‹ L'ancien Collège d'Harcourt et le Lycée Saint-Louis. Notes et documents pour la plupart inéditsChapitre 62 sur 355 · Édition publiée par A. Tuetey, p · texte numérisé non relu

Édition publiée par A. Tuetey, p

£. G. Jourdain, Index chronologies chartarum pertinsntium ad historiam Universitatis, p. 258.

anglaise. Les loups y entraient chaque nuit pour déterrer les cadavres dans les cimetières, si l'on en croit l'allégation d'un témoin oculaire; on v mourait de faim et de froid sur des fumiers infects, et il y avait vingt-quatre mille maisons vides1. Tout conspire à désorganiser les études. Avant l'arrivée des Anglais, malgré les édits royaux qui les en dispensaient, on imposait aux maîtres et aux étudiants de l'Université le service de jour et de nuit sur les remparts et aux portes de la Ville. Lorsque les Bourguignons viennent saccager Paris, en 1418, ils pillent le collège de Navarre, massacrent ou mettent en fuite les maîtres et les écoliers. Aussi, les collèges sont en, pleine décadence. En 1429, dit du Boulay, on est réduit à démolir des collèges qui n'ont plus de population9. C'est la conséquence de l'édit de 1428 qui prescrit l'aliénation des maisons inhabitées et permet de racheter pour une somme dérisoire les renies constituées sur les maisons ou héritages de la Ville de Paris « à quelques personnages qu'elles appartiennent, soient églises, collèges ou autres1. » A l'arrivée du roi anglais Henri V, l'Université souffre encore davantage d'une occupation brutale qui ne respecte pas ses privilèges et fait peser sur elle un joug aussi écrasant que sur le reste du peuple. Un instant» à l'avènement d'Henri VI, le pouvoir étranger semble vouloir la protéger, comme le faisaient les rois de France, mais cette protection lui est proposée en des termes si humiliants, qu'ils équivalent à un outrage4. L'Université, d'ailleurs, de môme que le Parlement, est remplie de docteurs bourguignons et anglais. Les maîtres qui conservent encore un peu de patriotisme ne peuvent se soustraire que par la fuite à une situation aussi abaissée. Déjà le chancelier Gerson leur a donné l'exemple en se retirant à Lyon, d'où il fait entendre, avant de mourir, une éloquente

1. Journal d'un Bourgeois de Paris, p. 77. V. Vallet de Viriville, Hist. de Charles VII, t. II. liv. V, ch. vi.

Page 1