SCÈNE IX 6l
tite à deux mains ^ il médité; tout-à-coup, il se redresse^ marche précipitamment vers le puits et s' arrête y comme foudroyé.
Oui, mais avant cela, rembrasser ! . . .
// va s'asseoir de nouveau sur le billot ^ en tremblant de tous ses membres.
SECONDE, elle traverse la s cène ^ et s'agenouille aux pieds de Pierre.
Oncle Pierre, Vous souffrez?
PIERRE, étonné y lève la tête.
Non, mignonne.
SECONDE
Eh! si.
PIERRE
Mais non I
SECONDE, lui prenant les mains.
La pierre Est moins froide pourtant que ne Test votre chair.
PIERRE, plongeant un regard aigu dans les yeux de Seconde. Rousse, te convient-il, au moins?... T'est-il bien cher? Dis, tu ne veux que lui ?
Elle reste muette et le considère avec étonnement. Parle, on te le commande.
SECONDE, toujours agenouUléâ.
Que me demandez-vous, oncle? Quelle demande]
PIERRE
Oh ! toi, tu ne sais pas de quoi j'ai soif et faim !
// serre entre ses bras Seconde^ effrayée.
Il peut bien, celui-ci, t'interroger enfin.
jlprês s'être furtivement essuyé les yeux.
Mon faon I... C'est un fameux gaillard; oui, paysanne,
C'est un gars!... 11 n'a pas, lui, l'âme courtisane;
Point intrigant, très crâne, et fort sobre, et loyal.
C'est un cœur rare; un cœur d'or; un vrai cœur royal !
11 faut l'aimer, vois-tu, de toutes tes entrailles.
Ton fiancé; me promettre ici que tu te railles
De tout au monde, hormis lui ; promets ça, promets,
Nièce, afin que je sois fort tranquille à jamais.
De me le rendre bien, bien heureux !... Par la Messe
Promets, prometsi... et moi, j'emporte ta promesse.
SECONDE, stupéfaite.
S'il décampe, comment vous le rendrai-je heureux ?
PIERRE
11 rétrogradera, s'il s'éloigne, ton preux; Mais sois digne de lui...
SECONDE, avec fierté.
Je suis de la famille I