Chauvin, Hist. des lycées et collèges de Paris
un ancien élève, M. Maze, présidant alors la distribution des prix, l'annonçait aux élèves :
« Le lycée, disait-il, gardera son externat tout entier pour les études littéraires, mais désormais l'internat ne subsistera que pour les études scientifiques proprement dites. Cet internat déjà réduit sera encore exactement limité comme nombre. Le lycée offrira par conséquent aux familles des conditions matérielles et morales que sa population sans cesse croissante et l'espace restreint
dont il dispose ne lui auraient pas permis d'assurer Ce lycée
va donc devenir par excellence la pépinière des grandes Écoles
de l'État À côté des divisions spéciales pour Saint-Cyr. pour
les Écoles Normale, Polytechnique et Centrale, une autre sera organisée pour notre chère et grande École Navale; de cette façon sera comblée une lacune regrettable qui, bien des fois, avait été signalée à l'attention du Gouvernement. L'armée, la marine, les services scientifiques de l'État, le professorat des sciences, l'industrie, telles sont les carrières auxquelles le lycée Saint-Louis préparera plus spécialement la jeunesse... Mais que d'efforts à faire pour maintenir dans cette maison le goût des lettres, de cette culture dont l'abandon serait un coup mortel porté au génie mémo et à la grandeur de notre pays! Cet abandon, je ne le redoute pas pour une maison qui a donné à la France Saint-Evremond, Racine, Diderot, et qui est représentée en ce moment môme par cinq ou six de ses élèves à l'Académie française. •
Le projet que M. Haze avait annoncé, M. Brissaud, un autre Saint-Louis, président de la commission d'examen pour l'École de Saint-Cyr, le déclarait réalisé en 1885 :
« Cette année, disait-il, Saint-Louis entre dans une nouvelle phase, une phase de rajeunissement. La distinction de Y internat pour les sciences et de V externat pour les lettres est une cause certaine de prospérité. Le bon ordre, la discipline, les fortes études ne peuvent qu'y gagner, et déjà les résultats ratifient cette assurance; ils prouvent qu'il était meilleur que le personnel des sciences et celui des lettres fussent voisins, mais non confondus. L'utilité de cette séparation était reconnue depuis longtemps, et je vous fournirai sur la véritable origine du nouveau système un document que certainement quelques-uns ignorent, c'est que cette idée remonte à 4844, que le plan en avait été dressé en commun par le proviseur Poulain de Bossay et par notre cher collègue M. Fabre, dont nous regrettons bien vivement l'absence en ce moment; que si le plan n'a reçu son exécution qu'en 4886, il y a quarante-deux ans qu'on aspirait à mettre en œuvre cette organisation qui ne présente aucun des inconvénients de l'ancienne et renferme de précieux éléments de succès. Ce n'est pas la première
fois d'ailleurs que notre vieux collège s'est transformé, et ses métamorphoses ont toujours été triomphantes. Il semble, en effet, que l'âme des Raoul et des Robert d'Harcourt circule toujours dans son existence pour la raviver et lui donner un nouvel éclat*. »
Malheureusement les vœux formés par MM. Maze et Brissaud pour le maintien de la section des lettres à côté de la section des sciences au lycée Saint-Louis, tendent, depuis deux ans, à devenir purement platoniques. Après la suppression des classes de huitième, septième et sixième, nous allons assister à celle des classes de cinquième, quatrième et troisième. C'est le coup mortel dont parlait M. Maze, donné aux études classiques dans cette maison. Espérons qu'on en rappellera un jouret que les études littéraires brilleront de nouveau à Salyt-Louis, comme au temps du collège d'HARcouar.
Toutefois ce caractère scientifique donne au lycée une physionomie particulière, parce que sa population se compose de jeunes gens d'autant plus appliqués au travail qu'ils en sentent mieux le prix, à la veille d'affronter les épreuves exigées pour les grandes écoles auxquelles ils se destinent.
Nous plaçons ci-contre un tableau d'ensemble de l'administration du collège et du lycée Saint-Louis depuis 1820. Il présente une élite de fonctionnaires, qui, par ses qualités diverses et son dévouement, a assuré le développement et la prospérité de notre grande maison.
A ce tableau qui a déjà paru dans Y Annuaire de V Association des anciens élèves, nous ajoutons la liste des médecins qui, à divers titres, ont apporté aux élèves de la maison le concours de leur science et de leur dévouement :
DM Moulin,
D" Houel.
Alibert,