‹ L'ancien: drame en un acte, en versChapitre 7 sur 31 · SCÈNE I 2f · texte numérisé non relu

SCÈNE I 2f

« On trouvera moyen, fallût-il un prodige,

a D'avoir quelque décret signé du Potentat

« Et j'obtiendrai de lui que, par grâce d'État,

« Quittes vous en soyez, tous; oh! laissez-moi faire. »

Il dit tel, ce pierrot; or, moi, sûr que l'affaire

Ne serait jamais plus remise en question.

Je rentre, guilleret, de mon excursion.

Et, me déboutonnant jusques à la ceinture.

Je raconte au petit toute cette aventure. . .

On se jugeait sauvés... Patatras! maintenant

Tout pète; on se présente ici, chez moi, manant.

Pour y cerner celui que nous présumions libre. —

On te pensait, consul, d'un tout autre calibre!...

— Le fils, je l'aime autant que toi, comprends-moi bien,

Jeanne! si j'avais su, j'eusse vendu ce bien.

M'enlever Jean!... J'irais trouver le Bonaparte :

ce Jeannot est tout pour moi, je. ne veux pas qu'il parte! »

Crîrais-je; il m'ouïrait ou n'aurait pas de cœur.

Le prince !

JEANNE

Ah ! mon chéri, quelque lutin moqueur Te trouble la cervelle et ronfle par ta bouche. Aller au Roy!... Le Roy, Pierre, de toi se mouche Encore un peu bien mieux que Monsieur le Préfet 1 Tu crois à tout, toi ! C'est par ainsi qu'il se fait Que la malchance arrive et nous tortille l'âme : Pour refuser ta graine à qui te la réclame.

Il faut une raison, et quelle est ta raison ?

Aucune ; et notre amour va vider la maison Où pendant force mois et même force années Nous pèseront beaucoup les nuits et les journées, A moins que le ciel...

Dieu? Va, comptes-y, sur Dieu !

Bâtis sur cette souche et fonde sur ce pieu !

' JEANNE, scandalisée, Saintes et sajnts ! . . .

PIERRE

Ayant peu couru les écoles.

Cette clique d'en haut que, d'en bas, tu racoles, J'ignore quels atouts elle te fournira.

Mais je sais bien que notre héritier blanchira Chez nous. On va tâcherde trouver en ce crâne Lequel, d'après toi, femme, est celui d'un fier âne, En ce cœur, quelque part, le meilleur des moyens Pour renvoyer chez eux, mains vides, ces païens, Qui, selon ton rapport, sont là, vers la bourgade, Prêts à nous régaler d'une atroce algarade.

Le mien !... Tout bonnement qu'on nous le souffle ainsi, Comme si, de rechange, on en avait, ici.

Dix autres. Halte-là! Je défends qu'on m'avale! Sergents, on n'entre point au trot de sa cavale Chez des minables, soit! mais d'autre part, saint Dieu! Non moins purs que l'or!... Lui, Jean, est bien en ce lieu. Donc, qu'il s'y carre! Et toi, tricorne, tu t'abuses.

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