleur de vesce », ■ des houseauxou molelières, des braies, unbrayeret même « une chemise, suivant la mode nouvelle. Sa taille était « serrée par une ceinture de cuir rouge, ornée de rosettes « d'argent, à Inquelle étaient suspendus divers objets. Il « avait sur la tête deux chaperons d'étoffes différentes, mis » l'un dans l'autre, et par-dessus, un chapeau de feutre : au « côté une épée, aux talons des éperons, enfin tout l'équipe- « ment d'un fils de famille quittant, bien pourvu et bien « couvert, la maison paternelle. »
Nous pouvons croire que les deux frères descendirent, à Paris, à l'hôtel ou logis d'Harcourt, que les plus anciens plans nous montrent dans le voisinage de l'hôtel de Cluny, en face le palais des Thermes de Julien, avec lequel on l'a parfois confondu. Il est certain, en effet, que cet hôtel d'HARCouRT appartenait à la famille de ce nom, avant la fin du xiu* siècle, comme le dit de la Roque4 et en fait foi un livre de taille de 1298 f. M. Lenoir a donné une restitution de sa chapelle que nous reproduisons