‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 45 sur 355 · LE COLLÈGE D'HARCOORT ET SES PROVISEURS AUX XIV ET XV SIÈCLES · texte numérisé non relu

LE COLLÈGE D'HARCOORT ET SES PROVISEURS AUX XIV ET XV SIÈCLES

(Les deux premiers siècles harcuriens.)

Les premiers proviseurs du collège d'Harcourt : Marin de Marigny et Richard Barbe. — L'organisation et le sceau du collège. — L'Université et les collèges au temps d'Etienne Marcel. — Les proviseurs Jean Boutin et Thomas de Saint- Pierre, médecins de Charles VI. — Essais de suggestion et d'hypnotisme au XIV6 siècle. — Troubles dans l'Université. — Préludes de l'insurrection cabochienne au collège d'Harcourt. — L'Université et le collège d'Harcourt au temps de l'occupation de Paris par les Anglais. — La réforme du cardinal d'Estouteville. — Deux Harcuriens défenseurs de Jeanne d'Arc : Robert Gybole et Jean Boucard de la Vaucelle. — Abolition de la fête du roi des fous. — L'origine de la censure dramatique. — Une garde nationale universitaire. — Les livres des nominalistes chargés de chaînes par l'évêque d'Avranches. — La Saint-Charlemagne. — Destitution d'un régent de philosophie par le proviseur Etienne Gervais. — Le destitué Pierre le Secourable devient proviseur à son tour.

Nous avons vu que Robert d'Harcourt avait voulu donner de son vivant un chef aux deux maisons que son frère et lui avaient établies pour les pauvres écoliers sur la rue de la Harpe, en face de la Sorbonne. Ce premier proviseur fut choisi avec soin, parmi les hommes au courant de l'administration d'un collège de celte époque, et capable par sa situation et ses mérites, voire même par son nom et son origine normande, d'en imposer aux jeunes étudiants de cette province, qui formaient la population du grand et petit Har cour t. Il appartenait au diocèse de Bayeux et s'appelait Marin ou Martin de Marigny. Du Breul dit qu'il était proche parent d'Enguerrand Le Portier de Marigny; mais nous n'en avons aucune preuve1. Un factura du collège d'HARcouRT, de

1. Antiquité* de Paris, p. 644. V. aussi de la Roque, HisU généalogiq. de la maison d'Harcourt, t. IV, p. 1199.

1666, nous montre aussi qu'on n'en avait pas non plus à cette époque, puisque son auteur, le proviseur Thomas Fortin, dit « qu'on n'a pas vu la généalogie de Marin de Marigny, pro- « viseur en 1318, pour savoir s'il était proche parent d'En- « guerrand de Marigny1 ». Peut-être serait-il tout simplement natif du bourg de Marigny, dans la Manche, comme me le faisait observer M. Siméon Luce, et avait-il, d'après l'usage des gradués de son temps, ajouté à son nom de Marin ou Martin celui du lieu de son origine. Il ne serait cependant pas impossible qu'il appartint à la famille du fameux ministre de Philippe le Bel*, et qu'il ait eu par ce fait des relations avec Robert d'Harcourt, qui fut, comme nous l'avons vu, conseiller de ce prince. Quoi qu'il en soit, nous savons de source plus certaine que Marin de Marigny était chanoine de Saint-Honoré et proviseur dû collège des Bons Enfants quand il fut placé à la tête du collège d'IÏARCOORT vers l'an 1315. Parmi les collégiales érigées sur le territoire de l'ancienne église canoniale et paroissiale de Saint-Germain-l'âuxerrois, s'élevait encore avant la Révolution, l'église Saint-Honoré*. Elle comptait, au commencement du xni* siècle, plus de vingt chanoines, que l'évêque de Paris, Renaud de Corbeil, réduisit à douze en 1257. Près de cette collégiale s'élevait un collège dit des Bons Enfants4, dont on a attribué la fondation au célèbre argentier de Charles VII, Jacques Cœur, parce que son fils y fut inhumé. Il était établi pour treize pauvres écoliers, et le proviseur devait être chanoine de Saint-Honoré*.

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