‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 353 sur 355 · D. d'Argentré, coll. jud., t. I, p · texte numérisé non relu

D. d'Argentré, coll. jud., t. I, p

À la page 215, ligne 31, au lieu de 1665, il faut lire 1565.

Mentionnons au xvne siècle, sous le provisorat de Pierre Padet, chapitre V, plusieurs thèses de philosophie soutenues au Collège d'Harcourt : le 1" août 1638, celles de Jean-Baptiste Pellot, de Lyon, dédiées au cardinal de Richelieu; le 15 juillet 1640, celles de Charles de Sévigné-Monmoron, de Rennes, dédiées également au cardinal de Richelieu; le 3 septembre 1662, celles de Louis le Blay de Quesnay, de Normandie ; le 26 août 1663, celles de Henri Louis Barrin de la Galissonniôre, de Bourges, sous la présidence du professeur des Auberis ; en 1664, celles de Renart de Fuchsamberg. sous la présidence du professeur Noël.

Le 2 mai 1663, François Guenon, de Cou tances, soutenait aussi ses thèses de théologie au collège d'HARcouRT, in aula Harcuriana. (V. Bibl. de la Sorbon. Arm. IV. 20; V. 14. 16, et Revue des bibliothèque$} août, septembre, octobre 1891.)

A la page 352, ligne 31, nous rappelons que B. Grenan, professeur de rhétorique au collège d'HARCOURT, prononça l'oraison funèbre de Louis XIV, dans l'église de la Sorbonne. Nous avons retrouvé le mandement du Recteur Demontempuys, qui invitait l'Université de Pari 8 à cette solennité, le 11 décembre 1715, et il n'est pas sans intérêt de le transcrire ici à titre de document.

Mandatum Rectoris. — Universitas Parisiensis nunquam peni- « tius meminit se a Regibus suis conditam et institutam fuisse, quam « ubi aliquod laudis aut pietatis obsequium optimis suis Parentibus « prœstandum est. Quandonam vero hujus utriusque officii justior « fuit nécessitas quam in praesenti Ludovici XIV obitu ? Multam « enim vero laudem et sibi et toti Qallise accivit ilie Princeps vere v Magnus : aed ea quae magna et laudabilia nobis videntur, judicat « ipse Deus in justitia : et quo Princeps qui regnavit diutius, eo « magi8'timendum habet ne ab eo corripiatur qui Rex est regum et « Dominus dominantium. Quam ob causam, nos Joannes Gabriel « Demontempuys, Rector universi studii Parisiensis, mandamus et « praecipimus omnibus et singulis ejusdem Universitatis Doctoribus, « Magistris, clientibus et administris ut conveniant omnes, ornati, ut « decet, in aedem Deo sacram sub invocatione Banctae Ursulae in Sor- « bona, die Mercurii undecim decembris, hora sesqui-octava matutina, <x aeternam christianissimo régi quietem apud Deum adprecaturi. Rem « sacram, pro sua pietate in regem defunctum, suaque in Academiam « nostram benignitate faciet Ëminentissimus cardinalis Noaillius, « archiepiscopus Parisiensis. In ter sacrum solemne funebrem ora- « tionem habebit vir clarissimus Benignus Grenan, humanitatis pro- « fessor in schola Harcuriana» Ad partem tam pii officii invitamus « honestum virum quemqueerga Academiam nostram bene animatum. « Solido die sileant scholae.

« Datum in yEdibus nostris Sorbon^e-Pless^eis, die quarta mensis « decembris anno millesimo septingentesimo decimo quinto. (V. Bib. « Sorb. U. 17, 44.)

C'est à ce recteur Demontempuys, chanoine de Notre-Dame, qu'arriva, en 1726, l'aventure assez piquante, racontée par l'avocat Barbier dans son Journal. Il avait entendu faire un tel éloge de Ja pièce de Zaïre de Voltaire et du jeu admirable de mademoiselle Gaussin, qu'il voulut en juger par lui-même. Mais, comme il ne convenait pas à un ecclésiastique d'aller à la comédie dans sou costume, il eut l'idée bizarre de se déguiser en femme. « Pour cela, dit Barbier, il a trouvé dans un vieux coffre les habits de sa grand' mère : manteau, jupe, ècharpe et cornettes très hautes, tandis qu'on les porte très basses. Il s'est affublé de ces habits de femme sans songer à l'extravagance de son habillement, par la différence de ceux qui sont d'usage et de mode. Personne ne l'a vu ; il est monté en fiacre et s'est campé aux troisièmes loges, à la Comédie. Des gens ont trouvé cette figure extraordinaire, ont descendu au parterre en ont averti d'autres ; enfin, on a regarde mon homme, et les gens du parterre ont fait un tapage de tous les diables, suivant la louable coutume, quand quelque chose déplaît au parterre. L'exempt a su que c'était un homme déguisé en femme ; il a monté en haut, il a fait sortir l'homme, il l'a mis en fiacre et l'a conduit chez M. Hérault, lieutenant de police, qui n'était pas alors chez lui. C'est son premier secrétaire qui l'a reçu et qui me l'a dit, jamais homme n'a été plus fâché et plus interdit de la sottise qu'il avait faite. Le secrétaire a prévenu M. Hérault du caractère de cet homme, dont la figure était, dit-on, des plus risibles. On le renvoya chez lui, on lui promit de ne point dire son nom, mais tout Paris l'a su. » {Journal de Barbier, t. Ier, p. 448, éd. Charpentier, 1866). On fit même une chanson de cette équipée, dont le refrain disait :

Question rare et nouvelle Pour les savants de Paris ; Dira-t-on mndrmoUtlle Ou monsieur Demontempuys?

De précieux documents qui viennent seulement de nous arriver de Vire nous permettent de compléter et de corriger aussi plusieurs faits concernant le provisorat de Gilles Asselin, chapitre V.

Ainsi à la page 393, sur la foi d'un travail de M. Finot, nous avions affirmé, tout en émettant des doutes au sujet de son exactitude (page 378), que G. Asselin n'avait été ordonné prêtre qu'en 1752, à l'âge de 70 ans, afin de pouvoir prendre le grade de docteur en théologie. Or, le diplôme de doctorat de G. Asselin, que nous avons sous les yeux, porte formellement qu'il fut fait docteur le 23 novembre 1720, c'est-à-dire trente-deux ans plus tôt que ne le prétend M. Finot, et à Tàge de 38 ans, au lieu de 70 ans : Magister Thomas JEgidius Asselin, Bajocensis, doctoratus gradum seu doctoratum in nostra

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facultate.... laudabiliter et honori/lce est adeptus die vigesima tertia novembris anno Domini millésime* septingentesimo vigesimo*.

A propos des affaires du Jansénisme, dont nous parlons A la page 387, nous devons rappeler que le collège d'HxRCOURT devint un instant suspect au gouvernement sous le provisorat de G. Atselin. Une lettre du cardinal de Fleury qui lui est adressée, nous apprend qu'il fut obligé d'expulser certains précepteurs demeurant au collège avec leurs élèves, que Ton accusait de trop aimer Port-Royal. Voici cette lettre intéressante à plus d'un point de vue :

« A Rambouillet, le 28 avril 1733. »

« Vous pouvez vous souvenir, Monsieur, que je vous parlay il y a « environ un mois d'un grand nombre de mauvais précepteurs qui « sont dans votre collège, et je suis par malheur encore plus confirmé « aujourd'buy dans cette opinion que je ne Testais alors. Je scay avec « certitude par des témoignages indubitables que les sieurs François, a Lenard et Racine ont conduit plusieurs fois des gens du monde et « de toute profession sur les ruines du Port-Royal-des-Champs, a qu'ils ont enlevé des ossements du cimetière avec la terre et qu'ils « ont approuvé des convulsionnaires qui y ont donné des scènes très cr indécentes. Ces trois hommes ne sont pas les seuls de votre collège, « et il y en a encore plusieurs autres, mais dont on n'a pu me dire « les noms. Vous les connoitrez seurement si vous vous donnez quelques « soins pour approfondir leur conduite, et je puis vous assurer que les « Jansénistes regardent votre collège comme un azile pour eux. Je suis « bien éloigné d'avoir le plus léger soupçon sur vos sentiments, et je « n'ay aucune inquiétude sur ce que vous pensez personnellement. Mais « vous estes rempli de douceur, de bonté et .vous aimez la paix. S'il « falloit l'achepter au prix du mal qu'ils peuvent faire parmi votre « jeunesse, ce serait non seulement une fausse paix, mais elle ente traineroit encore les suites les plus fâcheuses. Je vous prie donc « instamment de vous défaire de ces trois précepteurs, et de ceux qui « pensent comme eux. Si les parents de leurs écoliers, n'y veulent pas « consentir, il vaut encore mieux les prier de se retirer car il est » certain que le mal gagnerait et que votre collège se gateroit entiè- « rement et sans ressource; personne au monde ne scait que je vous « en écris et je vous laisse conduire tout avec votre prudence ordi- « naire. Vous connoissez, Monsieur, l'estime particulière que j'ay pour

* T0U8' « Card. de Fleury*.

Dans un registre de comptes de 1762, sous le provisorat de M. Asselin, nous retrouvons encore des noms d'élèves distingués qui prouvent que l'aristocratie était largement représentée au collège oVHarcourt : D'Andigné, d'Argouges d'Asnebecq, d'Arsilly, d'Aubigny, de la Buissonnière, Bonnet de Chamblin, de Bethune, de Boufflers,

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