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Revue des Deux Mondes, i" décembre i

Danguin.

Morse.

GALERIE DES FÊTES. 75

tante de Lehmann. Ces quelques lignes compléteront les renseignements que nous venons de donner sur la décoration de la

Avait-on même encore dessein de loger là de la peinture, ou bien n'avait-on pas songé tout d'abord simplement à couvrir ces pendentifs de quelques décorations à la brosse, comme ces bocages de guinguettes qui, dans cette même salle, du côté de la rue, tapissent le fond des arcades? Ce qui semblerait indiquer que tels étaient les projets primitifs, c'est que, pour couvrir de couleur ces vingt-huit pendentifs et les vingt-huit pénétrations qui les séparent, en tout cinquante-six tableaux, dont la superficie totale n'est pas moindre de 140 mètres carrés, le programme accordait, le croirait-on? dix mois, pas davantage. Le travail était commandé dans les derniers jours de janvier et devait être fini avant le 2 décembre, jour arrêté pour l'inauguration. Eh bien, il s'est trouvé un artiste, un véritable artiste, qui n'a pas craint de tenter ce tour de force. Non seulement il avait le temps de composer et de peindre cinquante sujets en dix mois, mais jamais, à voir son œuvre, on ne se douterait que les heures lui étaient comptées. Ce n'est pas de l'improvisation, encore moins de la peinture de théâtre; il n'y a là ni pochade ni mélodrame : c'est du dessin arrêté, réfléchi, de la peinture d'un tissu ferme et serré. Le temps, sans doute, ne fait rien à l'affaire et la difficulté vaincue n'ajoute rien à l'art; mais il est certains efforts dont il faut tenir compte au talent. M. Lehmann a joué gros jeu; il doit s'en applaudir. Ce n'est pas que son oeuvre, dans toutes ses parties, triomphe également des obstacles qu'il a bravés. A côté de compositions dont les heureuses lignes semblent éclore d'elles-mêmes et dont l'étude avait peutêtre altéré la fleur, il en est que la réflexion seule aurait suffisamment mûries. De là, dans ce vaste ensemble, quelque inégalité. Comment, d'ailleurs, tomber toujours juste, toujours avec le même bonheur dans ces encadrements irréguliers, étroits à la base, en ramenant, bon gré mal gré, la pensée pittoresque toujours aux mêmes combinaisons? Ces difficultés matérielles sont en peinture ce qu'est la rime en poésie. Il y a des vers et des plus beaux que nous ne devons qu'à la rime, ce qui n'empêche pas que nos poètes et les plus grands lui doivent bien quelques chevilles.

A cette uniformité de structure que M. Lehmann devait subir, il a eu soin d'opposer la variété des sujets. Il s'est donné pour thème l'histoire de l'humanité, depuis les premiers combats de l'homme contre la nature, jusqu'aux dernières conquêtes de l'industrie, de la science et de l'art. Cette épopée, dont l'homme est le héros, prête à la grande peinture. On peut la trouver sévère pour une salle de bal; mais l'auteur a bien fait, selon nous, de rester sérieux, même à côté des violons. L'allégorie mythologique, la cour de Terpsichore, les entraîne, à moins d'un miracle, à la décoration subalterne, à la fadeur, à la monotonie; l'allégorie philosophique, la poésie de l'humanité leur ouvrait une longue série de contrastes et d'oppositions. De tant de sujets si divers, les mieux réussis sont les plus simples, ceux qui offrent les personnifications les plus faciles et les plus claires. Ce lieu commun pour les arts du dessin est un aliment éternel. Ils ont de tels sujets pour le rajeunir et l'animer! Ainsi l'homme combattant les

animaux féroces, rhomme domptant les animaux domestiques, l'homme forgeant le fer, la femme filant le lin, la moisson, la navigation, l'étude, la poésie, l'astronomie, la justice: voilà les sujets qui ont inspiré à M. Lehmann les lignes les mieux senties, les expressions les plus vraies et les plus franches. Là, tout s'explique du premier jet, sans commentaires. Là, rien n'est subtil ni tourmenté. D'autres sujets, plus complexes, manquent de développements et sont comme gênés et rétrécis par les contours du pendentif; mais tous, et ceux-là mêmes que nous ne préférons pas, sont pleins d'idées ingénieuses, d'heureux ajustements, de motifs élevés.

GALERIE DES FETES, H. L

Dans les culs-de-four et les hémicycles de cette galerie Schopin avait peint en outre :

Huit panneaux, de 3 mètres sur o"',7o, représentant les quatre Saisons et les quatre Éléments;

Huit panneaux, de i™,3o sur o",7o : Génies allégoriques ;

Douze panneaux, de r\5o sur o'",7o, contenant les signes du Zodiaque;

Deux dessus de porte, de 3 mètres sur 2 mètres, avec des

GALERIE DES FETES

compositions relatives, l'une à François I" et l'autre à Henri IV;

Deux plafonds octogones, de 2",5o, dont les sujets étaient Apollon et Diane.

Ces peintures avaient été exécutées sous l'administration de M. de Rambuteau'.

GALERIE DES FETES, H. L

Dans les pendentifs, au-dessous des peintures de Lehmann, Laurent Jan avait peint les armes des principales villes de France, et des Génies, au-dessus des arcades des baies.

La décoration, très artistique, des panneaux de la voussure

I. Dans les livres de comptes qui ont pu être sauvés de l'incendie et que nous avons soigneusement consultés, nous avons trouvé les indications suivantes, relatives à la décoration de la salle des Fêtes.

Année 1844. — Veuve Bex et fils, stucateurs, décoration : 3o,ooo francs. — Langlois, marbrier,

chargé du revêtement en marbre des piédestaux de l'attique de la salle des Fêtes : 20, 538 francs.

Année 1854. — Hubert frères, sculptures en carton -pâte, pour décoration de la salle des Fêtes : 5,i34 francs. — Potur, peintures pour la voussure : g,35o fr. ameublement, iq5,073 fr.

était formée d'hippocampes, de nymphes, de rosaces et fleurons, avec médaillons allégoriques.

L'ameublement de la galerie des Fêtes avait été fourni par Belloir, Denières, Paillard, Lerolle, etc.

GALERIE DES FETES, H. L

l'hiver, TAR L. BENOUVILLE (sALtE DES CARIATIDES).

SALLE DES CARIATIDES

Dans cette salle, le plafond, peint par Gosse, présentait une originalité de composition toute particulière, inspirée de quelques oeuvres de maîtres vénitiens : des cariatides en marbre soutenaient une coupole, où l'on apercevait Cybèle traversant l'Em- , pyrée sur un char traîné par des lions, précédée de l'Amour, de la Paix, de l'Abondance, de la Fertilité, et suivie d'un cortège de nymphes. L'aspect de ce plafond était fort agréable.

Léon Benouville, Tillustre peintre de la Mort desaint Fi'ançois d'Assise, avait décoré les voussures de compositions allégoriques ainsi distribuées :

A droite des portes donnant dans la grande galerie :

L'Hiver, une figure de femme accroupie, enveloppée dans ses longs vêtements ; un génie attise un maigre foyer formé de quelques branches d'arbre; des hirondelles s'enfuient à tire d'aile vers des régions plus chaudes.

De l'autre côté de la croisée :

Le Printemps, figure de femme demi-nue, assise contre un chapiteau dorique; elle vient de rejeter une partie du vêtement qui recouvrait ses épaules et qui, au tiède souffle du zéphyr,

6ALLE DES CARIATIDES

Peinture de Cubanel.

s'enfle comme une voile légère. Elle tient une fleur de primevère, emblème de la résurrection du printemps. A ses ordres, un Amour s'envole et va jeter sur les champs les fleurs parfumées

SALLE DES CARIATIDES

Peinture de CabaneL

qu'il porte. Des papillons s'essaiment dans les airs et des colombes se becquètent amoureusement.

En face, à droite des portes :

Faisant pendant àTHive?', l'Automne : une bacchante endormie sur la croupe d'un tigre; le vin versé par l'Amour l'a enivrée; sa main défaillante a abandonné la coupe; un Génie emporte l'amphore vide et les grappes mûres dédaignées.

SALLE DES CARIATIDES

Parallèlement, l'Été. Vaincue par le dur labeur de la journée et la chaleur torride, une moissonneuse s'est assoupie sur une gerbe de blé; son compagnon de travail, courbé sous le poids de plusieurs gerbes, la considère amoureusement.

Sur la paroi qui faisait face aux portes d'entrée de la galerie, trois compositions de même style et de même caractère :

Uranie : couronnée d'un diadème d'étoiles et assise triom-

URANIE, PAR L- BENOUVILLE (sALLE DES CARIATIDES).

phalement sur la sphère de la terre, la muse va mesurer de son compas d'or les mondes qui viennent, sous la forme d'étoiles et comme des papillons sur une fleur, s'abattre sur sa main gauche; dans le fond, Séléné et une comète à la chevelure de feu.

L' Abondance : appuyée sur un chapiteau, elle tient d'une main la corne symbolique remplie de fleurs et de fruits; de l'autre, une gerbe de blé d'or. Autour d'elle sont épars les attributs du Commerce et de l'Industrie, des amphores, des caducées, etc.

L'Agriculture : figure de femme assise, accoudée fièrement sur un socle de charrue, un bâton de berger à la main; un bœuf accroupi , des branches de vigne , une ruche , caractérisent sa richesse et ses vertus.

Toutes ces compositions, dont nous pouvons donner une reproduction, grâce aux calques exécutés par Léon Benouville, avaient un grand caractère décoratif. Leur exécution, la clarté et la vigueur du coloris, la pureté et Tampleur du dessin, faisaient le plus grand honneur au talent du jeune maître, qui y consacra toute une année, de i852 à i853. Chacune des compositions mesurait '2"',g5 de largeur. Lorsqu'on pénétra dans Tédifice après rincendie, dès le 28 mai, on trouva les peintures assez bien conservées; le feu les avait épargnées. M. Ballu, architecte du nouvel Hôtel de Ville, se préoccupa de les sauver. Sur ses ordres, on essaya de scier la muraille et de les transporter sur châssis; mais cette opération ne réussit point; la pierre s'effritait sous la scie. On dut laisser les panneaux en place. Ils ont été détruits lorsque Ton a rasé les ruines. Les esquisses de ces peintures sont au musée d'Angers et au musée de Lyon.

Les tympans au-dessus des voussures , des portes et des croisées étaient couverts par des compositions de Cabanel, qui y avait représenté les douze mois de l'année au moyen des allégories suivantes :

Janvier : Un pèlerin demande Thospitalité. — Février : ALiscarade d'enfants.

— Mars : Scène d'inondation. — A\ril : Le Printemps. — Mai : Les Amours.

— Juin : Fauciieurs. — Juillet : Moissonneurs. — Août : Récolte de fruits. — Septembre : Vendanges. — Octobre : Chute des feuilles. — Novembre : Chasse.

— Décembre : Une femme accroupie dans la neige.

Ces peintures, d'un dessin très souple et d'une couleur délicate , s'harmonisaient agréablement avec celles de Benouville. Leur ensemble constituait une décoration d'un goût excellent. Tout a été complètement détruit.

"rp-

A Qwantin imp.HdiL

PHILIPPE'AUGUSTE Salle àxi Conseil municipal

l'automne, tar l. benouville (salle des cariatides).

SALLE DU TRONE

Cette salle, avant la construction de la grande galerie des Fêtes, portait la dénomination de grand'salle de l'Hôtel de Ville et servait aux réceptions de la municipalité, aux grandes fêtes princières et royales. Elle fut achevée en i6i3. Les registres de la ville contenaient de nombreux documents relatifs à sa construction et à sa décoration. Elle était ornée de deux cheminées monumentales placées à ses deux extrémités, et que Ton considérait avec raison comme deux chefs-d'œuvre. L'une, datant de i6i3, était de Pierre Biart' et David de Villiers, qui avaient tous les deux le titre de

I. Pierre Biart descendait d'une famille d'artistes, dont un membre, Noël Biart, apparaît dans un compte municipal de i568. — Dans les comptes de la maison du roi pour 1608, nous voyons figurer Pierre Biart parmi les gens de métier et comme sculpteur ordinaire du roi. Sauvai, dans

ses Antiquités de Paris, signale avec beaucoup d'éloges deux statues de captifs, dont Pierre Biart avait orné l'extérieur de la petite galerie du Louvre et qui furent détruites lorsqu'on remania cet édifice, pour y établir les appartements d'Anne d'Autriche. Germain Brice, et avec lui tous les

« sculpteurs du roy. » Le texte du devis des travaux et du prix fait contresigné par le prévôt des marchands, les échevins et par les deux artistes a été conservé. Il nous servira de description originale de cette œuvre :

Devis des ouvraiges de massonneries , pierre de taille et sculpture qu'il convient faire pour la construction d'ung grand manteau de cheniynée dans la grand' salle de l'Hostel de ceste ville de Paris.

« Premièrement, la platte bande, jambages et sommiers de lierre des carrières de Paris y seront taillées les moulleures, termes et ornemens de moulleure comme il est marqué sur le modelle et desseing-, plus au milieu de la platte bande il sera appliqué une table de marbre noir, et à costé de la table de marbre noir, deux tables de marbre incarnadin, de blanc meslé.

« Plus, au dessus de la platte bande jusques au plancher, sera ladicte cheminée remplye pour son principal corps de pierre de Toussy, la plus belle qui se pourra trouver.

« Sur la platte bande, il y aura deux enroullemens pour le frontispice où il sera posé deux fleuves, et au millieu ung navire tout de pierre de Tonnerre, ensemble les enroullemens du fronton couppez garnis chacun de une pièce de marbre Broquatel ou Affricquain.

« Au dessus des fleuves et à costé du quadre, seront posez deux collonnes de marbre noir d'ordre composite, avec ses chappitteaux et bazes de bronze de haulteur de huict piedz ou plus.

« A costé des collonnes, une figure de six pieds de haulteur de pierre de Tonnerre, telle qu'il plaira à messieurs les prevost des marchans et eschevins, et derrières lesdictes figures des

historiens de Paris, y compris Leroux de Lincy, en font un élève de Michel-Ange qui mourut en 1 304; mais Berty fait observer avec raison que

Biart ne peut être né assez tôt pour avoir étudié sous Michel-Ange, puisque l'artiste parisien est mort le 17 septembre 1609, âgé de cinquante ans.

SALLE DU TRONE. 85

/ tables de marbre rouge et ung petit feston au dessus, aussy de

pierre de Tonnerre.

« Dessus les collonnes il sera pozé corniche, frize et arquitrave avec son frontispice, orné de ses moullures et ornemens propres et convenables au desseing, le tout de pierre de Tonnerre, et dedans la frize y aura du marbre vert Affricquain.

ce Au millieu du frontispice seront mises les armes de France et de Navarre avec une grande targe à double cuir avec la couronne en dessus, le tout de pierre de Tonnerre.

«. A costé du frontispice et au dessus des collonnes et corniches seront posées deux figures de victoires, une de chacun costé, de grandeur compectante, assizes et estandues le long dudict frontispice, tenant d'une main ladicte targe et de l'autre palmes ou autres choses descentes, selon qu'il sera advisé pour le mieux, le tout aussy de pierre de Tonnerre.

« Au dessus desdictes corniches et fronton, sera faicte une eslévation en forme d'aticque orné de moullures et marbres, comme il est porté par le desseing, lequel sera pour cest efîect paraffé par messieurs, ladicte ellévation faicte aussy de pierre de Tonnerre.

(c Seront tenuz les entrepreneurs rendre l'ouvrage faicte et parfaicte dans le dernier jour de juillet prochain venant, orné et enrichy selon le d. desseing, et ainsy qu'il est déclaré cy dessus par le menu avecq les changements y contenuz et spéciffiez; et pour cest efîect fourniront lesdicts entrepreneurs de touttes matières à leurs despens, soit pierre de lierre, pierre de Tonnerre, marbres, cuivres et touttes aultres choses à ce nécessaires, non compris le fer qui sera fourni par la ville, paynes d'ouvriers et générallement tout ce qui sera besoing pour rendre l'œuvre bien et deuement faicte et parfaite au dire de gens ad ce cognoissans, de rendre place nette dans ledict temps, moyennant la somme de trois mil livres tournois... »

Cette cheminée, en outre, était dorée et peinte " avec un très grand luxe. Dans le cadre du milieu se trouvait Fécusson de la

SALLE DES CARIATIDES

reimure de Cabanel.

ville, et entre les deux Renommées les bustes de l'empereur Napoléon III et de l'impératrice, sculptés par Crauk et placés en 1860.

I. Nous croyons intéressant de reproduire le devis de ces travaux, qui se trouvait également dans les archives de la ville :

Devis des ouvrages de dorures et peintures, et annablossimens {s\c) qu'il convient faire la cheminée de la grande salle neufve de l'Hostel de la

Ville.

Premièrement. Les jambages de ladicte cheminée seront dorés sur leurs ornements de sculpture qui y sont sculptés, et qui font le cintre tant de la corniche de la platte bande que des dictz jambages, ensemble l'ornement qui va au dessus.

Plus aux Termes des d. jambages, sera doré les linges ou drapperie qui pendent sur le devant des d. Termes, avec les coussins qui portent la corniche de ladicte cheminée, ensemble les revers de l'ornement et les chappelets de rozes qui sont et qui deppendent de rornement desdicts Termes.

Plus, le cadre de la d. cheminée sera doré tout à plat avec ses tîllets, et le tout renfondré de coulleur brune avec les ornemens appeliez oues; et celuy qui va au dessus dudict cadre, dorez comme le d. cadre.

Item sera le vaisseau du navire de la ville enrichy, doré, relevé de coulleurs aux lieux où il sera nécesaire.

Item seront les drapperiesetatîullemensde teste, avec les corps d'abondance, des figures couchées près ledict navire enrichy d'or tout à plat.

Item seront les revers d'habits et instrumens

des mains que tiennent en main [sic] les figures debout dorez à plat.

Item seront les armes de France et de Navarre, enrichies et dorées comme il sera raisonnable.

Item seront les ailes et trompettes des Renommées dorées, et aussy les revers de leurs linges.

Item seront dorez tous les fillets de ladicte cheminée.

Item aux costez d'icelle cheminée, aux lieux nécessaires, seront peints des marbres de coulleurs.

Item seront feincts des ornements sur les corps d'architecture qui n'ont esté sculptez, et lesdicts ornements seront dorez.

Cejourd'huy, messieurs les prévost des marchans et eschevins de la ville de Pans ont faict marché avec Anthoine Bornât, maistre peintre à Paris, de faire par luy touttes et chacune des ouvraiges de peintures et dorures et enrichissemens mentionnez au devis cy devant transcript, et fournir par luy touttes choses à ce nécessaires pour faire lesdicts ouvraiges et le tout rendre bien et deueraent faict et parfaict au dire du maistre des œuvres de la ville et aultres gens ad ce congnoissans, du désir et suivant ledict devis, dedans le jour de la Pentecoste prochainement venant, le tout moyennant le prix et somme de deux cens livres tournois qui seront payez au dict Bornât au feur et à mesure qu'il travaillera, par M' Claude Lestourneau, receveur du domaine de ladicte ville, et selon noz ordonnances et mandements.

Faict au bureau de la ville, le jeudy dixiesme jour d'avril mil six cens quatorze.

SALLE DU TRONE

La seconde cheminée était de Thomas Boudin, « maistre sculpteur à Paris », et avait été exécutée dans les années 161 7 et 1618.

SALLE DES CARIATIDES

Peinture de Cabanel.

Six cariatides à têtes de satyres et de nymphes, de six pieds de hauteur, en pierre de Tonnerre, soutenaient la table de plus de trois mètres de longueur, sur laquelle se dressaient deux figures en pierre sculptée, une Junon et une Minerve. Deux Renommées soutenaient l'attique. Dans un médaillon ovale en bois, sculpté par les frères Hubert, était placé le portrait équestre de Napoléon III, par Horace Vernet. Ce tableau, qui mesurait 3"°, 40 de hauteur sur 2™, 80 de largeur, avait été payé à Tartiste 22,000 francs. L'arrêté de commande est du 19 mars i855. Par arrêté en date du 6 mars 1857, l'administration préfectorale chargea Martinet d'exécuter une gravure au burin de cette œuvre, pour laquelle il lui fut alloué 28,000 francs. Sur la tablette, entre les deux figures, était une statue allégorique de la ville de Paris en bronze, la tête ornée d'une couronne obsidionale. Les parois du mur faisant face aux fenêtres étaient couvertes de quatre vastes compositions de Séchan, peintes à la colle et représentant Paris aux diverses époques de son histoire, au moyen de la reproduction des monuments s'y rattachant :

I" TABLEAU : v° siticle. — La naissance de Paris. Lutèce est montée sur le navire, emblème du commerce, qui a fondé sa puissance et qui forme aujourd'hui la principale partie de ses armes. Des attributs divers caractérisent la colonisation

romaine dans les Gaules : les Thermes de Julien, des temples païens, des statues; de divinités, un aigle, un trépied de sacrificateur.

2° TABLEAU : xii' sièclc. — Dcs armures de chevaliers, étendards de croisés chartes d'affranchissements de communes; la philosophie caractérisée par le tombeau d'Héloïse et d'Abailard. Au fond les grands monuments de l'époque : Notre-Dame, la Sainte-Chapelle, le Châtelet.

3« TABLEAU : xvii° sièclc. — La ville de Paris en Minerve tient d'une main une statuette d'Apollon, emblème de l'art, et de l'autre un plan qui se déroule, emblème de l'extension de son enceinte et des grands travaux d'architecture exécutés à cette époque. A ses pieds, une palette, un ciseau de sculpteur, une lyre, des lauriers, une épée. Au dernier plan, les silhouettes de la colonnade du Louvre, le dôme des Invalides, l'arc de triomphe de la porte Saint-Denis.

4° TABLEAU : XIX' sii'cle. — Les emblèmes de l'Industrie, du Commerce, de l'Agriculture, de la Science, sont groupés au premier plan. Au second, les grandes constructions du siècle, la Bourse, le nouvel Hôtel de Ville, l'arc de triomphe du Carrousel, la fontaine Louvois, etc.

Gosse avait exécuté les figures de ces compositions, qui furent payées par la ville à Séchan 12,000 francs. Les dessus de portes étaient ornés des attributs de la Justice, du Travail, de la Concorde et de la Prudence. Sur les portes on avait peint en médaillons les portraits des grands hommes, dont les noms figuraient ainsi sur l'inscription :

Sully. — Économie politique.

CoLBERT. — Administration.

BossuET. — Eloquence.

Montesquieu. — Législation.

Corneille. — Tragédie.

Molière. — Comédie.

Nicolas Poussin. — • Peinture.

Jean Goujon. — Sculpture.

Ph. Delor.me. — Architecture.

Vauban. — Génie militaire.

BuFFON. — Histoire naturelle.

Desc.artes. — Science.

Duguay-Trouin. — Marine.

Turenne. — Guerre.

Le plafond était formé de caissons en large saillie, losanges et carrés alternés. Au centre des caissons en carré étaient insérées, dans des médaillons, des compositions allégoriques représentant les Arts et les Sciences.

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