‹ L'ancien: drame en un acte, en versChapitre 3 sur 31 · LÉON CLADEL · texte numérisé non relu

LÉON CLADEL

Février 1889,

PIERRE ÉLOY M. Antoine

JEAN M. Laudy

SECONDE M"«DoRSY

LAURE-JEANNE M'-'^Barnï

En Qiiercy, — Sous le second Empire (ï86$).

Pierre: Ext raordinair entent hdié, mais très vert encore malgré ses soixante-dix ans, il porte un bonnet de laine brunâtre, lequel rappelle, par sa forme, le bonnet napolitain; un flottant camisard de toile êcrue lui tombant au-dessous des mollets : cette longue blaude sans manches et très évasée à Y encolure laisse passer celles d'une veste de bure rousse, à grands revers, sur le collet de laquelle un large col de chemise est rabattu; pas de cravate, un pantalon à pont en velours marron clair, fort usé; des souliers ferrés et serrés sur le cou-de-pied au moyen de gros lacets de cuir noir ; un tablier de basane agrafé derrière le dos et replié sur lui-même par devant; des pendants d*or rouge aux oreilles, ronds et

minces, pareils à ceux des marins; en un mot toute la défroque traditionnelle des paysans de la frontière du Rouergue en Quercy; physionomie à la fois loyale et madrée; la f^re presque glabre : cheveux blancs asse^ rares et coupés ras derrière le crdne; encore fort touffus, très longs et tire-bouchonnés sur les tempes, garnies de favoris poivre et sel semblables à ceux des grognards.

Jeanne: Son costume se compose d'une sorte de claire toque eti itidienne ou bien en coton, rembourra et semée de fleurs omnicolores; d'une robe de gros drap gris de fer ou vert sombre, fermée et très montante; d'un fichu de couleur; d'un tablier de futaine ourlé de soie ; de bas jaundtres et de sabots de sapin à pointes aiguës et recourbées : entre deux dges et très brune, elle grisonne.

Jean; Un peu plus de vingt ans, ce qu'on appelle un beau gars,

très basané, cheveux drus et frisés ; un duvet abondant aux lèvres ainsi qu'aux joues; en bras de chemise, les manches retroussées jusqu'au coude; ample pantalon en toile grise, un vaste chapeau de paille de ri:^; une ceinture de cuir fauve ou de molleton cramoisi lui ceint les flancs.

Seconde: Dix-huit ans; très fraîche, d'un blond roux; cheveux énormes négligemment noués derrière la tête et retombant en masse sur la nuque et les épaules ; uni-

quement vêtue d'utie chemisette asse:^ courte, très décolletée, et de deux jupes de cotonnade, Vune blanche et Vautre bleue; celle-ci par-dessus celle-là relevée par derrière ainsi que sur les hanches comme une queue de soutane; un fichu écarlatç autour du cou; pieds et bras nus.

Omrbragée d*arbres séculaires, au premier plan, à droite, une chaumière précédée d*un hangar; à gauciie, un tronc de chêne, et sur le second plan, un puits sommé dVm pavillon de chaume et dont la margelle à demi découronnée laisse entrevoir le bout d*une échelle; au troisième plan, une haie; au fond la campagne: Il est près de midi; splendide, le soleil rayonne.

SCÈ:;^E Tl^EéMIÈl^E

Au lever du rideau, la scène est vide : une voix mâle et très éclatante ainsi que des coups sourds et précipités résonnent au fond du puits.

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