SCÈNE VII fÇ
SECONDE
Tu connais ma tendresse Ombrageuse à ce point que pour peu qu'on t'adresse Des signes, un sourire, un coup d'œil animé.
Je frémis!,.. Souviens-t'en et, quand reviendra mai, Rappelle-toi ce soir où tu juras : a Amie, « Aussi vrai que l'étoile est là, toute blêmie, « Pas une autre que toi, jamais, sous ces rameaux, « N'entendra s'envoler de ma bouche ces mots : — a Je t'appartiens ! » — Toujours tu penseras de même. N'est-ce pas ? et celui que j'aime comme il m'aime, Saura, sous tous les ci eux, me conserver sa foi Et demeurer intact et blanc autant que moi.
JEAN, brusquement, en s' élançant vers la maison. L'horloge a sonné; vite, ah ! plus vite!
SECONDE
Seulette!.., JEAN, sous le hangar.
Mon rotin et mon sac !
JEANNE
Là dernière toilette 1 Bile entre, sur les pas de Jean^ dans la chaumière^
6o l'ancien
scÈ!PX.E Vin
SECONDE, seule; elle se promène sur la scène un instant, puis elle dit, en rêvant :
« Qu'il campe chez l'Arabe ou mouille chez l'Anglais, Qc Qu'il loge en sa chaumière ou bien dans un palais, « Qu'il roule sur la terre ou qu'il glisse sur l'onde, « Il t'aimera toujours, lui, ton brun, ô ma blonde! »
Après un silence.
Sans toi, Jean, je vivrai sept ans, si je le puis.
Elle s'asseoit à droite, sous le hangar.