‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 24 sur 355 · Hist. généalogiq.y t. III, p · texte numérisé non relu

Hist. généalogiq.y t. III, p

2. Le prieuré du Parc était important, car il comptait, en 1684, quinze religieux. Les deux bourdons de la cathédrale d'Évreux et les stalles si remarquables de l'église de Goupillières (Eure), proviennent de ce prieuré, qui disparut à la Révolution (Note de M. l'abbé Porée).

3. F. Fauro. Hist. de saint Louis, t. II, p. 553. — Gautier. La Chevalerie, p. 42. — De U Roque. Hist. généalogiq., t. III, p. 201.

Elle joignait aux grâces du corps tous les attraits d'un esprit cultivé et d'un cœur aimant :

« La dame est bêle et sage, plaisans et simple et gaie, »

pour parler le langage d'un poète de l'époque1. Elle partageait son temps entre la prière et le travail des mains, les soins à donner à ses enfants et la surveillance à exercer sur ses serviteurs, semblable à cette Berthe de Roussillon « qui Tut si bonne couturière en son temps, mais surtout si « bonne chrétienne, si simple et si loyale* ». Elle n'oubliait pas non plus les pauvres et les affligés : aussi Dom Boulenc, prieur du Parc, a pu dire de la châtelaine d'HAitcouRT qu'elle « était d'une bonté et d'une beauté incomparables3. » Notre vieil auteur a peint en ces vers naïfs la charité de la dame d'Harcourt :

En hiver temps craint la p ruine,

Tant en salle que ailleurs que à la cuisine

Sont là chauffez et repeus maintes jens,

Et en esté où la chaleur domine

Soit au matin, au soir ou quand l'on disne,

Sont bien venus riches et indigents4.

Elle avait d'ailleurs eu de généreux exemples sous les yeux dans la maison de son père, le rigide et vaillant chevalier Jean de Beaumont. Saint Louis, qui le tenait en haute estime, l'envoya au secours des habitants de Carcassonne, assiégés par les bandes albigeoises de Trancavel, fils de l'ancien vicomte de Carcassonne et de Béziers. Le chevalier Jean s'acquitta de sa mission avec succès, et força le rebelle à repasser les Pyrénées. « Il alla et chevaucha hardi- « ment en la terre des Albigeois, dit Guillaume de Nangis, « et la soumit en peu de temps au roi Louis ; dont vraiment on « peut dire de lui : Jean foule la terre en frémissant et ébahit « les gens par sa forsenerie (fureur)8. »

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