SCÈNE V
Qu'on m'arrachât du champ qui grâce à moi prospère ! Français, j'aime la France ; et fils, j'aime mon père. Elle, aujourd'hui, n'a pas besoin de mes dix doigts. De mes jambes non plus ; vous, si fait : or, je dois Rester, pour vous servir, là, dans cette demeure ; Et j'y resterai.
PIERRE
Vrai?...
JEAN
Si je mens, que je meure, Moi !
PIERRE
Bien, mon arbrisseau, mon scion. Ah ! fort bien! Je vais à l'instant même hypothéquer le bien. Afin de leur cracher au visage la somme De cuivre ou d'or qu'il faut pour te payer un homme, Et sortir du pétrin, nous; eh ! ce serait fait Déjà; mais..., nous comptions sur monsieur le préfet! 11 m'avait promis... tout! et me tient les gendarmes ; Ils vont être reçus recta non par des larmes, Mais avec de gros sous et, qui sait ? le bâton ! On les fera, pardi, chanter peut-être au ton : Venir troubler ainsi ta blonde et ma brunette Et porter le désordre en cette maisonnette !.., La bazarder, soit, ouï; ma:is en franchir le pas Et t'y prendre au collet, ces estafiers, non pas ; Je m'en flatte. Houp-là ! j'emprunte ; le notaire,
Sans avoir nullement à dresser inventaire,
Va me bailler sur Theure un sac, deux sacs... Hé quoi ?
Te voilà, maintenant, tout penaud et tout coi,
Jean ; — qu'as-tu ?
JEAN
J'ai . . . Pardon, il sied que je vous dise ! . . Si j'approuvais vos plans, ce serait couardise Grande de ma part : A l'encan, cette maison.
Avec son clos ? jamais ! et bonsoir ! . . .
T'échappe !
PIERRE
La raison
JEAN
Oh ! non !
PIERRE
Mais si !
JEAN
Mais non!...
PIERRE
Si, tiens, écoute
Farceur !
JEAN
J'ai tout ouï, tout vu ! Coûte que coûte, Pas d'enchères ici, ni d'huissiers ! Nous disions, Ou plutôt je disais, farci d'illusions,