‹ L'ancien: drame en un acte, en versChapitre 11 sur 31 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

JEAN

En effet; Et moi, je ris aussi; je ris de tout sur terre Je rirai, même mort : tel est mon caractère.

SECONDE, frappant du pied le sol.

Avant d'être enterré, ris un peu là-dessus, Et ris, quoique fripé, comme les plus cossus. Imagine- toi...

JEAN

Siffle et roucoule, coquette, Fais-moi la bouche en cœur et les yeux doux; caquette.

SECONDE

Ouf ! que tu vas pouffer : il t'appelle, le Roy, Sous les drapeaux.

jpAN, incrédule^ et se caressant le menton.

Eh bien ! On ira sans effroi Voir si, chez l'Ostrogoth, vermeilles sont les filles Et te vont, ma fringante, au-dessus des chevilles; On ira...

SECONDE

Quel aplomb !... Fat, te sauver ainsi, Retroussant ta moustache en parfait sans-souci ?... Soit! vive la gaîté, Jean...

Elle veut rire et fond en larmes,

JEAN

Hé ! sotte I tu pleures.

SECONDE

Tu n'as i t'éjouir ici qu'une ou deux heures.

JEAN

Deux heures?...

Non, pas même ; on t'attend aux Hameaux !

JEAN

Qui m'attend ? qui ?. . .

SECONDE

Les gens du roy.

JEAN

Hein?

SECONDE

En deux mots, La maréchaussée.

JEAN

Ah !... c'est faux comme l'Empire.

SECONDE

Hélas ! c'est trop réel, au contraire; et le pire Est que tu vogueras pimpant.

JEAN, encore incrédule et narquois.

Eh I pourquoi non?...

Toute infante a du goût pour la chair à canon; Or, que je sois en selle, ou dans quelque gabare.

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