‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 268 sur 355 · Discours de M. Bochet et de M. Brame · texte numérisé non relu

Discours de M. Bochet et de M. Brame

HARCOURT-SAiNT-LOUIS. 33

enlra de bonne heure à l'École normale, devint professeur de rhétorique à Henri IV, puis professeur d'histoire quand Royer Collard créa des chaires spéciales pour cel enseignement. Appelé au collège Saint-Louis comme proviseur, en 1834, il contribua à y relever les éludes. De là il passa, à ce même litre, au collège Charlemagne. Il prit sa retraite, en 1853. par suite de dissentiments avec l'administration universitaire à l'occasion de la bifurcation des études, et se voua exclusivement à des travaux historiques en collaboration avec H. Cayx, qui fut vice-recteur de l'Académie de Paris. Parmi les ouvrages qui lui sont personnels on cite en particulier son Histoire de Henri IV (1857), qui lui valut le grand prix Gobert, et qui est encore appréciée aujourd'hui. Il était chevalier de la Légion d'honneur.

Son successeur à Saint-Louis fut M. Pollux, dit Paul Lorain (1837-1844). Né 5 Paris, en 1789, il fit ses études au lycée Charlemagne et entra à l'École normale en 1817. On l'envoya professer la rhétorique à Chinon, puis à Gluny et à Falaise. En 1823, il fut suspendu de ses fonctions par Mgr de Frayssinous pour des motifs d'un ordre politique et religieux. Réintégré en 1828, par M. de Vatimesnil, il fut nommé maître de conférences à l'Ecole normale, puis professeur de rhétorique à Louis-le-Grand (1830). Il suppléa deux ans H. J. V. Le Clerc dans sa chaire d'éloquence latine à la Sorbonne, et enfin devint proviseur du collège Saint-Louis en 1837. Nous relevons ce mot de l'un de ses anciens élèves du lycée Saint-Louis, M. Bochet, qui disait : « Je me rappelle aussi parfaitement le spirituel M. Lorain. » 11 s'occupa beaucoup d'enseignement primaire, fut chef de bureau de cel enseigne* ment sous le ministère de M. Guizot, puis nommé recteur de l'Académie de Lyon. En 1850, il prit sa retraite et se consacra à des travaux littéraires qui l'occupèrent jusqu'à sa mort arrivée à Paris, en 1861. Il était chevalier de la Légion d'honneur.

Après lui nous trouvons M. Poulain de Bossay, né à PREuiLLY(lndre-el-Loire),enl798. Il enseigna l'hisloireau collège Henri IV de 183G à 1839, devint recteur de l'Académie d'Orléans en 1840, membre du conseil de l'Instruction publi-

que, et proviseurde Saint- Louis, en 1844. H. lesénateur Masse, un ancien Saint-Louis, a dit à son sujet : « Je revois la figure « de H. Poulain de Bossay déjà très fatigué quand il m'ac- « cueillit tout enfant dans ce logis qui longeait alors la petite « et sombre rue de la Harpe; il avait le mérite de ne pas trop « nous effrayer, même quand il grondait : c'était un homme « distingué; il avait été un des meilleurs professeurs d'his- « toire de Paris et il a laissé le souvenir d'un bon adminis- « trateur très préoccupé de maintenir les fortes traditions « classiques, par sa jeunesse, par son activité, par son tem- « pérament tout entier4. » M. Poulain quitta Saint-Louis, en 1852, et se retira à la campagne où il se livra à des travaux de géographie et d'histoire pour renseignement secondaire. Il mourut à Paris, le 21 novembre 187G. M. Poulain était officier de la Légion d'honneur.

Son successeur, Jean-Baptiste Legrand était né a Toul (Meurt lie) en 1809. Il professa les mathématiques à Rennes et à Nantes; fut censeur du collège de la Rochelle, principal du collège de Lorient, proviseur des lycées de Saint-Omer, d'Orléans et de Saint-Louis. Il administra ce dernier établissement pendant treize ans (1852-1865) et tous les anciens élèves qui l'ont connu se sont plu à rendre hommage à son mérite. Aussi quand il quitta Saint-Louis, en 1865, pour passer au lycée Bonaparte, l'un d'eux disait : « Nous avons tous pu apprécier « les qualités de M. Legrand, l'aménité de ses relations, sa « clarté à exposer les choses dont il avait à traiter. Une mul- « titude de personnes ont été dans le même cas, et M. Le* « grand laisse à Saint-Louis le souvenir d'une administrait tion des plus heureuses. Parmi les faits qui le signalent il « faut remarquer l'internat triplé, de grandes améliorations « matérielles, et cependant le lycée restant assez riche pour « avoir pu prêter 80000 francs à celui de Vanves, puis la for- « mation d'une école préparatoire aux écoles spéciales du « gouvernement*. » Au moment de son départ, les élèves lui

1. Discours de M. Maze, au banquet de la Saint-Char lemagne, 1885.

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