‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 49 sur 355 · Fondation cïun obis par M* Jean Boutin, en · texte numérisé non relu

Fondation cïun obis par M* Jean Boutin, en

de 8 sols par jour avec le chirurgien Jean Dubourt1. » 11 ne faut pas nous étonner de rencontrer au xiv6 siècle des médecins dans les rangs du clergé : ce n'était pas chose nouvelle et insolite à cette époque. Honorius III a bien interdit, en 1209, aux membres du clergé régulier l'étude et l'exercice de la médecine, comme il leur avait interdit l'étude du droit civil. Il a étendu même cette défense aux membres du clergé se* culier1, de peur qu'ils ne soient détournés par là de s'instruire dans les sciences sacrées; mais l'interdiction n'a pas été appliquée d'une manière absolue, puisque Jean Bontin est médecin de Charles VI, en 1380, et nous en trouverons encore un autre au collège d'HAiicouRT. N'est-ce pas le cas de rappeler l'observation de H. S. Luce au sujet du célibat imposé alors aux médecins? « Combien il est dangereux, dit- « il, d'écrire l'histoire d'après le texte des institutions qui • contredit si souvent la réalité historique3! »

Maître Bontin, malgré tout son savoir, ne put guérir son royal client. Il ne fut pas, d'ailleurs, le seul médecin qui ait échoué devant la folie de Charles VI, sorte de manie furieuse, avec des intermittences lucides. Pendant les quarante-deux ans que dura son règne, le malheureux prince vit soixantetreize médecins ou empiriques. Naturellement les charlatans s'essayèrent à sa guérison : les uns prétendaient y arriver par une seule parole, comme Armand Gnillem; était-ce la suggestion de ce temps-là? les autres, comme Poinson et Briquet, avaient recours à une sorte d'hypnotisme ou de mesmérisme, en entourant le roi d'un cercle de fer*. II n'y a rien de nouveau sous le soleil. Si H* Jean Bontin ne put guérir le roi, il fit du bien à son collège en lui léguant, d'après une pièce que nous avons encore, une somme de €00 florins d'or

1. Dr Chéreau, Les Médecins de Charles VI. (L'Union médicale, 1862.)

2. a Statuimus ut nulli post professionem ad leges mundanas, phy-

aicamve audiendas permittantur exire ad archidiaconos, decanos,

prœpoaitos, plebanoa nec non presbytères hoc extendi mandamua. s (Super spécula, ÏO, ne clerici).

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