SCÈNE II
Si tu prends, mon bibi, les Éloy pour des buses; Tu gîteras dehors ! . ..
JEANNE
Oh ! le fils, je le crois.
Je le crains, nous prépare une bien lourde croix !
PIERRE
Je la porterai.
SCÈ^E II
Les Mêmes, SECONDE.
SECONDE, elle accourt y portant sur la tête une cruche pleine ' (Teau et s'approche de Jeanne qui s'essuie les yeux. Bah!... Qu'avez-vous donc, la tante?
La truie ou bien la vache est-elle mal portante?
A Pierre.
Ancien, oui, par ma foi ! vous aussi, vous peinez.
PIERRE
Toi, garcettel... Et Lui?...
seconde.
Jean? Ah ! cristi, son grand nez!.
Tout à l'heure il fauchait là-bas, en la prairie. Et chantait, en fauchant, l'amour et la patrie ; Moi, je passe; il m'appelle; on s'abouche, on se joint;
Il me palpe et je griffe... Oncle, il ne m'aime point Et se fiche pas mal, allez, qu'on nous marie ; Ça ne peut pas durer ainsi, sainte Marie!
Oh! non...
A Jeanne qui soupire.
Ah çà! mais...
JEANNE
Oui, nous sommes malheureux!
SECONDE
Pardon ! Je ne songeais qu'à lui, mon amoureux.
Lui seul, nous inquiète ! Il faut, aujourd'hui même Qu'il s'encoure à l'armée.
SECONDE
Il m'aime, il m'aime, il m'aime.
Mon galant; qu'on l'enchaîne à mon cou!
JEANNE
Nièce, hélas!
C'est trop tard ; il émigré, et nous, ici, bien las, Bien gourds, le vieux et moi,l)ref, toute sa famille, Nous sommes à bout!
SECONDE
Jean!... décamper?
JEANNE
Oui, ma fille.