GARDES
Pierre-Armand D'HERBIGNY ouvrira le théâtre par un discours au roi; Pierre-Antoine d'HERBIGN Y et BOUTIN DE POMMERY diront le prologue ; Eustache MEUNIER dira l'épiiogue et Thomas BOUTIN DE DIENCOURT fera le compliment pour la distribution des prix.
La scène est auprès des murs de Manheim, dans la tente de David.
Un ballet, dont les livrets étaient également imprimés, et où Ton retrouve la plupart de nos élèves-acteurs, servait d'intermède à chacune de ces représentations solennelles.
Êdit du Recteur relativement à la nomination du principal du collège d'fiarcourt (1602-25 avril).
(Voir chapitre V, p. 261.)
Viso libello supplice a M. Johanne Leprieur, collegii Harcuriani bursario nobis porrecto, quo postulabat ut non liceret dicti collegii provisori primarium instituere inconsultis bursariis ; inspectis praedicli collegii statutis, variis codicillis, examinâtes rationibus a praedicto Leprieur et provisore propositis, et auditis Academiae censoribus: nos, Tvo Herbin, Academiae Parisiensis rector, statuimus, de ipsius Leprieur cousensu, juxta praedicti collegii statuia et consuetudines, ut hujus collegii provisor de prima lu collegii Harcuriani disponat, communicato consilio cum priore ejusdem collegii. Actum in gymnasio Plessaeo, die 25a Aprilis, anno 1602.
Vente d'un terrain faite au cardinal de Richelieu par le collège d'Harcourt pour la reconstruction du collège du Trésorier (26 mars 1639).
(Voir chapitre V, p. 295.)
MM. les recteur, doyens, procureurs et autres officiers et suppôts de l'Université de Paris, assemblez en la salle du collège de Harcour, pour plusieurs et diverses affaires de la dite Université, lecture leur ayant esté faite d'une délibération signée par les y dénommez et commençant en cette forme : <t Ce jourd'huy mardy. 15e mars 1639, P. Padet, licencié en théologie et proviseur du collège d'HARCOUR, fondé en l'Université de Paris, rue delà Harpe; Nicolas Quintaine, bachelier en théologie et prieur t Jacques du Chevreul, bachelier en théologie, principal et procureur; J. Guenon, licencié en théologie; P. Picard, professeur en W; L. Picquelin, bachelier en théologie; Noël Lebel; J. Trotin, professeur en 5e ; Guill. Desaubris, professeur en 6e ; P. Lebourg, bachelier en théologie et professeur en rhétorique ; René Robe ville, bachelier en théologie et recteur de l'Université ; Thomas Fortin et Jacques Quintaine, principal des boursiers, grammairiens et artistes ; tous boursiers théologiens dudil collège de Harcour, assemblez en la salle dudit collège au son de la cloche et manière ac-
coustamée pour traiter les affaires dudit collège ; après qu'il a esté exposé par ledit proviseur, que le plan attenant le collège des Thrésoriers, qui leur appartient et qui consiste en 62 toises, 9 pieds, et un vieux bastiment, ainsi qu'il appert par la visite et rapport qu'en ont fait Ch. Gaze au, maistre maçon, et J. Duqué, maistre charpentier, estait nécessaire pour ayder au resta blisse ment et remplacement dudii collège des Thrésoriers, à raison de la rue qu'on y fait pour aller à la place de devant l'église de Sor bonne, et que pour ce faire, Mgr réminentissime cardinal duc de Richelieu leur en faisoit offrir 13000 liv. ; par un commun consentement ont accepté la dite offre de 13000 liv., qui seront utilement employées à acquitter une partie des rentes dont le collège est redevable pour plusieurs acquisitions et maisons faites de nouveau ; et tous en particulier et en général ont déclaré qu'ils estaient bien aises de pouvoir en ceste occasion tesmoigner. qu'ils sont les très humbles et très obéissants serviteurs de son Éminence; et les dits proviseur, prieur et principal ont esté chargés d'en faire faire le contrat avec les solemnitez requises, soubs le bon plaisir de l'Université et auclhorité.. .. »
Lettre inédite de Racine à Robert d'Andilly, publiée par M. Galier, maître de conférences à la Sorbonne, dans la Revue internationale de l'enseignement, du 15 juin 1888.
(Voir chapitre V, p. 309.)
t De Paris, ce 26* janvier 1659.
« ... Il faut, monsieur, que je vous fasse part des belles choses que nous vîmes et que nous entendîmes hier à Saint-Louis, M. du Fossé et moi. Nous y arrivâmes justement comme on y allait commencer le catéchisme. Il y avait un très grand nombre de gens ; nous filmes néanmoins assez bien placés. Le mal est qu'il nous en a coûté à chacun un sou marqué pour des chaises, il y avait de grands préparatifs, un Jésus dans la crèche, des Anges, des Bergers et des Innocents. Aussi nous vîmes bien que ce catéchisme était un de leurs plus solennels; c'était même l'anniversaire de celui dont on leur parla l'année passée dans la Xe lettre provinciale1. Ils n'en
1. C'est xyiie qu'il faut lire. Voici les propres termes de Pascal : « N'est-ce pas ce que tous dites dans vos livres, dans vos entretiens, dans vos catéchismes, comme vous fîtes encore les fêtes de Noël à Saint-Louis, en demandant à une de vos petites bergères : « Pour
sont pas devenus plus sages, car vous allez voir qu'ils ont fait incomparablement plus de sottises en celui-ci qu'en l'autre. Dès que le Père fut entré, il demanda beaucoup d'attention à ses auditeurs, leur faisant entendre que tout ce qui s'allait dire n'était pas seulement pour des enfants, mais pour les personnes même les plus âgées et les plus savantes. D'abord il fit paratlre des Anges qui annoncèrent que le Sauveur de tous les hommes était né. Après, les Bergers lui rendirent leurs hommages. Ensuite l'Empereur parla ainsi à l'Impératrice1 : « Puisque ces petits Innocents furent les t premiers, -après les anges et les pasteurs, qui honorèrent la crèche « du Sauveur de tous les hommes, il est bien juste que ceux qui les < représentent ici lui viennent maintenant rendre leurs hommages. « Que vous en semble, ma chère sœur? » L'impératrice répondit « que cela était bien juste, en effet, mais qu'il fallait, outre cela, que, comme les premiers avaient sauvé cet adorable Sauveur en se laissant égorger pour lui, ceux-ci, au contraire, l'adorassent en le vengeant de ses ennemis, et en étouffant ce monstre pernicieux et cette damnable doctrine qui n'en faisait qu'un demi-sauveur. Le Père trouva cette comparaison bien juste. C'est pourquoi, comme l'Impératrice ne se faisait pas entendre à son gré, il répéta lui-même à haute voix et avec ses gestes ordinaires ce qu'elle avait dit. Ensuite l'Empereur témoigna qu'il approuvait fort ce discours de sa chère sœur, et il parla ainsi : « Allons donc, petits Innocents, ar- « mez-vous, venez combattre les ennemis de Jésus, j'entends ces « nouveaux hérétiques de notre temps dont l'erreur n'en veut faire a que la moitié d'un sauveur : donnez à ce monstre autant de « coups qu'il a de têtes2, et délivrez-en la crèche de Jésus. »
Aussitôt on vit monter sur des bancs ces valeureux champions qui étaient au nombre de cinq, trois garçons et deux filles. Le premier coup qu'ils donnèrent portait ainsi1 : « O Jésus, l'aimable et « charitable Sauveur, faites-nous accomplir vos. saints commande- « ments, qui nous sont toujours possibles par votre grâce qui ne « nous manque jamais. » — « Fort bien, dit le Père, car nous
« qui est Tenu Jésus-Christ, ma fille ? — Pour tous les hommes, mou « Père. — Eh quoi ! ma fille, tous n'êtes donc pas de ces nouveaux « hérétiques qui disent qu'il n'est Tenu que pour les prédestinés ? » Les enfants tous croient là-dessus et plusieurs autres aussi.... »
1. L'empereur r V impératrice, et plus loin la surintendante, dont il est question dans cette lettre, étaient des dignitaires du catéchisme choisis parmi les enfants les plus méritants. Aujourd'hui encore on leur donne les noms d'intendant et intendante.
2. Le monstre avait cinq têtes correspondant aux cinq propositions tirées du livre de VAugustinus de Jansénius et condamnées par le pape.
3. Les enfants avaient chacun une épée portant l'écriteau sur lequel se trouvait l'invocation qu'ils récitaient.
« autres catholiques nous soutenons que ces commandements sont « toujours possibles, et que la grâce ne nous manque jamais, au « lieu que les ennemis de Jésus disent que les uns sont impossibles, « et que l'autre nous manque. »
« Je ne me souviens pas bien en quels termes était conçu le ; second coup, car je fus diverti de mon attention par l'arrivée d'un
Père qui nous pensa faire perdre baleine à force de rire, tant son visage avait l'air d'un véritable Escobar ; mais je fus un badin1, je perdis sans doute quelque chose de bon.
« Voici le troisième : « O Jésus, l'aimable et charitable Sauveur, « dont les petites mains et les petits pieds seront un jour attachés « sur la croix pour le salut de tous les hommes, remplissez-nous « de votre amour. » Le Père fit son commentaire là-dessus et dit tout ce qu'ils ont coutume de dire sur ce sujet. Une des filles porta ainsi la quatrième botte: « O Jésus, etc.... qui ne voulez damner « personne, appliquez sur nous le mérite de votre sang précieux, « afin que nous entrions avec vous dans votre paradis. » Le Père fil de grandes exclamations en disant : « Non, non, cet aimable « Sauveur ne veut damner personne et au contraire ses ennemis « disent qu'il en a créé plusieurs pour les damner ; mais cela est « seulement possible à penser. Allons, Henriette, courage, ma fillel « un cinquième coup d'épée sur ce monstre, il n'en peut plus, vous l'achèverez. Henriette donc s'exprima ainsi : a O Jésus, etc., qui « êtes mort non seulement pour les Juifs qui vous ont crucifié, mais « même pour vos ennemis, pour ces malheureux hérétiques de « notre temps, convertissez-les, je vous en prie, et faites-les renonce ccr à leurs détestables erreurs. » — « O la belle prière I s'écriait t-il, ô que voilà qui est beaul répétez, ma fille, et que tout le « monde vous entende. >
« Enfin il répéta aussi lui-même, et fit faire la conclusion de tous ces discours par la surintendante; mais elle ne dit que les mêmes choses que les premières. Le Père parla encore beaucoup sur ce sujet, et vint ensuite à la distribution des prix. II leur donna un livre dont ils faisaient grand cas ; au moins il était bien relié. « En « voici le titre, dit-il, la science des sciences, ou méthode pour ap- « prendre à bien mourir. Pères, donnez ce livre à vos enfants, « maris à vos femmes, maîtres, donnez-le à vos valets, sinon aux « étrennes, au moins à la foire de saint Germain. La mort va par- « tout, c'est pourquoi il faut avoir ce livre partout. Car vous verrez « de pauvres valets qui sont à l'article de la mort. Hé bienl le « prêtre leur apportera les sacrements; mais croyez-vous qu'il « veuille demeurer auprès d'eux? Oh t qu'il n'a garde l Vous n'avez « donc qu'à prendre ce livre et faire faire un acte de résignation a qui est dedans à vos garçons1, et ils seront infailliblement sau- « vés. »