Ibid
protestation en faveur de la mission libératrice de Jeanne d'Arc. Son attitude, dans cette cause célèbre, consolera un jour la France des honteuses défections de certains docteurs de l'Université qui, aveuglés par leur haine contre les Armagnacs ou partisans du roi, trompés et gagnés par Canchon, conservateur de leurs privilèges apostoliques, et peut-êtreaussi préoccupés avant tout de leurs intérêts matériels garantis par le nouveau régime, se feront les misérables instruments des basses vengeances de l'Angleterre. On sait d'ailleurs, qu'en 1452, plusieurs maîtres de Paris seront arrêtés à Rouen et emprisonnés pour avoir voulu défendre Jeanne d'Arc4. En dehors de ces honorables exceptions, il n'y eut guère à Paris qu'un corps ecclésiastique qui ait conservé sous la domination étrangère tin dévouement incontestable à la cause française, c'est le Chapitre de Notre-Dame de Paris, auquel appartenait Gerson. Les chanoines qui étaient restés à Paris repoussèrent les tentatives d'asservissement des Anglais; plusieurs d'entre eux furent, pour ce fait, incarcérés, et si le Chapitre céda parfois aux exigences menaçantes du vainqueur, il fut le premier à encourager l'Université à reconnaître Charles VIP.
Nous ne serons pas surpris de voir que le collège d'HARcourî ait souffert d'un pareil état de choses. On n'y tient guère compte des règlements sur la possession ou la distribution des bourses. Peu importe, pourvu qu'il échappe à la ruine.
« En ce temps de confusion et de malheur, comme le rapc pelle un factum, il ne faut pas trouver étrange que les « règles générales et les statuts particuliers aient été violés. « Depuis l'an 1436 jusqu'en 1451, il n'y eusl point d'Artistes, « entretenus dans le collège, et n'y eust le plus souvent que « deux boursiers théologiens et quelquefois quatre, qui c estaient Jean Postel, Robert Cybole, Gilles Marie, « et Guillaume Anbry. C'est beaucoup que le collège ait pu .« subsister pendant une si longue misère, vu qu'en la der-